Transcription automatique de l’épisode par Ausha :


Je vous souhaite la bienvenue dans ce court épisode, cette étincelle. Aujourd’hui, on va voir ensemble que la logothérapie nous invite à comprendre le sens comme une réponse, et non, comme un objectif. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, une pensée. Un repère. Je suis Stéphanie Morand, logothérapeute, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. On parle beaucoup de nos jours de quête de sens. Sauf que quand on en parle, on en parle comme si le sens était quelque chose à trouver, à définir, à atteindre. Finalement, c’est comme s’il existait quelque part, en attente, et que notre tâche consistait à découvrir ce fameux sens de la vie. Et cette manière, j’espère que vous serez d’accord avec moi, cette manière de poser le problème, eh bien, c’est presque devenu comme une évidence. D’ailleurs, très honnêtement, je me suis moi-même beaucoup identifiée à cette quête de sens. Depuis toute jeune, j’ai essayé de comprendre qu’elle pouvait bien être le sens de la vie. Donc, vraiment, dans notre présentation, c’est quelque chose de très communément… admis qu’il y a quelque part en attente le sens de notre vie à découvrir. La logothérapie, au travers des mots de Viktor Frankl, nous propose une façon bien différente de voir les choses et surtout bien apaisante. Je vais le développer. Selon Frankl, le sens n’est absolument pas un objectif à poursuivre. Le sens, pour lui, est une réponse à donner. Et ça, cette façon de voir les choses, elle est à mon sens extrêmement importante et je vais bien sûr m’en expliquer. Déjà, ce qui est, je trouve, super pertinent, c’est que ça change complètement la façon dont on se tient ni plus ni moins dans la vie. Dans notre société contemporaine, et donc très clairement dans notre société consumériste, le sens, il est bien souvent confondu avec un grand projet. une vocation, une passion exceptionnelle, ou très clairement une mission de vie qu’on aurait parfaitement identifiée, et qui est aussi parfaitement identifiable par les autres. Sauf que cette conception, elle produit quand même un effet très paradoxal. À savoir que plus on cherche le sens comme un but à atteindre, plus il devient ni plus ni moins une source de pression. et voire malheureusement de vide. Car si le sens, c’est un objectif, alors ne pas l’avoir trouvé, ça devient quoi ? Un échec, bien sûr. Et notre vie ordinaire, avec ses contraintes, ses répétitions, ses zones grises, elle risque de nous sembler soudain bien insuffisante, voire même carrément décevante. Et cette recherche de sens devient finalement une injonction silencieuse à base de « il faudrait que ma vie ait un sens visible, cohérent et surtout durable » . Et cette exigence, malheureusement, loin d’éclairer l’existence, elle peut tout simplement l’alourdir profondément. Frankel, comme je le disais, lui, prend les choses différemment. Pour lui, c’est absolument pas l’être humain. qui doit interroger la vie en se demandant quel est le sens de cette vie. C’est à l’opposé la vie qui à chaque instant interroge l’être humain en demandant notamment quel sens donnes-tu à ta souffrance ? Et à partir de là, le sens, il apparaît non pas comme une réponse théorique, mais bien les biens comme une réponse existentielle et incarnée. Je dis incarnée car… clairement, ça se ressent dans le corps. Et ça, si vous l’avez vécu, eh bien ça va faire sens, justement. Ça va bien sûr se ressentir tout d’abord par la joie, mais ça va aussi également très clairement être ressenti par cette sensation d’être à sa place. Et il s’agit bel et bien d’une sensation corporelle, pas seulement intellectuelle. C’est vrai que dit comme ça, ça peut paraître un petit peu difficile à appréhender. Pourtant, il suffit d’une seule expérience pour s’en rappeler très intimement. Cette sensation d’être vraiment pleinement dans son corps, d’avoir de la joie qui existe et de se dire « ok, c’est là » . Et très clairement, c’est comme ça que la réponse existentielle, elle va pour nous être source de sens. Parce qu’elle va être pleinement incarnée, je le redis. Également, une chose à comprendre selon la logothérapie, c’est donc que le sens n’est certainement pas quelque chose que l’on possède. N’en déplaise encore une fois notre société consumériste. C’est pas quelque chose qui est stocké quelque part. Et également, il n’est surtout pas définitif. Car le sens, il évolue avec nous, avec nos expériences, avec l’âge qui avance. Le sens Il se manifeste donc dans la manière dont on va répondre à ce qui nous est donné dans l’instant, dans ici et maintenant. Et c’est vrai qu’avec cette perspective, le sens en réalité, c’est jamais abstrait. C’est vraiment toujours lié à une situation précise, à un contexte qui est particulier ou à un moment de vie. Et selon moi, ce changement de vision sur ce qu’est le sens, ça a des effets psychiques très profonds. D’abord, il enlève tout simplement une grande partie de la pression, comme je l’ai évoqué. Il n’est plus nécessaire, quand on a compris cela, de se découvrir une mission ultime, ni de donner à sa vie une cohérence globale dans l’immédiat. Et également, il nous ramène au présent. Le sens, avec la vision de la logothérapie, il n’est plus projeté dans un futur idéalisé. Il se joue au contraire dans la façon d’être, dans l’attitude, dans la réponse intérieure et extérieure à ce qui est là, je le redis, ici et maintenant. Et enfin, également, le sens vu selon Frankel, il nous permet de sortir de la volonté de contrôle sur les événements. Gros boulot aussi là-dessus. C’est vrai qu’on a souvent quand même tendance à vouloir contrôler la vie, ni plus ni moins, et les événements. Donc, à l’opposé, le sens vu de cette manière-là, il nous offre une responsabilité sur la manière de se positionner justement dans les événements. D’ailleurs, Frankel parle d’une responsabilité existentielle. Donc, dans notre façon de répondre exactement. à ce qui se présente à nous. Je vais prendre un exemple simple pour illustrer. On va imaginer une situation professionnelle difficile. Alors, pas nécessairement dramatique, mais vous savez, ces situations professionnelles usantes, stagnantes, décevantes. Dans une logique de quête de sens dans notre monde actuel, la question devient rapidement, est-ce que ce travail a du sens ? On se rend bien compte avec ce simple petit exemple et cette phrase, la lourdeur de la quête de sens telle qu’on la vit dans notre société actuelle. C’est une question qui amène difficilement une vraie réponse. Donc forcément qui peut être source de difficultés supplémentaires. Parce que si la réponse est négative ou pire, floue, clairement le malaise s’installe. Alors que dans une perspective logothérapeutique, la question, elle, va se déplacer. Il ne s’agit plus de savoir si la situation a du sens en elle-même, mais surtout quelle réponse peut être donnée à cette situation. Alors, ça peut être différentes formes de réponses. Ça peut être en termes d’engagement, au contraire, en termes de limites. On peut, pourquoi pas, y amener une réponse créative, relationnelle, voire éthique. Ou bien sûr, parfois, une réponse de retrait ou de transformation. Ce qu’il faut comprendre, c’est que bien évidemment, il n’y a pas de réponse idéale. Il y a une réponse juste pour ce moment-là. Et ça, paradoxalement, ça peut nous amener à retrouver du sens. Justement parce qu’on ne l’a pas cherché. Parce que dans cette approche, le sens, il ne se révèle pas dans de grandes déclarations, mais dans la… qualité de présence à ce qui est vécu précisément. Il ne se situe donc pas uniquement dans des décisions spectaculaires, mais aussi, et même j’ai envie de dire surtout, dans des gestes ordinaires, des choix silencieux, voire des attitudes répétées. Le sens n’est alors pas quelque chose que l’on ajoute à la vie, il émerge de la façon dont on y répond. Et comme je vous le disais, c’est vrai que ce que Frankel nous transmet ici, et bien selon moi, clairement, c’est profondément apaisant. Pourquoi c’est apaisant ? Parce qu’on peut se dire tout simplement que non, nous ne sommes pas en retard dans notre quête de sens. Également, très clairement, le sens n’est pas non plus réservé à quelques vies exceptionnelles. Il n’est pas à fabriquer, le sens. Il n’est pas à mériter aussi, surtout. Il se tient juste dans notre capacité humaine fondamentale qui est de répondre à ce qui est. Avec qui l’on est, avec conscience, mais aussi avec responsabilité. Aussi, j’aime le penser avec humanité. Et peut-être que, très clairement, comprendre ça, ça suffit déjà. Ça suffit pour nous redonner une direction intérieure, sans même finalement avoir besoin de la nommer, cette direction-là. Beau programme, je trouve. quand même, de voir le sens de cette manière-là. Ça nous permet de prendre un petit peu de recul sur toutes ces injonctions extérieures ou même intérieures et même parfois assez silencieuses, ce petit bruit de fond qui nous fait croire qu’on serait en retard justement dans notre quête de sens. Non, tout est déjà là en réalité. Il suffit juste de s’autoriser à vivre pleinement. les événements et y mettre précisément qui l’on est et notre personnalité. Voilà ce que j’avais envie de vous dire aujourd’hui sur ce joli thème, je trouve. Allez, maintenant, je vous laisse poursuivre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver, pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.