Après avoir déconstruit la question de la mauvaise foi dans un épisode qui a été particulièrement écouté, aujourd’hui j’ai envie de m’attaquer à cette fameuse question du bon sens, avec une envie aussi de lui faire sa fête. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Un jour, un ami m’a dit, pour donner du sens au monde, il faut déjà le comprendre. Voilà pourquoi j’aime aborder… Plein de thèmes finalement très différents dans ce podcast. Et aujourd’hui, j’ai envie d’aborder cette question du bon sens. Parce que cette formulation, elle m’interroge en réalité depuis longtemps. Cette formule, comme je l’ai dit en intro, c’est un petit peu comme la mauvaise foi. Quelque part, c’est des formules que l’on sort un petit peu comme ça. Et moi, j’ai envie quand même de les remettre en question. D’ailleurs, si vous ne l’avez pas encore écouté, je vous mettrai dans la description de cet épisode le lien. vers l’épisode de la mauvaise foi. Allez, revenons au bon sens. Alors, comment ça m’a interpellé cette formulation-là la première fois ? Eh bien, c’était il y a très très très longtemps. Bon allez, non, pas si longtemps, faut peut-être pas exagérer, mais c’était il y a un petit moment et je faisais du babysitting. Je pose une question et à ce moment-là, on m’a amené comme réponse mais ça, c’est du bon sens. Et ma réponse à ça, ça a été un A. Complètement stupéfaite. Parce que quelque part, si je posais la question, c’est que ce n’était pas du tout évident pour moi. Et cette réponse-là de « c’est du bon sens » , ça a eu un double effet. Déjà, je n’ai pas reçu de réponse très claire finalement à ma question. Et puis aussi, je me suis sentie bête de l’avoir posée. Et c’est ce point-là finalement qui est intéressant. Le côté « je me suis sentie bête » . Parce que… Quand quelqu’un affirme « c’est du bon sens » , il ne dit pas simplement « je trouve cette idée pertinente » , par exemple. Il dit aussi, inconsciemment ou non, toute personne raisonnable devrait trouver cela évident. Et c’est là, finalement, que réside le problème de cette formulation-là. Parce que si c’était censé être évident, celui qui ne comprend pas ne va peut-être pas oser le dire. qu’il ne comprend pas. Allez, imaginons, on est en réunion, en formation. Quelqu’un explique une notion, peut-être un peu complexe, puis termine, mais enfin bon, ça c’est du bon sens. Combien de personnes à ce moment-là vont oser lever la main pour dire « Excusez-moi, mais moi je n’ai pas compris » . En réalité, sûrement très peu. Pourquoi ? Parce que là, il ne s’agit pas simplement de ne pas savoir. Il s’agit aussi de risquer de passer pour quelqu’un qui manque de bon sens, au risque d’être ni plus ni moins symboliquement rejeté par le groupe. Alors oui, symboliquement, on est bien d’accord. Sauf que le cerveau, lui, il vit la différence comme une véritable possibilité d’être rejeté. Donc, ce risque de paraître comme quelqu’un qui manque de bon sens active une forme de stress qui empêche de dire je ne sais pas. Or, ce je ne sais pas, il permet d’apprendre, de faire preuve de curiosité. Et c’est exactement ça que verrouille ce fameux c’est du bon sens. Également, cette formulation, elle verrouille la possibilité de questionner. Si je dis c’est du bon sens, je donne ni plus ni moins ma vision du monde. Sauf que, avec cette formule, je ne la présente pas comme ça. Je présente ma vision du monde comme une vérité que tout le monde devrait partager. Et ça, c’est pratique, finalement. Pourquoi c’est pratique ? Tout simplement parce que ça verrouille la possibilité à l’autre de venir questionner. Vous voyez peut-être pourquoi je n’apprécie pas spécialement cette formulation-là. D’ailleurs, revenons à la question de la vision du monde. Alors… Si vous m’écoutez depuis un moment, clairement j’en parle beaucoup de cette notion-là, donc je vais faire court. Cette vision du monde, c’est le fait que nous construisons tout ce que nous vivons en fonction de notre vécu, de nos expériences. Sauf que c’est tellement inscrit en nous que notre vision du monde, elle semble évidente pour nous. Elle est quelque part en arrière-plan de notre fonctionnement. C’est quelque chose de profondément inscrit en nous. Et c’est tellement, justement, évident. Nous essayons de prouver aux autres qu’elle est ni plus ni moins la seule qui vaille. Alors si en plus on lui adjoint « c’est du bon sens » , il y a de fortes chances que le dialogue s’en trouve complètement fermé. L’autre, à ce moment-là, il n’est plus seulement en désaccord. Il peut aussi, malheureusement, avoir le sentiment qu’on le considère comme un idiot. Or, dans les relations, chaque fois que nous fermons le dialogue, nous fermons aussi une possibilité de compréhension mutuelle. Alors, pour ma part, j’ai quand même une croyance absolue dans l’être humain, donc je ne pense pas que les personnes utilisent cette expression avec forcément une mauvaise intention. Pour moi, souvent. Simplement, ils souhaitent dire « cela me paraît logique » . D’ailleurs, j’ai lu récemment cette jolie formule. Je n’ai pas trouvé d’auteur identifié, mais cette formule, elle disait « Le bon sens, ce sont des choses que nous ne savons pas que nous savons. » Donc c’est plutôt joli quelque part, parce que c’est de l’ordre de l’inconscient en fait. Et oui, on pourrait imaginer que le bon sens existe quand même. Oui, ne pas mettre sa main dans le feu au risque de se brûler peut être vu comme du bon sens. Sauf que les mots ont un impact et cet impact, il dépasse largement nos intentions très souvent. Et malheureusement, cette expression, elle crée souvent une hiérarchie invisible. Parce qu’il y aurait ceux qui ont du bon sens et les autres. Or, en réalité, personne ne naît avec le savoir. Nous avons tous appris, nous avons tous ignoré. Et oui. nous ignorons encore énormément de choses. Dire je ne sais pas ou je n’ai pas compris permet la création du lien. Ça ouvre au dialogue, ça ouvre aussi à l’apprentissage, à la possibilité de changer d’avis et de sortir de la controverse qui est j’ai raison, tu as tort. Finalement, reconnaître que l’on ne sait pas est peut-être l’une des plus grandes preuves d’intelligence. À mon sens, j’en ai bien conscience dans ma vision du monde. Mais pourquoi j’ai cette croyance-là ? Parce que tant qu’on croit déjà savoir, eh bien finalement on n’apprend plus. Si je défends mon bon sens, je justifie, mais je n’explore plus. Et c’est précisément là que j’ai envie de faire le lien aussi avec la quête de sens, qui est donc l’objectif premier de mon podcast. Chercher du sens, ce n’est pas accumuler des certitudes. C’est accepter de rester en mouvement, d’être dans la no-dynamique, donc une dynamique entre là où j’en suis et là où j’ai envie d’être. Donc c’est accepter de rester dans le mouvement, accepter aussi que notre compréhension du monde, eh bien oui, elle évolue tout au cours du temps. C’est accepter aussi que certaines questions resteront peut-être longtemps sans réponse. Au fond, la quête de sens, elle commence souvent le jour où nous avons le courage de remplacer une affirmation par une question. On accepte à ce moment-là de remplacer cet évident par « je ne comprends pas, alors explique-moi » . De remplacer aussi, c’est du bon sens, par « je vois les choses comme cela, mais je peux aussi me tromper » . Parce que le sens, il ne naît pas de ce que nous croyons déjà savoir. Il naît de notre capacité à continuer à être curieux. Et finalement, peut-être que la phrase la plus porteuse de sens n’est pas « c’est du bon sens » , mais tout simplement, par exemple, « j’aimerais avoir ton avis là-dessus » . D’ailleurs, j’adorerais avoir votre avis là-dessus ! Donc je vous invite à commenter cet épisode si vous le souhaitez, mais aussi à vous abonner et bien sûr à partager. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.
Dans cet épisode, j’ai envie de reprendre la jolie formule « Trouver le verbe de sa vie » de l’autrice Sarah Roubato. Alors, même si le livre qui porte cette idée concerne l’orientation scolaire, je trouve que c’est quand même une magnifique réflexion pour nous aider, nous aussi adultes, à réfléchir à notre quête de sens. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez… Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Alors tout d’abord, je ne vais pas reprendre les propos de Sarah Roubato dans son livre. Je vais plutôt développer l’idée du verbe de sa vie, mais selon la logothérapie de Viktor Frankl. Alors, moi déjà, j’aime beaucoup cette idée du verbe, c’est pour ça que même si je ne reprends pas les propos exacts de l’autrice, j’aime cette idée, et d’ailleurs je l’ai retrouvée notamment dans un roman que j’ai lu il n’y a pas très longtemps. Donc je trouve que c’est vraiment une très jolie métaphore, finalement, ou un très joli concept pour nous aider à cheminer. Et pourquoi je l’aime beaucoup ? Eh bien, notamment car ça sort de l’injonction « trouver sa mission de vie » ou « donner un sens à sa vie » , par exemple. Et ce sont des notions ou des injonctions qui peuvent être d’ailleurs très anxiogènes, notamment pour les jeunes. Donc, c’est vrai que finalement, cette idée du verbe, elle nous sort un peu de ça parce que « donner un sens de sa vie » ou « trouver sa mission de vie » , c’est une injonction que l’on entend beaucoup. Donc, comme je le disais… Et malheureusement, c’est comme si nous devrions tous savoir cela. Et malgré tout, malgré son apparente simplicité, la question du verbe de sa vie, elle est loin de l’être, justement, simple. Regardons en général comment on se présente en société. Souvent, lors d’une nouvelle rencontre, il y a très rapidement une question qui arrive, à savoir, et toi, tu fais quoi dans la vie ? Alors ce qui se passe, bien souvent, eh bien on aligne les étiquettes. Mon métier est ceci, je suis parent de, conjoint de, donc des étiquettes. Et d’ailleurs, si on est honnête, concernant notre métier, il ne s’agit même plus que d’une étiquette, c’est souvent une véritable identité. On va dire par exemple, je suis formatrice. Et non, j’exerce le métier de formatrice. Alors vous pensez peut-être, en m’écoutant, qu’il y a peu de différence. Alors c’est vrai, dans la façon de le dire, oui. Ça peut paraître infime, la différence entre « je suis » et « j’exerce le métier de » . Sauf que dans la symbolique, il y a réellement une différence. Car si ce métier, c’est un « je suis » , alors on devient quoi quand ce rôle change ? En réalité, nous vivons différentes vies, différents rôles, différents métiers dans notre vie. Mais le verbe, lui, il ne change pas. Alors par contre, mauvaise nouvelle, il ne se décide pas non plus. Et c’est d’ailleurs cela qui rend, je trouve, ce concept encore plus intéressant. Le sens, il ne se fabrique pas. Selon Viktor Frankl, il se découvre. Ce n’est donc pas le verbe qui crée du sens. Le verbe, il révèle en réalité simplement notre manière unique d’être au monde. Par exemple, si quelqu’un ressent que son verbe est transmettre. Cela peut en effet bien sûr concerner un métier, donc être enseignant, guide culturel, bibliothécaire, auteur, chercheur qui vulgarise, etc. Mais ça peut être aussi un artisan qui forme un apprenti, un manager qui cherche à faire ressortir tout le potentiel de ses collaborateurs. Et bien sûr, ce verbe transmettre, il peut être présent dans les actes de la vie. des grands-parents, qui racontent une histoire à des petits-enfants. Recommander à quelqu’un un livre, un épisode de podcast qui nous a fait réfléchir. Aussi, aider quelqu’un à mieux se comprendre, à mieux comprendre ce qu’il ressent. Expliquer un concept à quelqu’un, etc. Donc, se transmettre, pour reprendre cet exemple-là, c’est bien plus qu’un métier. C’est même carrément une attitude existentielle. Parce que nous pouvons aussi transmettre de la joie. de l’espoir, une vision du monde, une façon de regarder les choses. Donc, poser la question du verbe de sa vie, ça permet de sortir de l’idée de donner un sens à sa vie. Oui, je sais, sur un podcast qui s’appelle Où est le sens ? Ça peut paraître un petit peu paradoxal. Sauf que le sens, il est déjà là en réalité. Il est présent dans chacun de nos actes. Et il nécessite d’être découvert. D’ailleurs, une des questions phares de la logothérapie, c’est qu’est-ce que la vie attend de moi ? Et comprendre son verbe, ça peut nous aider à y répondre. Car ce verbe, il est notre réponse au monde. Certains habitent le monde en le nourrissant, en le comprenant, en le protégeant, en y créant du lien, etc. Le verbe, c’est donc plus une réponse à la vie qu’un projet personnel. Alors, par contre, c’est déjà un petit peu compliqué et puis je vais remettre en plus une petite couche peut-être de compliqué. Parce que, parfois, le premier verbe qui va nous venir, c’est peut-être pas celui qui nous anime en réalité. Pourquoi ? Nous allons regarder nos actions et y voir un verbe principal. Or, c’est peut-être pas le plus profond. En réalité, le verbe principal, il sert peut-être à un autre bien plus fondamental. Mais alors, comment savoir ? Eh bien, ce que je vous invite à faire, c’est quand il y a un verbe qui arrive, parce qu’il vous tient à cœur, se demander systématiquement à quoi cela me sert de transmettre, pour reprendre cet exemple à nouveau. Peut-être que transmettre, ça vous sert à éveiller, questionner, éclairer. Et si l’une des réponses comme celle-ci surgit à ce questionnement-là, il est probable qu’un verbe cherche à émerger du premier verbe qui est transmettre. Si par contre, la réponse est que cela vous donne du sens, ça vous remplit de joie, ça permet de laisser une trace aussi, par exemple, et bien là, oui, il y a de fortes chances que le premier verbe soit votre verbe. Allez, je vais mettre une autre précaution aussi à ce propos, sur ce thème qui, moi, je trouvais extrêmement intéressant. Trouver le verbe de sa vie, bah oui, c’est très intéressant. Mais le risque, c’est que c’est encore une nouvelle proposition d’introspection. Et là, malheureusement, nous pouvons tomber dans l’introspection infinie. Ça, très clairement, ça peut être une dérive moderne de la quête de sens. On multiplie, on peut multiplier plutôt les… tests, les analyses, les rencontres, etc. avec la croyance que plus on va se connaître, plus on va trouver du sens et se trouver. Sauf que malheureusement, et ça peut-être que vous le vivez ou vous l’avez vécu, ça peut amener à être finalement de plus en plus dans le flou, avec une boucle quelque part de plus je cherche, plus je rends les choses complexes, et plus je rends les choses complexes, plus je cherche. Et ça, forcément, ça peut nous amener très clairement à être perdu. Parce qu’en réalité, plus on cherche du sens, moins on le vit. Et pourquoi moins on le vit ? Eh bien parce qu’on peut perdre contact avec ce qui nous met réellement en mouvement. Ce que l’on va faire spontanément, sans même se poser de questions. Et finalement, le risque avec l’introspection infinie est d’être dans « Mais quel est mon verbe ? » Et est-ce que c’est le bon verbe ? Et donc être prisonnier d’une boucle infinie. Alors, sortir de cette boucle, c’est pas arrêter de se questionner. Non, c’est pas non plus mon propos. Mais c’est peut-être déplacer notre regard. Car en réalité, ce verbe, il est visible dans nombreuses de nos actions. Ce travail sur le verbe, il n’est donc pas de chercher une vérité cachée, mais de regarder tout simplement, entre guillemets, ce qui est déjà là, en nous et dans notre rapport au monde. Alors finalement, et vous, quel est votre verbe ? Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de « Où est le sens ? » . J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.
Aujourd’hui, j’ai envie d’explorer un contresens assez fréquent quand on parle de quête de sens. En effet, on peut croire que la souffrance est forcément source de sens, ce qui peut être clairement toxique puisque nous pouvons aller jusqu’à la romantiser. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Alors la question d’aujourd’hui, elle fait suite à l’épisode intitulé « Nos souffrances invisibles » qui a été… publié le 19 juillet 2026. Et je vous mettrai, bien sûr, le lien en bio. Dans cet épisode, je parle de blessures qui peuvent être sources de souffrance. Car oui, bien évidemment, certaines épreuves sont réellement sources de sens. Mais le risque, quand on parle de ça, il est alors de légitimer la souffrance, voire d’imaginer que la souffrance est obligatoire pour trouver du sens et ou évoluer. Et ça, forcément, ça peut être extrêmement dangereux. Parce que, bien sûr, non, la maladie, l’épreuve, le traumatisme ne donnent pas du sens. La souffrance n’est absolument pas une machine à fabriquer du sens. Sinon, de manière absolument logique, il suffirait simplement, avec de gros guillemets, de souffrir pour vivre une vie pleine de sens. C’est absolument absurde. de le voir comme ça, bien évidemment. Et on va voir du côté de Viktor Frankl, justement, pour bien comprendre cette notion-là. Donc, Viktor Frankl, le père de la logothérapie, lui, il a déterminé trois sources de sens dans nos vies. Tout d’abord, la création, c’est-à-dire ce que nous offrons au monde, mais aussi l’expérience, donc le lien aux autres, à la nature, l’amour. Et enfin, l’attitude face à la souffrance, donc… ce qui nous intéresse aujourd’hui. Frankel, il ne dit absolument pas que la souffrance est nécessaire. Par contre, ce qu’il dit, et je pense qu’on ne peut être que tous d’accord avec ça, c’est qu’elle est inévitable, qu’elle fait partie intégrante de notre expérience humaine. Et ce qu’il nous explique, c’est que dans cette souffrance se trouve notre espace de liberté. Cet espace de liberté, c’est la façon de se positionner face à cette souffrance. Et c’est cela qui peut être source de sens. Je le répète parce que c’est important. Ce n’est donc pas l’épreuve en elle-même qui est source de sens, c’est la façon dont on va réagir à cette épreuve qui peut être source de sens. Par exemple, bien évidemment, personne ne souhaite être malade ou perdre un proche. Mais quand cela arrive, eh bien on peut se poser une question. Comment vais-je répondre à cette situation ? Et c’est de cette… question, consciente ou inconsciente d’ailleurs, que peut émerger le sens. Mais c’est pas obligatoire non plus. Pourquoi je dis que c’est pas obligatoire ? Tout simplement parce que de nos jours, on nous survend quelque part le fait d’avoir une vie qui a un sens et on devrait presque être obligé de traverser une épreuve en y trouvant un sens. Or non, parfois on va avoir continué à avancer malgré ce traumatisme. Et pourtant, on n’y aura absolument pas trouvé de sens. Et ça, c’est très important à garder en tête. Même si on nous le survend, le sens n’est certainement pas une obligation dans nos vies pour continuer à cheminer, notamment suite à un traumatisme. Et ce qu’on vient de voir, ça amène un risque majeur. Si on croit que la souffrance donne un sens, on peut alors, malheureusement, glorifier les épreuves. Croire qu’il faut souffrir pour évoluer. Rester aussi dans des situations destructrices et minimiser les épreuves des autres. Car après tout, cela a un sens, bien sûr. J’espère que vous entendez l’ironie dans mon propos en disant cela, comme on vient de le voir. Parce que cela, ça peut être très dangereux. D’ailleurs, notre société a tendance à romantiser la souffrance, notamment dans les relations sentimentales. Les contes de fées. Tout d’abord, et puis la culture populaire présente presque toujours des relations sentimentales difficiles, voire toxiques. Ben oui, finalement, quoi de plus ennuyeux qu’un couple sain qui avance côte à côte dans la co-construction et le respect mutuel. Alors que les déchirures, les cycles rupture-réconciliation permanente, ça a quand même plus de panache. Alors, pareil, j’espère que vous entendez l’ironie dans mon propos. C’est en tout cas ce que nous fait croire justement la culture populaire, notamment via le cinéma. Donc on romantise ni plus ni moins la toxicité. et la souffrance. On la rend désirable. Comme si, pour reprendre l’exemple de la relation sentimentale, créer un couple sain serait finalement très ennuyeux. Or, au contraire, la co-construction d’une relation saine peut justement être source de sens, mais sans la souffrance. Et ça, c’est vrai pour tous les domaines de nos vies. Nous pensons souvent que la souffrance est nécessaire alors qu’en réalité, elle n’est qu’une option. Alors oui, je sais, ou en tout cas je suis persuadée que nombreux parmi vous ne seront absolument pas d’accord là avec mon propos. Pourtant, c’est notamment toute l’œuvre de Frankel. Nous avons toujours la liberté de notre réaction dans la souffrance. Et c’est d’ailleurs même notre seul. réelle liberté en tant qu’être humain. D’ailleurs, est-ce que vous connaissez ce conte zen des deux moines qui voyageaient ensemble ? L’un des moines, il était âgé et expérimenté. L’autre, plus jeune, est très attaché au respect strict des règles monastiques. Et au cours de leur marche, ils arrivèrent devant une rivière encrue. Sur la berge se tenait une jeune femme, élégamment vêtue, qui n’osait pas traverser, de peur d’abîmer ses vêtements. ou d’être emporté par le courant. Sans hésiter, le moine âgé l’a pris alors dans ses bras, traversa la rivière et la déposa délicatement de l’autre côté. Puis, les deux moines reprirent tranquillement leur chemin. Pendant des heures, le jeune moine resta silencieux, visiblement très contrarié. Finalement, n’y tenant plus, il s’exclama. « Comment as-tu pu faire cela ? Nous sommes moines ! Tu n’avais pas le droit de porter cette femme ! » Le vieux moine… Le regarda alors avec douceur et répondit. « Moi, j’ai déposé cette femme au bord de la rivière il y a plusieurs heures. Toi, tu sembles encore la porter. » Cet exemple, il me fait penser à ce que Frankel nous rappelle, à savoir que nous ne sommes bien sûr pas libres des événements qui nous arrivent. Pourtant, nous conservons souvent une liberté plus discrète mais essentielle, celle de notre attitude. Dans notre histoire, Le vieux moine et le jeune ont traversé la même rivière. Pourtant, un seul continue à porter le poids de la traversée. Nous choisissons donc notre réaction face aux épreuves. Alors attention, nous avons un pouvoir, mais nous ne sommes certainement pas coupables de souffrir. Alors, j’ai aussi fait un épisode là-dessus qui s’appelle « Responsable mais pas coupable » . Je vous mettrai. à nouveau le lien en description. Mais pour en dire deux mots, cette notion-là, elle est pour moi extrêmement importante parce que parfois on peut mélanger justement un petit peu ça lorsqu’on parle de responsabilité face à la souffrance. L’idée, c’est que nous avons donc un pouvoir, nous avons la liberté de choisir, oui, comment nous pouvons réagir. Mais nous ne sommes absolument pas coupables d’aller mal. Il ne manquerait plus que ça. Non seulement nous souffrons et en plus nous serions coupables de notre souffrance. Non, certainement pas. C’est absolument pas cette logique-là. L’idée, c’est d’offrir une petite lumière en fait, en nous rappelant ça. Simplement une petite lumière. Que nous avons la possibilité de choisir, de faire et de fonctionner différemment. Donc beaucoup de douceur et de bienveillance envers soi-même. Ça c’est toujours le point de départ. Non, nous ne sommes… certainement pas coupable de souffrir dans une situation. Mais oui, nous avons une liberté, un pouvoir qui reste. Et d’ailleurs, si vous vous retrouvez justement actuellement dans ce questionnement-là, je vous invite pourquoi pas à voir autrement ce que vous traversez. Et au lieu de vous demander Quel sens a cette situation, cette souffrance ? Demandez-vous plutôt quelle réponse cette souffrance, cette relation difficile, pour reprendre cet exemple-là, appelle-t-elle de ma part ? Par ce biais-là, le sens pourra peut-être émerger si cela est nécessaire, ou la situation sera déjà traversée avec plus de conscience. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.
Il y a un concept en logothérapie qui, je crois, est très souvent ressenti pendant l’été et les vacances. Il s’agit de l’état de tension entre ce que nous vivons et ce que nous aspirons à vivre. Cet état, c’est ce qu’on appelle la no-dynamique. Et c’est ce que nous allons explorer aujourd’hui, avec pour objectif de le traverser ensemble pour trouver ou retrouver le chemin vers le sens. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Nous passons l’année à courir, puis arrivent les vacances et une autre question survient. Qu’allons-nous faire de ce moment de liberté ? Et là, il y a plusieurs écoles. Il y a ceux qui surbookent et ceux qui n’aspirent finalement qu’au repos tant attendu. Mais même face à ces deux écoles, vous avez peut-être déjà vécu ça. Pourquoi certaines vacances nous ressourcent profondément, tandis que d’autres nous laissent étrangement insatisfaits ? Eh bien la réponse, elle tient sans aucun doute dans notre besoin de sens et sa tension que nous appelons la no-dynamique. Alors, la noodynamique dans sa définition selon le créateur de la logothérapie qui était Viktor Frankl, psychiatre et neurologue autrichien. Dans son livre « Découvrir un sens à sa vie grâce à la logothérapie » , il dit que, et donc je le cite, que la santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser, ou sur la différence entre ce que l’on est et ce que l’on devrait être, ou plutôt ce que l’on aspire à être. Frankl, il dit aussi que cette tension, elle est inhérente à l’être humain et permet de tendre vers un but valable, à savoir le sens de sa vie. Et cette tension, c’est donc la noeudynamique. On comprend alors pourquoi l’été est souvent propice au questionnement sur le sens de sa vie, qu’il soit d’ailleurs conscient ou non. D’ailleurs, pour reprendre l’exemple des vacances, si certaines nous laissent étrangement insatisfaits, ne mettent-elles pas en lumière que nous ne sommes finalement pas alignés avec le sens de notre vie ? Car même si cela peut paraître surprenant, cette tension no-dynamique est en réalité positive car c’est un véritable moteur. C’est pourquoi elle est d’ailleurs considérée comme l’un des facteurs de notre santé mentale, source de souffrance si elle disparaît. Et en réalité, les vacances en sont souvent un révélateur. Le reste de l’année… L’agenda, il est rempli avec nos habitudes et nos obligations. Et les vacances, elles proposent un nouvel espace. Et c’est un espace qui peut révéler, malheureusement, oui, parfois, un vide existentiel et ou un appel vers ce qui compte réellement pour nous. Quand je parle d’espace, je ne parle pas forcément d’inactivité ou de repos. Tout simplement parce que, pour certains, les vacances sont parfois encore plus remplies que le reste de l’année, notamment quand il s’agit de s’occuper des enfants. Et également, bien évidemment, les vacances ne sont pour tout le monde pas toujours source de joie en fonction de ce que l’on traverse. D’ailleurs, sur ce thème, je vous renvoie à l’épisode appelé « Ne pas aimer l’été » que vous avez beaucoup apprécié. Et je vous mettrai d’ailleurs le lien en description. Dans cet épisode, j’ai expliqué justement toutes les injonctions associées à cette période de vacances dans lequel on ne se reconnaissait pas forcément et qui pouvaient être source de beaucoup de souffrance. Donc là, mon propos, il n’est pas de vous renvoyer une nouvelle injonction, bien évidemment. Mon propos est de se dire que bien souvent, nous sommes tous et toutes traversés par ces questionnements-là quand, eh bien oui, il y a un vide qui se crée, qu’il soit un vide… Acteurs, avec par exemple des vacances, des projets, etc., ont un vide plus silencieux lorsque nous traversons ces vacances de manière… plus paisible ou en tout cas détachée des injonctions de la société. J’insiste, si là ça vous interpelle, je vous renvoie vers l’épisode dont la description est en lien. Et donc ce que je dis, c’est que quelle que soit notre situation, les vacances, elles modifient de toute façon forcément nos habitudes. Et ça crée un changement dans la dynamique qui nous porte toute l’année et amène, pourquoi pas oui, des questionnements sur le sens. On le voit d’ailleurs collectivement avec les bonnes résolutions de rentrée. Oui, souvent l’envie de se mettre au sport, mais il y a aussi souvent beaucoup de bonnes résolutions de rentrée. Ne plus se laisser autant happer par le travail, par exemple. Ça montre bien une envie de se relier le reste de l’année avec ce qui compte. Et les vacances en sont donc un révélateur. Alors ? Peut-être qu’en m’écoutant, vous vous dites, oh là là, je suis déjà en tension toute l’année, quand je peux enfin me reposer, il faudrait que je retrouve une tension no-dynamique. Qu’est-ce que c’est encore que ce machin ? Alors non, déjà, certainement pas de « il faut » , car oui, stop aux injonctions omniprésentes dans notre société. Mon propos, c’est plutôt une proposition qui s’appuie en réalité sur une différence de tension. Car oui, Il y a une différence entre décharger la tension et changer de tension. La première, c’est souvent le pourquoi les vacances ne sont pas suffisantes. Nous sommes sous pression toute l’année et on attend des vacances qu’elles nous enlèvent toute la pression d’un coup de baguette magique. Et ça c’est impossible, c’est donc décharger la tension, plutôt une croyance que les vacances vont décharger la tension. Et la seconde proposition, changer de tension. Là, c’est se rappeler, comme disait Frankl, que l’on ne vit pas sans tension, c’est pas possible, mais que l’on peut vivre avec une tension choisie. Et cette tension vers le sens est en réalité même celle qui nous fait vivre. Mais pour trouver ou retrouver justement cette tension qui nous fait vivre, qui nous aide même à vivre, eh bien oui, nous devons accepter. de rencontrer le vide. Car le vide, eh bien, il va nous permettre de nous rencontrer nous-mêmes. Comment on peut aller à la rencontre de nous-mêmes via ce vide ? Eh bien, peut-être accepter de ne pas remplir immédiatement l’agenda pendant les vacances. Accepter à nouveau l’ennui. Ça, c’est vraiment un thème que nous avons besoin de rebosser collectivement, d’accepter l’ennui. Parce que cet ennui, il va créer donc un vide, un espace qui va nous permettre de voir si quelque chose de nouveau peut émerger. À ce moment-là, une envie profonde revient-elle spontanément ? Alors, pour ceux qui ont des vacances bien remplies, je pense notamment aux parents, se demandez peut-être qu’est-ce qui, au milieu de cette agitation, me redonne de l’élan. Pour tous, une autre question également. Qui peut-être peut donner un petit peu le vertige, mais qui va être très riche en termes de quête de sens. Cette question c’est, quelle personne ai-je envie d’être à la rentrée ? Et pour que ces réponses puissent, pourquoi pas, émerger, eh bien je vais vous proposer un défi si vous le souhaitez. Le défi des dix minutes de rien. Mais dix minutes sans vraiment rien. Sans téléphone. Sans chercher, bien sûr, à remplir par une tâche quelconque. Sans même de méditation, en fait. Non, vraiment rien faire, même pas de la méditation. Vous pouvez d’ailleurs tout à fait bouger sur la chaise, le lit, le lieu où vous faites l’exercice. Mais par contre, on ne cherche pas à remplir. Rien, ce n’est même pas arracher des herbes qui nous contrarient sur la terrasse, par exemple. C’est vraiment rester. tranquillement installé, pas en situation de méditation mais sans rien faire. Ouais, ça paraît peut-être difficile 10 minutes. Allez, on commence par 5. Et peut-être, qui sait, à la fin des vacances vous serez à une heure de rien. Cet exercice, au-delà d’être finalement très agréable quand on prend le temps vraiment de l’accepter et d’aller à sa rencontre, il est aussi extrêmement puissant. Pourquoi ? Parce qu’il va activer dans notre cerveau le réseau mode par défaut. Ce réseau mode par défaut, c’est un réseau de neurones impliqués dans la créativité, l’émergence de nouvelles idées, l’introspection. Et en réalisant cet exercice, peut-être qu’une tension vers le sens naîtra, une envie ou une intuition. Car, je me rappelle, c’est important, en logothérapie, il ne s’agit pas de créer du sens, mais de lui laisser une chance d’apparaître. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.
Aujourd’hui, je souhaite vous proposer de réfléchir ensemble à ce qui, j’en suis absolument sûre, fait notre humanité. Car je suis tout simplement persuadée que chaque être humain traverse d’immenses tempêtes dont nous n’avons absolument pas idée. Et la question est, et si cette compréhension pouvait être une véritable source d’apaisement collectif ? Allez ! Je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Aujourd’hui… Nous sommes le 19 juillet et le 19 juillet, c’est un jour très spécial pour moi, notamment car il y a 20 ans, mon père mourait. Mais en réalité, c’était la deuxième fois que je le perdais. Ce qui s’est passé, c’est que de très nombreuses années après, une stagiaire de formation pour laquelle je donnais des techniques de communication, et donc cette stagiaire, je la connaissais depuis deux heures, et elle me dit « c’est facile de dire ça pour quelqu’un comme vous qui n’a jamais… rien vécu dans sa vie. Alors, souvent, quand je raconte cette anecdote, tout de suite, ça ouvre des grands yeux, et on dit, ah là là, c’est pas possible d’être comme ça, etc. Sauf qu’en réalité, c’était pas vraiment méchant. Ce qu’elle disait, j’en suis persuadée, c’est, j’aimerais bien mettre en œuvre ce que vous proposez, mais je me sens pas à la hauteur avec ce que je traverse. Ou peut-être, encore, elle disait que, pour elle, la vie est bien trop difficile. pour qu’elle arrive à croire que des gens de tous les jours puissent mettre cela en œuvre. Quand je dis cela, c’est donc les techniques de communication qui, c’est vrai, demandent quand même de faire des efforts, ni plus ni moins, dans la relation. Et finalement, cette participante, elle ne voyait que la formatrice que j’étais. Celle, bah oui, qui sourit toujours, qui est toujours positive, qui croit en la puissance de l’être humain et de la relation. Mais ce qu’elle ne voyait pas, c’était la personne qui avait traversé ce qui allait aussi lui amener le sens de sa vie. Mon père, en réalité, il a sombré quand j’étais encore une enfant, dans l’alcool, puis plus tard dans la maladie psychiatrique. Et alors que j’étais en réalité qu’une enfant, mon monde s’est ni plus ni moins bien évidemment écroulé à ce moment-là. Et je me souviens très bien que pour la première fois de ma vie, je me suis dit… La vie, c’est pas possible, ça ne peut pas être que ça. Je savais finalement inconsciemment que j’allais souffrir pendant de très très longues années. Je ne savais pas que je ne passerais pas une seule semaine sans pleurer, compte tenu de tout ce que nous traversions ensemble. Je ne savais pas non plus que j’aurais le plus mémorable fourrir de ma vie en sortant pour la première fois d’un hôpital psychiatrique. après l’avoir visité et dans un lieu dans lequel il reviendrait de nombreuses fois par la suite. Je ne savais pas non plus, et heureusement que je ne le savais pas encore à l’époque quand j’étais qu’une enfant, que j’aurais honte sans arrêt de lui, de sa pathologie, de moi aussi, car je n’étais pas à la hauteur de ce que nous traversions. Et j’avais honte de moi alors que finalement je n’étais qu’une enfant, puis une jeune femme dans la tourmente. Alors, je vous rassure, cet épisode, c’est pas un épisode sur mon père et notre histoire, tout simplement aussi, parce qu’elle serait quand même bien plus complexe à raconter que quelques phrases. Mais aujourd’hui, c’est vrai que ça fait 20 ans qu’il est parti après des années d’errance, et aussi une légionne héloïse qu’il a finalement emportée à l’âge de 56 ans. Aujourd’hui, j’avais pas envie quand même de passer à côté de cette date, et je voulais d’ailleurs que cet épisode, il m’aide à amener… des thématiques en lien aussi avec ce que j’ai vécu et en lien avec ce sens de la vie qui est venu grâce, oui oui j’ose dire grâce, à notre histoire commune. Aujourd’hui j’avais pas envie de faire finalement comme si cette date elle n’existait pas. Pourquoi ? Parce que j’avais plus envie de vivre mon histoire comme un secret. C’est grâce à lui, grâce à notre histoire. que dans ma vie, au quotidien, je parle finalement sans cesse de non-jugement, notamment. Allez, rentrons dans ce thème. Nous jugeons sans cesse l’autre. Il est paresseux, elle est agressive, il est égoïste, elle exagère. Nous sommes en réalité sans cesse en train de regarder le comportement. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce comportement ? En réalité, nous ne voyons pas les peurs, les histoires, les blessures, les combats invisibles, la santé mentale, la santé tout court aussi. Qui explique bien souvent le comportement ? Alors ça, je l’ai beaucoup dit, c’est pas parce que ça explique le comportement que ça va excuser, bien évidemment. Mais oui, ça explique forcément le comportement. Tout simplement parce que nous sommes tous et toutes façonnés de manière unique. Chacun de nos comportements, absolument chacun, est le fruit de notre histoire, nos épreuves, nos succès, nos deuils, nos rencontres, nos traumatismes, etc. Et tout cela, eh bien, ça façonne… Notre façon d’être au monde, nos habitudes. D’ailleurs, j’ai fait un épisode sur cette notion-là, la notion que l’on appelle vision du monde. Je vous remets le lien en description parce que c’est vrai que cet épisode-là, il vous a beaucoup intéressé et il intéresse toujours beaucoup en formation. Donc c’est peut-être important que je vous le repropose à nouveau. Et ce que ça dit finalement, cette notion de vision du monde, c’est que nous devons comprendre que nous sommes Merci. le fruit de nos expériences. Mais aussi que nous jugeons l’autre à travers notre prisme, nos expériences, en oubliant qu’il ou elle est différent, qu’il n’a pas vécu les mêmes expériences que nous et que ça le rend unique. Alors parfois, on me pose la question « Mais alors, et si on a vécu la même expérience ? » Sauf que non, nous n’avons jamais. vécu la même expérience qu’une autre personne. Une expérience qui s’en rapproche, oui, mais pas la même. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que nous sommes différents. Nous n’avons pas les mêmes émotions, pas les mêmes ressources, pas le même environnement. Donc nous vivons absolument tout différemment des autres. Et ça, c’est important de le comprendre. Nous n’avons jamais vécu Merci. la même situation qu’une autre personne. Sauf qu’on a tendance à l’avoir oublié, et bien nous jugeons l’autre à travers notre prisme. Aussi parce que clairement, nous pensons très bien que nous aurions pu faire mieux que l’autre. Mais en réalité, nous n’en savons absolument rien. Chacun répond aux situations à partir de là où il se trouve. D’ailleurs, c’est ce qu’on appelle en logothérapie notre liberté ultime. C’est-à-dire, comme l’indiquait Frankel, entre ce qui nous arrive et comment nous y répondons se trouve notre espace de liberté. Alors, je le redis, c’est important, l’objectif n’est toujours pas d’excuser, mais de comprendre que nous réagissons comme nous le pouvons en réalité. En fonction de qui l’on est. Comprendre, ce n’est pas excuser, ce n’est pas approuver. Mais c’est aussi reconnaître la complexité de l’être humain. J’ai l’habitude aussi de dire en formation que si on avait conscience de ce que chaque être humain traverse dans sa vie, nous serions, j’en suis persuadée, absolument moins difficiles les uns avec les autres. J’insiste, beaucoup, je le sais, mais ce n’est pas excuser, à nouveau. C’est essayer. de faire preuve d’humanité. Je vais reprendre un exemple qui me concerne. Justement, dans cette situation-là, peu de temps après le décès, j’étais en voiture et j’étais un petit peu dans un état second, il faut le dire, et sûrement que je n’ai pas été attentive en voiture. Je ne sais pas spécialement ce que j’ai pu faire comme bêtise. Si j’ai oublié un clignotant, si je ne roulais pas assez vite, je n’en sais rien. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que derrière moi, il y a un monsieur qui était… vraiment pas content. Et vraiment, je l’ai vu dans son rétroviseur me donner tous les noms d’oiseaux possibles, imaginables. Et je crois que cette fois-là, je me suis fait une promesse. Je me suis dit, je ne sais pas ce que les gens traversent. Cette personne-là, je pense que si elle savait peut-être ce que j’étais en train de traverser, le fait que je roulais peut-être un peu lentement, ou que j’ai oublié un clignotant, peu importe, peut-être que ça lui aurait été égal. J’ai une vraie croyance dans l’être humain, je pense que vous l’entendez depuis le début des podcasts, si vous m’écoutez depuis là. Je suis persuadée en effet que l’être humain a un bon fond et… et que nous cherchons tous à être heureux, en réalité. Alors oui, par contre, souvent, on se perd en chemin par rapport à ça, et certains s’égarent très très très nettement, mais souvent, face au drame, même un inconnu sera capable de tendre la main. Et donc, suite à ça, je me suis promis que la prochaine fois que quelqu’un m’agacerait au volant, eh bien, j’essaierais de me rappeler ça, et de me dire que peut-être cette personne-là, Ben oui Elle est soit très pressée parce que quelque chose d’important pour elle vient d’arriver, ou alors elle est à côté de la plaque parce que malheureusement elle vit une chose difficile. Alors, bien évidemment, je ne vais pas vous vendre du rêve, je n’y arrive pas tout le temps, très clairement, mais je sais que j’essaye quand même de temps en temps de me le rappeler. Alors, aujourd’hui, cela fait donc 20 ans que mon père est parti, et comme je l’ai dit, je l’ai clairement perdu deux fois. Mon père, il a été à la fois ma plus grande souffrance, mais aussi mon plus beau cadeau. J’ai pas envie par contre de parler de résilience ici. Donc la résilience, capacité d’un organisme à récupérer d’un traumatisme. Pourquoi j’ai pas envie de ça ? Parce que mon objectif avec cet épisode n’est certainement pas de donner une leçon de résilience ou ce genre de choses. C’est pas du tout l’esprit. Chacun réagit comme il peut. Dans mon cas… Ce que j’ai vécu, ça m’a permis de me questionner sans cesse sur le sens de tout ce que je vis. Et je dis bien sans cesse, donc oui, parfois c’est un petit peu fatigant, mais très clairement c’est ce qui m’a aussi permis de survivre psychiquement. Et puis j’ai de la chance parce que me questionner comme ça sur le sens de la vie, ou de tout ce que je vis, ça a été à l’origine de ma vocation, de mon regard aussi sur les autres et sur le monde. C’est peut-être le temps aussi de vous faire une petite confession. Cet épisode, il m’est quand même très très difficile à faire. J’ai édité 20 fois, je l’ai refait peut-être 30. Et donc forcément, ça m’a pris un petit peu de temps. Alors, très clairement, c’est pas lié au passé, à ce que j’ai vécu dans cette histoire-là, parce que c’est maintenant derrière moi, j’ai beaucoup de chance justement de le vivre comme un événement du passé, de moins en moins douloureux avec les années qui passent. Mais pourquoi ça a été encore difficile ? Eh bien oui, parce que j’ai en réalité encore un peu honte. Pourquoi j’ai un petit peu honte ? Eh bien parce que je me dis qu’il y a mille fois pire. Et c’est vrai. Bien sûr que c’est vrai. Donc oui, la réalité c’est que j’ai un peu honte d’en faire un épisode. Pourtant, je le dis à chaque personne que j’accompagne. Peu importe finalement, il y aura toujours, bien sûr… bien pire dans le monde. Mais c’est ce que vous vivez, donc forcément c’est important. Cette phrase-là, le « oui je souffre, mais il y a pire » , est une de celles en réalité que l’on entend le plus souvent par les personnes justement qui sont dans la souffrance et dans la difficulté. En réalité, cette phrase-là, elle est louable en soi. Souvent, l’objectif conscient ou inconscient, il est de ne pas se victimiser. de garder aussi un sens des proportions, de reconnaître des souffrances bien plus graves que les siennes. Mais malheureusement, ça amène quand même certaines déviances, finalement, dans notre fonctionnement. Parce que c’est comme si la souffrance, elle n’était légitime qu’à un certain seuil, presque, comme s’il y avait une compétition implicite. Et malheureusement, tout cela, ça amène à se taire en réalité. Mais se taire… eh bien ça n’aide pas à guérir. Et n’aide pas non plus ceux et celles qui auraient besoin d’entendre notre histoire, car ils peuvent s’y reconnaître. Et ça, à mon sens, c’est vraiment quelque chose d’extrêmement important. Je l’ai dit, j’ai beaucoup souffert de honte à l’époque où mon père était vivant et dans la tourmente. Honte de la situation, honte d’avoir honte, ce qui était assez terrible. Et je suis d’une époque où il n’y avait pas… autant d’accès à l’information via les réseaux, etc. De nos jours, la parole se libère un petit peu par rapport à tout ça. Déjà, la parole des malades, mais aussi la parole des familles. Et c’est vrai que si j’avais eu accès à plus de récits de vie, de récits de personnes qui avaient traversé, et ou pour qui c’était derrière eux, peut-être, justement, que j’aurais un petit peu moins honte. Donc c’est vrai que, parfois, On a besoin d’entendre des histoires qui ressemblent un petit peu aux nôtres pour pouvoir aller mieux. Et également, le fait de se taire, ça peut renforcer la détresse et la solitude. La question de la santé mentale, elle est clairement centrale de nos jours. Et pas besoin que notre souffrance soit la pire pour qu’elle mérite d’être reconnue et entendue. Et oui, cela passe par accepter ce que l’on vit et qui l’on est. Ça passe aussi par verbaliser ce que l’on ressent, même si, oui, il y a toujours pire et il y aura toujours pire. Mais personne ne vit exactement ce que l’on vit. Par contre, ce qui est sûr, et c’est ce qui fait notre humanité, nous souffrons tous et toutes à un moment de notre vie. D’un deuil, d’une transition de vie, d’une image de soi altérée, d’un trop plein, d’un pas assez plein, de complexe, de peur, d’un isolement, d’un lien toxique, d’une colère ou d’un chagrin, etc. Et il est grand temps de s’en rappeler justement de tout ça pour prendre soin du collectif. Allez, on arrive à la fin de cet épisode. Si j’ai souhaité vous raconter cette histoire, ce n’est pas parce qu’elle serait exceptionnelle. C’est précisément car elle ne l’est pas. Alors, la prochaine fois qu’un comportement vous surprendra ou vous agaissera, et pas qu’en voiture, sans l’excuser, nous pouvons aussi nous rappeler que la personne aussi porte forcément une souffrance invisible. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt. Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.
Aujourd’hui, je souhaite faire le pendant d’un épisode que j’ai déjà publié et je voudrais amener une réflexion sur notre tendance à douter de notre place parmi les autres. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand. conférencière et formatrice. Dans cet épisode, je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous et à avancer ensemble vers ce qui fait sens. Comme je disais en introduction, j’ai donc fait un épisode qui s’appelait « Avoir le courage de ne pas être aimé » . Je vous mettrai bien évidemment le lien dans la description de cet épisode pour pouvoir réécouter pourquoi pas ce premier épisode. Et le but de ce dernier, il était d’apprendre… à accepter que ce que les autres pensent et ou disent de nous, en réalité ne dit rien de nous. Mon objectif, il était de pas à pas réussir à apprendre à se détacher du regard des autres pour pouvoir cheminer dans sa vie et dans une vie tant qu’à faire pleine de sens. Et c’est vrai que c’est un épisode qui a beaucoup interpellé et beaucoup plus visiblement. Donc ça m’a amenée aujourd’hui à avoir l’envie de regarder de l’autre côté. Même si, on va le voir, ça a quand même un lien entre les deux. L’objectif, ça va être de se rendre compte que nous n’avons pas un avis réellement impartial sur ce que pensent les autres à notre sujet. Ça, c’est un biais cognitif, c’est-à-dire un fonctionnement, un raccourci de notre cerveau qui se nomme le linking gap. Alors, il y a une étude fondatrice qui date de 2018. C’est une étude qui a été d’ailleurs bien reproduite, ce qui nous permet de mieux comprendre justement ce phénomène. Comme d’habitude, je vous mettrai la référence de cette étude en description. Et c’était des auteurs américains qui sont partis d’une hypothèse de travail que nous sous-estimons combien nous plaisons à notre interlocuteur. Il y a eu différentes parties dans cette étude. Et la première, elle s’est faite en laboratoire et nos chercheurs ont réuni des personnes de même sexe et les ont invités à discuter ensemble pendant cinq minutes. Puis, les deux participants devaient noter, entre 1 et 7, combien ils ont apprécié leur interlocuteur, mais aussi combien ils pensaient que l’autre les a appréciés. Et ce qui est bien sûr très intéressant, c’est que la note… elle était systématiquement plus faible sur, bien évidemment, la seconde note que la réalité. Je ne sais pas si je suis très claire, donc je vais le redire différemment. Systématiquement, les participants évaluaient plus faiblement la possibilité d’avoir plus, entre guillemets, à leur interlocuteur que la réalité. Et cette étude-là, elle a été ensuite reproduite dans la vie réelle, puisque la première partie était quand même dans le laboratoire. Donc ça a été reproduit dans la vie réelle et aussi dans des interactions plus longues, jusqu’à même faire une étude sur une année entière de vie pour des étudiants en colocation. Et systématiquement, le résultat a été le même. Nous sous-évaluons combien nous pouvons être appréciés quelque part par nos interlocuteurs. Il y a autre chose aussi qui était intéressante dans cette étude, en tout cas dans la première partie en laboratoire. À savoir qu’il y avait des observateurs extérieurs, donc des assistants de recherche, qui, eux, ont bel et bien observé qu’il y avait des signaux d’intérêt positif qui étaient bien présents lors de l’interaction. Sauf que, la difficulté, les participants ne les captaient pas alors que ces signaux démontraient clairement que la personne était réellement appréciée. Alors ? Ces études, elles nous montrent finalement que nous sommes, la majorité du temps, concentrés sur ce que l’on veut dire et moins finalement sur la qualité de notre interaction et ce qui nous fait quelque part louper des signaux d’intérêt positif, même lorsqu’ils sont bel et bien présents. Ce qui explique aussi ce phénomène, c’est bien évidemment et légitimement la peur du rejet. Cette peur, elle nous rend hésitants à exprimer l’intérêt que nous pouvons avoir pour notre interlocuteur. Également, il a été montré que nous surestimons à quel point notre gêne, nos maladresses sont visibles auprès des autres. Et enfin, bien évidemment, nous pensons que nos pensées négatives à notre égard sont aussi celles que l’autre a pour nous. Nous pensons donc être moins appréciés que nous le sommes en réalité. Dans l’autre épisode, comme je vous le disais, qui s’appelait « Avoir le courage de ne pas être aimé » , j’avais parlé de l’importance de se détacher du regard des autres, notamment pour notre quête de sens. Car celle-ci, elle se nourrit de notre liberté d’être. Et ces études-là que je viens d’évoquer, elles disent en réalité la même chose. Car finalement, sans même en avoir conscience, nous nous verrouillons. Nous nous censurons par peur de déplaire et ou par peur d’être jugés. Bien évidemment, ces peurs-là, elles sont extrêmement légitimes. C’est essentiel pour l’être humain de se sentir apprécié, reconnu et surtout intégré. Donc la peur d’être rejeté, c’est une peur qui est extrêmement viscérale, ni plus ni moins. Et ça… J’en reparlerai notamment dans un autre épisode sur les neurosciences affectives et sociales qui nous montre à quel point nous avons besoin d’être en interaction et dans le lien. Sauf que par rapport à ça, il y a quand même une information très importante à avoir. À savoir que les gens, en réalité, ils se moquent de ce que nous faisons. Alors oui, ça pique un peu, peut-être dit comme ça, mais ce qu’il faut bien comprendre… c’est qu’en réalité, nous sommes tous et toutes concentrés sur nous-mêmes. Alors oui, parfois, on va bien sûr avoir un commentaire un peu négatif sur l’autre ou un jugement. Ok, c’est humain aussi. Sauf que très rapidement, on va revenir à nous. Nous, nos histoires, nos problèmes, etc. Donc finalement, dans le « pire » des cas, la pensée de l’autre à notre égard, Elle est fugace et ensuite elle sera complètement oubliée par l’autre. Et dans le meilleur des cas, comme on vient de le voir, nous sommes en réalité plus appréciés, voire admirés que ce que l’on croit. Allez, revenons à la quête de sens. Oui, quand même, c’est l’objet de ce podcast. Je l’ai déjà expliqué, c’est important à comprendre que nos relations humaines sont une grande source de sens. Bien évidemment. Et c’est peut-être d’ailleurs pourquoi c’est aussi les relations humaines, souvent, une grande source de questionnement et ou même de souffrance. L’être humain, je viens de le dire, il a besoin de liens. Et à la fois, nous avons besoin de créer notre propre vie, une vie pleine de sens. Quitte, bah oui, pour cela, à ne pas être compris, voire rejeté. Alors avec tout ça, comment trouver l’équilibre ? Peut-être en apprenant pas à pas à se décentrer. Alors se décentrer, c’est tout simplement, entre guillemets encore une fois, essayer de voir le monde ou la situation plutôt comme si c’était un œil extérieur qui la voyait. Et ça, ce travail de décentration, c’est quand même un gros gros gros boulot. Parce que notre cerveau, il a justement besoin de maintenir son monde et ses croyances. Donc c’est vrai qu’apprendre à voir le monde sous le regard de l’autre, c’est quand même un travail important à faire. Pourtant, si pas à pas, nous réussissons à nous décentrer, eh bien, ça nous permettra peut-être de nous rendre compte que nous sommes admirés, oui, même dans les échecs, aimés, même dans nos faiblesses. apprécié, même si nous sommes pas très doués en small talk, ces fameuses petites conversations pluies et beau temps qui peuvent être si difficiles, notamment pour les introvertis. Et ainsi, si on arrive à revenir à cette situation, ou à cette compréhension-là plutôt, eh bien, nous pourrons lâcher l’hyper-contrôle sur nous-mêmes. Et de lâcher cet hyper-contrôle, bah oui, ça va, pourquoi pas, nous permettre d’oser, de vivre et de créer une vie riche de sens, mais aussi des liens riches de sens. Un petit exercice, tiens, pour réfléchir à tout ça. Lors de votre prochaine interaction avec quelqu’un, essayez de vous concentrer mais vraiment sur ce que dit l’autre. Ça veut dire quoi vraiment ? Ça veut dire ne pas se demander ce qu’il est en train de penser de nous. Ne pas couper la parole. Et ne pas se demander aussi qu’est-ce qu’on peut bien répondre à cela. Parce que la réalité de nos interactions, c’est que souvent, nous n’écoutons pas pour comprendre, nous écoutons pour répondre. Et faire l’effort, eh bien oui, ça permet justement, pas à pas, de faire ce travail de décentration. Alors oui, ça peut paraître quand même compliqué ce travail-là. Ça tombe bien, nous aurons encore plein d’autres épisodes pour travailler ces questions-là ensemble. Allez ! Maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.
Aujourd’hui, je vais évoquer un thème qui me semble très important, notamment dans nos relations, mais aussi bien sûr dans notre quête de sens, à savoir la différence entre responsabilité et culpabilité. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens ? » Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans cet épisode, je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous et à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. En logothérapie, on parle bien souvent beaucoup de responsabilités, notamment par la question star, finalement, de la pratique thérapeutique qui est « qu’est-ce que la vie attend de moi dans cette situation ? » Et cette question, elle nous renvoie donc à notre responsabilité, et c’est pour ça que j’ai trouvé très important de faire cette différence entre responsabilité et culpabilité. Parce que bien souvent, nous confondons les deux. Or, ce qu’il faut comprendre, c’est que l’une nous enferme et nous fige, alors que l’autre, en réalité, elle nous offre une lumière pour avancer. Allez, on va largement détailler tout ça. Déjà, pourquoi on confond les deux ? Bien évidemment, vous allez peut-être vous en douter, ce qui crée finalement le fait de confondre ces deux notions entre responsabilité et culpabilité, eh bien, c’est bien sûr la culture dans laquelle on a grandi. Et je dirais même la culture de la faute dans laquelle on a grandi. Ça, ça vient bien évidemment de la religion. Il faut comprendre que l’on parle quand même… dans les religions, de péché mortel. Donc c’est quelque chose que, que l’on soit croyant ou non, eh bien forcément a façonné nos inconscients collectifs. C’est complètement illusoire de penser que cette notion-là de péché n’a pas eu du tout d’impact sur nous, encore une fois, que l’on soit croyant ou non. Tout simplement parce que ça a façonné nos inconscients collectifs et donc notre propre inconscient. Et ça, forcément, ça laisse une trace. Ensuite, c’est notre société, notamment à l’école, qui crée finalement une notion de culpabilité assez forte dans nos inconscients, encore une fois. Au sein de l’école, on traque quand même la faute. Et rapidement, ce qui peut se passer, c’est qu’on va se sentir coupable de ne pas être assez. Donc cette culpabilité, comme je l’ai dit, elle fige ni plus ni moins. Or la responsabilité, elle, elle offre un pouvoir. Le pouvoir de redevenir acteur ou actrice de sa vie, ni plus ni moins. Je vais prendre tout de suite un exemple et un exemple relationnel. On entend souvent… que nous sommes responsables de la façon dont on transmet les choses dans nos relations, mais pas coupables de la façon dont l’autre les reçoit. Je vais m’expliquer par rapport à ça. L’autre, il reçoit forcément ce qu’on va lui dire, lui indiquer, selon ses propres filtres, selon sa vision du monde. Alors, je souris, je suis sûre que vous l’entendez en le disant, parce que j’ai fait un épisode sur la vision du monde. Et ce thème-là, c’est fou comme autant en formation qu’ici sur ce podcast, il vous interpelle et vraiment il vous questionne. Donc oui, encore une fois, on parle de vision du monde même dans ce thème-là. Je vous mettrai bien sûr le lien vers l’épisode de la vision du monde dans la description de celui-ci. Donc je disais, l’autre, il interprète tout ce qu’on va lui transmettre à travers sa propre vision du monde. Donc parfois, eh bien oui, il sera blessé par nos propos, par exemple, alors que ce n’était absolument pas notre intention. Donc, nous ne sommes en réalité pas coupables de la façon dont il va le recevoir. Alors dans ce cas, est-ce qu’on s’en lave les mains, quelque part, de son ressenti ? Eh bien, absolument pas. C’est là, au contraire, justement, qu’on va regarder notre responsabilité. Notre responsabilité, c’est par exemple… Comment je communique ? Comment j’ai transmis justement mes propos à la personne ? Est-ce que j’ai pris en compte aussi son état émotionnel du moment ? Est-ce que j’ai fait attention à sa sensibilité ? Elle est là, finalement, notre responsabilité. On a une responsabilité sur la situation, comme je l’ai indiqué, mais nous ne sommes pas coupables de la réaction de l’autre. Ce qui est intéressant quand même, c’est qu’avoir cela à l’esprit, ça aide aussi à réparer, si besoin, notamment la relation. Pourquoi ? Parce que… En effet, donc la culpabilité, elle fige et elle enferme. Or, la responsabilité, elle va aider. Si on est dans la culpabilité, ce qui peut se créer comme équation finalement de notre esprit, c’est l’autre est blessé, je suis donc une mauvaise personne. A l’opposé, la responsabilité, elle va aider à regarder et nous aider à reconnaître notre part, puis à changer la situation si cela est possible. Maintenant, venons-en à un thème déjà un petit peu plus sensible, les épreuves que nous sommes amenés à traverser. Bien évidemment, nous ne sommes absolument pas coupables des épreuves que nous traversons, ni coupables, bien sûr, de ressentir des émotions. Par contre, oui, nous avons un pouvoir. Pouvoir de choisir notre réaction. Je vais prendre des exemples pour illustrer. Encore une fois, l’humain quand même, il est assez tordu, soyons honnêtes. Par exemple, nous n’allons pas bien, on vit un moment difficile, et pourtant, on va refuser les moments, les sorties sympas avec les amis qui pourraient nous faire du bien. Ou alors, on va écouter de la musique bien bien pourrie qui va encore plus nous mettre le moral à zéro, comme on dit. On a donc réellement un… pouvoir finalement sur la façon dont on se sent dans ces situations-là. Alors attention, encore une fois, responsabilité n’est pas culpabilité. Si on va mal, on ne va pas en plus se sentir coupable d’aller mal. Non, ce n’est absolument pas l’objectif de comprendre cette notion-là. L’idée, c’est au contraire d’avoir une petite lumière au bout du tunnel. L’idée, c’est de se dire, ok, pour l’instant, je ne suis pas capable. capable de choisir d’aller mieux dans cette situation. Et c’est ok. Par contre, je me rappelle que j’ai quand même ce pouvoir-là de choisir de faire des choses qui m’aideront à m’en sortir. Donc pour résumer, la culpabilité, c’est une énergie de fermeture. Elle est axée sur le passé. Elle est souvent composée de rumination, d’autocondamnation, de besoin de se punir aussi, malheureusement parfois. Alors que la responsabilité, elle, c’est une observation de la situation avec lucidité. Une reconnaissance aussi de notre part dans la situation. Et une orientation surtout vers l’avenir qui nous permet de redevenir acteur et actrice. Et cette notion-là, eh bien oui, elle est aussi importante dans la quête de sens. Pourquoi ? Bien tout simplement parce que quand nous allons mal, nous cherchons naturellement une cause ou un coupable. Et ça, trouver justement une cause ou un coupable, ça peut donner sur le moment un semblant de sens à la situation. Il est important de comprendre que notre cerveau, il a un besoin absolu de sens. Et face à une épreuve, il est absolument naturel de se dire, c’est de ma faute. Ou bien j’aurais dû faire ceci ou cela. Paradoxalement, en réalité, c’est plus facile de se dire que c’est de notre faute que d’admettre que nous ne maîtrisons pas tout. Pourquoi ? Parce que ne pas tout maîtriser, ça peut être profondément anxiogène. Et oui, la culpabilité, elle donne finalement une illusion de contrôle qui rassure, mais qui ne va rassurer qu’un temps. Si c’est de notre faute, on a l’impression que le monde est lisible et compréhensible. Cette culpabilité, elle permet un temps de réduire nos angoisses et nos incertitudes. Et de ce fait, de penser que nous avons trouvé du sens, alors qu’il s’agit simplement d’une volonté de toute puissance. La quête de sens, elle, via la responsabilité bien sûr, elle ne se demande plus pourquoi c’est arrivé, mais qu’est-ce que je vais faire ? de cette expérience. Et ça, eh bien oui, ça change tout. Car le sens, il n’est plus trouvé, il est créé. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.
Aujourd’hui, j’ai très envie d’explorer avec vous un thème qui me semble absolument primordial, à savoir l’accueil émotionnel. Et nous allons ainsi enfin arrêter d’essayer de gérer nos émotions. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens. Ici, une flamme s’allume. Une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans cet épisode, je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous et à avancer ensemble vers ce qui fait sens. Si j’ai eu envie d’évoquer ce thème dans cet épisode, c’est qu’au moment de sa préparation, j’étais très en colère. Mais vous savez, pas n’importe quelle colère. Celle qui n’a pas de réelle raison. En tout cas, pas de réelle bonne raison. Celle qui est agacement avant de devenir franche contrariété, puis vraie colère. Avec bien évidemment en plus une grande agitation intérieure. Alors cet état, on le connaît clairement tous et toutes. Mais souvent, dans un pareil cas, on se dit « Allez, il faut que je gère cette colère ! » Comme finalement s’il s’agissait d’un dossier à traiter, puis à classer. Sauf que, dommage hein ! Les émotions, elles ne répondent pas à cette logique très terre-à-terre. En effet, elles ont un message à nous transmettre, à savoir tout simplement qu’un besoin n’est pas rempli. Et surtout, surtout, elles demandent du mouvement. De ce fait, je ne suis pas à l’aise, personnellement, avec des termes tels que la gestion des émotions, comme on vient de le voir. Ou encore un autre terme avec lequel je ne suis pas à l’aise, qui est l’intelligence émotionnelle, parce que ça fait appel au mental. Je leur préfère des notions telles que accueil émotionnel et agilité émotionnelle, qui est un terme choisi par la psychologue et chercheuse sud-africaine Suzanne Devine. Pour ce dernier terme, donc celui d’agilité émotionnelle, il s’agit en réalité d’une logique d’écoute intérieure, de mouvement, et d’adaptation. Les enfants, d’ailleurs, sont de précieux enseignants pour nous montrer cette logique-là. Tout petits, ils vivent l’émotion dans leur corps. Ils sautent de joie, se roulent par terre de colère, manifestent les larmes aussi avec beaucoup de vigueur. Mais ensuite, notre société leur apprend que les émotions ne peuvent pas s’exprimer comme ils le souhaitent. Ils ont envie de sauter de joie, par exemple. mais ce n’est pas le moment puisqu’ils sont en classe et doivent écouter. Et ainsi, pas à pas, nous commençons à vouloir canaliser, gérer l’émotion. C’est un petit peu logique en même temps. Qui s’autoriserait à se rouler par terre de contariété en pleine réunion professionnelle ? Cette évocation nous fait un petit peu sourire. Pourtant, en réalité, c’est bel et bien cela dont nous aurions finalement besoin. Mais comme nous vivons dans une société où cela serait un peu mal vu, et c’est le moins que l’on puisse dire, nous devons trouver d’autres stratégies. Car oui, je le redis, nous devons vivre nos émotions et non chercher seulement à les gérer. Donc souvent, finalement, quand on dit gérer, on cherche à les refouler en réalité malheureusement. Et la colère, notamment à mauvaise presse. Elles seraient vécues comme une perte de contrôle. Enfin, soyons honnêtes, quand même, malheureusement, selon notre genre, la colère, elle ne sera pas accueillie de la même manière. Dans notre société, une colère masculine, elle est souvent perçue comme légitime. Alors qu’une féminine, elle a plutôt tendance à être dévalorisée. Alors, je vais être très claire, dans notre société, c’est l’inverse pour la tristesse, par exemple. Mais la colère, c’est vrai que c’est important de le comprendre. En réalité, même si elle peut être mal vue, elle peut être source d’une très grande puissance. Notamment pour changer ou faire changer une situation qui ne nous convient pas. En tout cas, ce que nous devons comprendre, c’est que la colère, c’est une énergie hormonale dont le but est donc de nous mettre en mouvement. Nous ne devons donc pas gérer notre colère, nous devons la vivre. Alors, non, je ne suis pas en train de dire que nous devons taper le ou la collègue qui nous casse les pieds, même bien au contraire. D’ailleurs, c’est souvent car nous n’avons pas sainement vécu notre colère que nous pouvons exploser malheureusement. Et oui, cette énergie intérieure, elle doit être libérée. Et si elle est muselée, elle ressortira forcément à un moment ou à un autre et malheureusement peut-être plus puissante et désordonnée. C’est pourquoi nous avons souvent peur de notre colère. Justement, car nous n’avons pas appris à la vivre. Nous essayons de la faire taire ou alors nous tapons de toutes nos forces dans un oreiller comme on nous l’a appris. Alors très clairement cette dernière pratique elle n’est pas inutile en soi mais je trouve qu’il y a quand même beaucoup plus efficace. En effet si vous avez déjà testé, on ressent bien une forme d’apaisement en suivant mais il peut y avoir aussi une forme d’inquiétude face justement à cette charge. Très agressif déployé. Alors pourquoi cette pratique est malgré tout efficace ? Quand on dit cette pratique, c’est le fait de taper dans un noyer par exemple. Elle est efficace malgré tout car elle libère l’énergie, elle la sort de notre corps. Donc la grande question, c’est pourquoi ne pas essayer de la sortir différemment ? Ce que je propose en formation par exemple, c’est tout simplement de faire le tour du bâtiment plusieurs fois en marchant très vite avec la volonté de vivre l’émotion. Ou encore, si on a la possibilité de s’isoler, de bouger tout simplement. Oui, bouger, danser, tirer la langue, pourquoi pas se secouer. Tout ce qui permet d’utiliser cette intense énergie de colère sans faire de mal à soi ni aux autres. Alors, je vais m’arrêter là pour cet épisode de présentation de l’agilité émotionnelle. Car, bien sûr, je ferai un épisode long sur ce thème, sur les différentes émotions, mais aussi, toujours, sur le lien avec la quête de sens. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, je voulais surtout commencer à vous proposer de sortir de la pure réflexion intellectuelle pour revenir enfin dans le corps. Car en réalité, c’est dans l’expérience que peut se vivre le sens. Donc ce que je vais faire, je vais vous laisser avec une musique. Je vais vous inviter, si vous le souhaitez, à libérer vos émotions grâce à son aide. Loin de tout regard, essayez de bouger, crier, danser avec l’intention de vivre les émotions que vous traversez. Et accueillez-les, enfin. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt !
Transcription automatique par Ausha : En ce premier jour de l’été, j’ai envie de réfléchir avec vous aux injonctions, aux normes que nous subissons et qui nous éloignent finalement de nous-mêmes et donc de notre quête de sens. Car oui, par exemple, nous pouvons très bien ne pas aimer l’été. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens ? » Ici. Une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans cet épisode, je vous invite à écouter ceux qui se réveillent en vous et à avancer ensemble vers ce qui fait sens. Ah l’été, ces soirées tardives, les vacances bien évidemment, la plage, les apéros interminables, les copains. L’été, on entend qu’il est attendu par… tous et toutes, absolument toute l’année. C’est le soleil aussi qui est synonyme de joie, de plaisir dans notre inconscient collectif. Sauf que malheureusement, certains vivent une toute autre réalité. Et alors très clairement, ceux qui vivent cette autre réalité, on va les appeler gentiment ou un peu moins gentiment parfois, des rabat-joie par exemple. Alors, j’ai choisi cet exemple car il illustre une injonction, mais des injonctions, bien évidemment, il y en a plein d’autres. Tout ce qui touche à nos vies, finalement, devrait correspondre aux normes collectives. On devrait forcément, tous et toutes, vouloir des enfants, faire carrière, devenir propriétaire, aimer Noël, et bien sûr aimer l’été, si on reprend cet exemple-là. Or, les injonctions, elles nous éloignent de nous-mêmes. Et en plus de ça, nous finissons peut-être aussi par croire ne pas être tout à fait normaux. Et ça, cette croyance-là, elle peut nous empêcher de créer notre vie pleine de sens. Allez, revenons à l’exemple de l’été qui est, bien sûr, vous l’avez compris, une illustration, une métaphore. Et oui, je vais parler de moi. Pourquoi je vais parler de moi ? Eh bien, parce que dans le passé, écoutez ceux qui vivaient ce que moi aussi j’avais l’impression de vivre. eh bien, ça m’a beaucoup aidée. Déjà, à mieux me comprendre, mais aussi à savoir justement que je n’étais pas seule à vivre certaines choses. Et ça m’a aidée, eh bien oui, à avoir moins honte, ni plus ni moins. Et donc moi, par rapport à cette question des saisons, eh bien, clairement, je suis une femme du froid. J’aime l’hiver, j’aime la pluie, oui. J’aime la beauté artistique aussi, des arbres nus par exemple. J’aime les bougies, les plaides, les livres qu’on lit le soir avec une tisane et un chat. Et surtout, je ne supporte pas du tout la chaleur. Alors avant, pour ne pas être jugée, j’avais tendance à dire que ma saison préférée, c’était plutôt le printemps ou l’automne. Mais non, clairement, je crois vraiment que l’hiver est réellement ma saison préférée. Alors là, j’entends gna gna gna, oui, la vie de mamie, etc. Eh bien, oui, très clairement, si c’est considéré comme une vie de mamie, eh bien oui, c’est ma vie et mes plaisirs à moi. Notre monde, c’est clairement celui des extravertis. De ceux, les extravertis, c’est de ceux qui se rechargent au contact des autres. Les introvertis, qui ne sont à ne pas confondre surtout avec les timides, ils ont eux besoin plutôt de solitude et de calme pour se recharger. Alors ? Bien évidemment, tous les introvertis n’ont absolument pas une préférence pour les saisons froides. C’est une métaphore finalement, les saisons entre extraversion et introversion. Parce que oui, l’été c’est plutôt bien sûr une saison d’extraversion, et l’hiver bien sûr plutôt une saison d’introversion. Et notre société, elle valorise, oui, l’extraversion. Donc aussi l’été, le bruit. Et nous pouvons… alors avoir tendance à avoir honte ni plus ni moins de qui nous sommes. Alors, pourquoi cette réflexion-là sur la métaphore ou la symbolique des saisons, elle est importante ? Eh bien, c’est important en réalité concrètement et symboliquement. Déjà, concrètement, ce qu’il faut savoir, c’est que les difficultés, elles peuvent s’exacerber l’été. Et ça, c’est important, ne serait-ce que pour prendre soin des uns des autres. Car, bah oui, de manière extrêmement pratique, un été chaud, eh bien ça peut être source d’une grande souffrance. Bien sûr pour ceux déjà qui sont dans la précarité. Ceux qui travaillent aussi au contact des éléments. Donc ça c’est d’un point de vue très pratique. Mais aussi psychologiquement. On sait que l’anxiété a tendance à augmenter l’été. Les troubles anxieux, par exemple, sont aggravés avec les grosses chaleurs. Je ne vais pas rentrer forcément dans les détails ici parce que ce n’est pas l’objectif, mais peut-être pour en dire deux mots. Les personnes qui souffrent de troubles anxieux, il a été montré qu’ils ont une proprioception qui est plus faible que la moyenne. Alors, qu’est-ce que c’est la proprioception ? Eh bien, c’est ce qu’on appelle notre sixième sens interne. C’est notre capacité à ressentir les messages du corps et à les interpréter correctement. Donc, tout simplement, j’ai le ventre qui gargouille. Bah tiens ! C’est le moment d’aller déjeuner. Vous voyez, c’est ça la proprioception. Et donc, une personne qui a un trouble anxieux, elle va avoir une proprioception qui est assez faible. Et elle va donc mélanger les signaux corporels. En été, forcément, on va avoir des manifestations corporelles différentes. On va transpirer plus, on va être plus fatigué, etc. Peut-être aussi avoir le rythme cardiaque qui s’accélère. Donc, des manifestations. Et… forcément ces personnes-là, elles peuvent confondre justement la manifestation normale liée à la chaleur avec un problème de santé. Donc c’est pour ça que des personnes qui peuvent avoir un trouble anxieux vont voir ce dernier aggravé par la chaleur. Également, quelque chose dont on parle de plus en plus, c’est l’éco-anxiété. Et ça, oui, forcément, il a été largement montré que les personnes qui souffrent d’éco-anxiété, eh bien voient leurs conditions s’aggraver. avec des étés particulièrement chauds. Donc forcément, ces situations-là, eh bien oui, ça crée des personnes qui peuvent être en souffrance, alors que la société collectivement dit c’est magique, c’est l’été, c’est formidable, on est tous heureux et heureuses. Également, quelque chose auquel on ne prête pas suffisamment attention, justement en lien avec cette survalorisation de cette période-là, eh bien c’est le sentiment d’isolement. Voir la vie des autres qui s’étale absolument partout, des vacances, avec les amis, ce genre de choses, eh bien oui, peut créer une forme de détresse émotionnelle, ni plus ni moins, chez des personnes qui n’auraient pas un environnement amical, familial, qui n’ont pas le budget pour s’offrir les mêmes choses. Et donc tout ça, ça peut aggraver un sentiment d’isolement. Et… Ces différents points, forcément, peuvent avoir un impact énorme sur la santé mentale, avec en plus moins d’accès aux dispositifs de soutien. Oui, parce que légitimement, les thérapeutes, les psychologues, prennent aussi des vacances et donc vont être moins disponibles. Et un dernier point par rapport à ça, c’est qu’en plus de cette aggravation des symptômes en lien avec la santé mentale, les personnes peuvent justement avoir honte. De ressentir tout cela, puisque, je l’ai déjà dit, notre société nous renvoie en permanence que nous devrions n’être que fête et joie pendant l’été. Donc ça amène un cercle vicieux, une difficulté à verbaliser, à demander de l’aide, ce qui amène un renforcement des difficultés et ainsi de suite. Donc c’est pour ça que c’est important quand même de réfléchir à cette question de est-ce que cette injonction, finalement, sociétale, Elle parle à tout le monde et elle convient à tout le monde. Également, pourquoi c’est important de réfléchir à ça ? Comme je vous l’ai dit, c’est aussi important symboliquement. Parce qu’une vie pleine de sens, elle passe notamment par l’expérience. L’expérience, celle que nous nous autorisons à vivre. Mais aussi, celle que nous refusons. Pourquoi ? Parce qu’elle ne nous convient pas, par exemple, tout simplement. Et se détacher des injonctions amène une possibilité de mieux se connaître, de mieux connaître ses besoins, ses valeurs, et forcément de se créer une vie qui nous correspond. Et peu importe, quelque part, si les autres la trouvent vide ou estiment que c’est une vie de mamie, pourquoi pas ? D’ailleurs, en lien avec ça, je vous invite à écouter l’épisode que j’ai fait justement sur la question de ne pas être compris dans le sens que l’on a ou qu’on l’a trouvé à sa vie. Je vous mettrai… en description de cet épisode, justement, le lien pour aller plus loin sur cette question-là. L’été, il est donc désormais là. Et faites ce qui vous anime, même si, oui, c’est rester chez soi en mode hiver alors que tout le monde fait la fête à l’extérieur. Alors, quand même, je dois reconnaître que pour ma part, je profite bien mieux désormais du rayonnement de joie collective liée à l’été. Mais je crois justement que je l’aime un peu plus l’été désormais, depuis que j’ai compris que j’avais le droit d’assumer et de dire clairement. que je n’aimais pas l’été. Allez, avant de vous quitter, je vais vous inviter à partager cet épisode à des gens qui, vous le pensez, auraient peut-être besoin de l’entendre. Mais également, c’est important pour moi de vous dire que ce podcast, il a désormais 3 mois et il a maintenant besoin de votre aide. Donc si cela vous parle, je vous invite, comme je l’ai dit, à partager, mais aussi à mettre une note et ou un commentaire sur votre plateforme d’écoute préférée. Ainsi, mon podcast, il va, je l’espère, pouvoir grandir et donc toucher vraiment ceux qui auraient besoin de l’entendre. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.
Transcription automatique par Ausha : Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode. Aujourd’hui, je souhaite répondre à une question qui m’a été posée suite à l’épisode sur le film La vie est belle. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand,conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous, et avançons, ensemble, vers ce qui fait sens. J’ai donc fait un épisode sur le film « La vie est belle » de Roberto Benigni. Et ce film, il illustre parfaitement les concepts clés de la logothérapie, notamment l’attitude face à la souffrance, et même très clairement dans cette œuvre, l’attitude face à l’horreur absolue. Je vous remets d’ailleurs le lien vers cet épisode dans la description de cet épisode-ci. Et suite à l’épisode sur ce film, on m’a posé une question, à savoir, à chercher du sens, ne risque-t-on pas de justifier l’injustifiable ? Cette question, elle est profonde, notamment car elle touche à nos limites en tant qu’être humain. Et ma réponse va être très transparente. Bien sûr qu’il s’agit d’un risque majeur. À croire, comme dans certains discours du développement personnel notamment, que tout a un sens, on peut commencer insidieusement à accepter l’inacceptable. Voir, pire, demander aux autres d’accepter l’inacceptable, ou en tout cas de sous-entendre qu’ils devraient dépasser leur situation facilement, puisque, entre guillemets, elle a un sens. Donc il s’agit d’un élément essentiel à prendre en compte. Car c’est aussi un mécanisme de notre cerveau pour faire face aux situations difficiles. Ainsi, les situations douloureuses qui nous mettent par exemple en opposition avec nos valeurs viennent bien sûr profondément bousculer nos fonctionnements. Et notre cerveau peut alors entrer en dissonance cognitive. La dissonance cognitive, c’est une tension interne qui est forcément difficilement supportable. Nous entrons dans cet état. notamment quand des informations simultanées sont incompatibles entre elles. Ainsi, des situations vécues peuvent être bien sûr en opposition profonde avec nos valeurs. Et face à cette dissonance cognitive, notre cerveau fera tout pour supprimer cette tension, quitte malheureusement à tolérer l’intolérable. Alors, je vais donner un exemple soft. Pourquoi soft ? Car je veux tout simplement éviter de projeter des images difficiles pour illustrer ce phénomène, car il peut tout simplement aussi se produire justement sur des situations du quotidien. Donc cet exemple. Une personne qui va être très attachée à l’honnêteté, qui pour elle est une valeur fondamentale. Mais un jour, au travail, son patron va lui demander de présenter un bilan un peu plus positif qu’il ne l’est réellement à un client. La première réaction de la personne sera forcément « non, ce n’est pas honnête » . Malheureusement, comme il y a un enjeu, une dissonance cognitive va s’installer. La personne est en désaccord avec ses valeurs et à la fois, forcément, elle va choisir de se confirmer à la décision de sa hiérarchie, notamment car elle ne souhaite pas perdre son travail. Et face à l’importante tension cérébrale que provoque cette dissonance, Elle va alors modifier sa représentation de la situation. Elle va se dire, par exemple, bon, c’est pas vraiment mentir, c’est juste présenter les choses sous un autre angle. Ou encore, allez, tout le monde le fait dans le métier. Ou également, bon, cela ne pénalise pas vraiment le client. Alors, peut-être que là, cet exemple, il vous paraît un peu gros à entendre. Pourtant, clairement… arranger la situation, nous faisons tout cela à un moment ou à un autre. C’est le cas par exemple quand on reste dans une relation, un travail qui ne nous convient pas mais que l’on n’arrive pas à quitter. On transforme alors la représentation de la situation pour faire baisser la tension interne quitte, oui malheureusement, à accepter l’inacceptable. Par exemple Si, pour une personne, le respect de la sensibilité de chacun est une valeur fondamentale, Mais que dans un groupe d’amis se trouve une personne avec un « humour » bien piquant, et que cette personne se trouve souvent la cible de ses attaques, eh bien la première des réactions sera légitimement « ce n’est pas ok pour moi, cette personne-là, elle me fait du mal et cela n’est pas en accord avec mes valeurs » . Mais malheureusement, face à ça, il y a d’autres choses qui peuvent se jouer. La peur de déstabiliser le groupe, par exemple. Également des souvenirs partagés avec cette personne. La peur d’être jugée, bien sûr, pour avoir osé verbaliser cette situation. Et là, c’est la dissonance justement qui s’installe. Et comme le changement est coûté en énergie pour notre cerveau, la personne va chercher à rationaliser. Et se dire par exemple, bon, c’est pas contre moi, c’est sa façon d’être. Ou encore, avec tout ce qu’on a vécu ensemble, c’est dommage de quitter cette relation maintenant. Ah, d’ailleurs, cet exemple, ne pas quitter la relation compte tenu de tout ce qui a été vécu, on appelle ça le biais des coûts irrécupérables. Ouais, je sais, j’utilise des termes qui peuvent paraître complexes, mais c’est simple à comprendre en réalité. Le biais des coûts irrécupérables, c’est la tendance à poursuivre une décision ou un engagement uniquement parce qu’on a déjà Investi du temps, de l’énergie ou des ressources, même lorsque cela n’est plus rationnel. Donc on le voit bien, on a malheureusement de nombreuses façons de justifier l’injustifiable. Alors bien sûr, la question c’est comment on peut faire face à ce mécanisme-là ? Ce que nous devons comprendre, c’est qu’on ne corrige pas les biais cognitifs, car ils font partie. intégrante de notre fonctionnement humain, notamment compte tenu de notre besoin absolu de sens et de cohérence. On peut seulement rester vigilant pour apprendre à vivre avec et ne pas se laisser aller à ses déviances. Ainsi, pour le biais des coups irrécupérables, il y a une question clé à se poser et elle fait d’ailleurs partie des questions du logothérapeute. Il s’agit de se demander si ton meilleur ami vivait exactement la même situation, que lui dirais-tu ? Alors ça, moi c’est vrai que cette question-là, je l’aime beaucoup. Elle est extrêmement aidante, car elle permet de se décentrer. C’est-à-dire qu’on va réussir à voir la situation comme si c’était vu par une autre personne à regard extérieur. Et elle nous permet de comprendre qu’en réalité, nous avons déjà parfaitement compris la situation et… compris vraiment la réalité. Car, malheureusement, le biais des coups irrécupérables dont j’ai parlé, mais aussi l’attachement, brouille notre jugement et notre lucidité. Et c’est comme ça, en fait, que nous acceptons à nouveau l’inacceptable. Cette question, elle permet de voir avec un œil neuf, ou presque, ce que nous vivons, et ainsi de retrouver notre lucidité. Également. Pour contrer les différents phénomènes que j’ai déjà décrits, il est important de revenir au point de départ, c’est-à-dire avant nos justifications. Quand nous sommes sur le point de rationaliser, de justifier, de nuancer, posons-nous la question de quelle était notre première réaction. Alors, bien sûr, parfois, sous le coup de nos émotions, la première réaction ne va pas non plus être la plus adaptée, ni celle qui correspond fondamentalement à nos valeurs. Mais cette compréhension, elle permettra quand même de se souvenir de notre premier ressenti et de se rappeler notamment si nos valeurs ont été fortement heurtées. Encore un autre point pour aider à faire face à ces situations. Il est d’ailleurs ce point également très important. Il s’agit de traquer les phrases qui cherchent à anesthésier notre ressenti brut. Ces phrases, elles sont souvent irritées de l’enfance. mais aussi de la société. Et elle nous incite, justement, à minimiser nos ressentis au risque de justifier à nouveau l’inacceptable. Elles sont nombreuses, ces phrases. Et d’ailleurs, vous en connaissez sans aucun doute certaines. Ce sont, par exemple, « Non, mais moi aussi, je suis trop sensible. » « Moi aussi, je ne suis pas assez à l’écoute. » « Cette personne a des problèmes en ce moment. » Ou bien sûr, le classique « Il y a plus grave dans la vie. » mais aussi le terrible dont je vous parlais au début, dans la vie, tout a un sens. Ce que nous devons comprendre, c’est que ces phrases, en soi, elles ne sont pas fausses, bien évidemment. La difficulté majeure est quand elles ont pour objectif de réduire l’inconfort plutôt que d’aider à clarifier la situation. D’ailleurs, par rapport à ces phrases, j’ai l’habitude de dire qu’il y aura toujours pire, mais que ce n’est pas pour autant que ce que nous vivons n’est pas important. Donc, lorsque nous nous entendons prononcer ces phrases, Comme je l’ai indiqué lorsque quelqu’un nous les assène, soyons vigilants à ne pas glisser dans l’acceptation de l’inacceptable. Également, pour éviter nos biais, quelque chose que je répète beaucoup et que vous m’avez forcément entendu dire si vous avez écouté d’autres épisodes, ce que j’espère vraiment, c’est que comprendre n’est certainement pas accepter. Nous pouvons tout à fait comprendre ce que fait dit l’autre. Avoir fait également un travail pour être dans le non-jugement. Et donc, comprendre que l’autre puisse en être là où il en est. Et pourtant, la situation n’est bien sûr pas acceptable pour nous. Dire non à une situation avec l’autre, un comportement de l’autre, n’est pas dire non à l’autre. Et nous avons, par contre, tendance à mélanger. Nous avons, personnellement, l’impression d’être rejetés. quand on rejette une de nos demandes. Et nous pouvons alors avoir cette peur pour notre relation. Or, ne pas accepter un comportement n’est pas rejeter la personne dans son entièreté. Nous pouvons tout à fait comprendre ce que l’autre traverse, faire preuve de non-jugement et pourtant dire clairement que ce qui se passe avec cette personne n’est absolument pas ok pour nous. Cela permet alors de garder le lien, si cela est souhaitable, bien sûr, mais sans straille. Allez, autre point important pour ne pas accepter l’inacceptable, bien se connaître. Alors oui, dit comme ça, ça peut paraître complexe, surtout après avoir vu certains de nos biais cognitifs dans cet épisode où on se rend bien compte que notre cerveau nous drive presque tout seul, donc bien se comprendre après tout ça, ça peut paraître un peu complexe. Pourtant, si nous sommes attentifs, nous savons très bien quelles sont nos limites à ne pas franchir. Comment ? Tout simplement grâce à nos émotions. Nos émotions, surtout les désagréables, sont un indicateur que quelque chose ne nous convient pas, que nos valeurs, par exemple, sont heurtées, et ou que nos besoins ne sont pas remplis. L’idée est donc de se créer des repères non négociables. Par exemple, je dois me sentir en sécurité dans une relation. Ou encore, le second degré suivi d’un « mais c’est de l’humour » n’est pas acceptable pour moi. Ah oui, bah tiens, en le disant, je me rends compte que cette histoire de l’humour-ironie second degré méritera très clairement un épisode. Et promis, je le ferai parce que ça c’est vraiment des choses sur lesquelles j’échange beaucoup. avec mes participants en formation. Donc, c’est noté, je ferai un épisode sur cette question de l’ironie. Allez, revenons à nos besoins qui ne sont pas remplis, ou en tout cas, le lien avec nos émotions. Je prenais donc des exemples. Un autre. Me demander de mentir à un client, ben ça, c’est pas acceptable pour moi. En gros, avec ces exemples, je voulais montrer que nous avons, bien évidemment, chacun et chacune, nos limites personnelles. L’idée, c’est qu’il faut qu’elle soit claire pour nous, car elle résiste mieux justement aux tentatives de réécriture, de justification. Ça c’est important à comprendre. Ce qui se passe, c’est que lorsque nous sommes pris au piège, avec le biais des coûts irrécupérables, ou malheureusement cette difficulté à sortir d’une situation qui est difficile, nous avons initialement des émotions qui nous informent que la situation n’est pas ok pour nous. Mais après coup, bah oui, on va réécrire justement tout ça avec ce qu’on vient de voir, donc réécrire pour justifier ce qu’on est en train de vivre et ne pas en sortir. Or, plus nous aurons défini justement nos limites personnelles dans une réflexion globale sur la vie, plus il sera difficile justement de réécrire a posteriori. La dissonance intérieure sera beaucoup plus forte et donc ça sera beaucoup plus compliqué. de faire malgré justement nos valeurs qui ne sont pas respectées. Allez, continuons dans les propositions pour éviter la justification justement. Peut-être là, l’une des propositions les plus complexes, c’est accepter le coup de la lucidité. Oui, parfois, et ça va être extrêmement douloureux, une relation n’a plus lieu d’être. Ou un travail ne nous nourrit plus et nous devons alors prendre le risque d’en changer. Ou encore, parfois, Nous nous sommes oubliés dans la recherche de satisfaction, dans la peur de déplaire, etc. Ne pas rendre acceptable ce qui ne l’est pas a alors un véritable coup cognitif, en réalité. Cela peut créer, bien sûr, une tension relationnelle, amener une perte, une solitude, ou plus simplement un inconfort. Et ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le cerveau, il vit le changement comme une perte, comme un deuil. La perte d’une situation connue est confortable, mais confortable, attention, parce qu’elle est connue. Le non-changement le rassure alors, et c’est pour ça que notre cerveau tente de rationaliser pour rester dans la situation. Accepter de rencontrer l’inconfort du changement est un premier pas pour, enfin, refuser l’inacceptable. Oui, la transition. elle va être douloureuse. Mais sur le long terme, le coût de rester dans une situation inacceptable est bien plus élevé. Et c’est notamment ce coût qui peut amener une perte de sens. Pourquoi ? Par la déconnexion d’avec nos valeurs, nos besoins. En raison aussi du chemin que nous n’aurons jamais pris et qui nous laissera peut-être des « et si » . Donc oui, accepter le coût cognitif peut nous aider à ne plus banaliser ce qui dépasse nos limites. et de ce fait, avoir une vie alignée avec qui l’on est. Enfin, allez, un dernier aspect, alors celui-là, il peut paraître assez paradoxal finalement sur ce podcast, mais ce qui va aider à sortir de ces situations, eh bien ça va être aussi de ralentir le besoin de donner du sens à tout ce que nous vivons. Parce que parfois, nous avons tendance à chercher du sens bien trop vite, avant même… d’avoir posé un constat sur ce que nous traversons. Également, avant même d’avoir traversé les émotions liées à la situation inacceptable. Chercher du sens peut alors servir finalement à justement ne pas ressentir ces émotions douloureuses. Parce que, tout simplement, nous n’avons pas appris à le faire, parce que cela ne nous est pas autorisé dans notre famille, dans le collectif, par exemple. Mais aussi car nous pensons tout simplement ne pas avoir le temps. Et oui, dans la vie, il faut avancer, gérer le quotidien, faire face. Alors, écoutez cette petite voix intérieure qui murmure, avant de hurler très clairement, que quelque chose n’est pas juste pour nous, c’est un vrai défi. Pourtant, parfois, simplement se poser et reconnaître l’émotion permet de la transcender. Et ensuite, seulement. Une fois la situation dépassée, nous pourrons y trouver du sens, si et seulement si nous le souhaitons. Donc oui, parfois, il est bien trop tôt pour chercher du sens à ce que nous traversons. Nous sommes dans la situation, aux prises, avec nos biais cognitifs, comme on vient de le voir. Et cela, ça nécessite d’abord de se poser dans ce que nous vivons, de ressentir, afin… de savoir si la situation est ok pour nous ou non. Alors, je me rends compte qu’on a déjà vu beaucoup, beaucoup de choses dans cet épisode. Donc, pour peut-être ceux qui le souhaitent, vous trouverez la transcription écrite dans le descriptif de cet épisode si vous souhaitez reprendre tranquillement les différentes informations. Parce que je n’ai pas tout à fait terminé. Je voudrais compléter en mettant en lumière, justement, comment… repérer le point de bascule entre je cherche à comprendre et je suis en train de justifier l’injustifiable. Ça, j’espère que ça vous aidera, justement, la prochaine fois où vous poserez la question de où vous en êtes, est-ce que vous n’êtes pas en train finalement d’accepter l’inacceptable. Donc ce point de bascule entre les deux. En réalité, ce sont quand même des signaux faibles qui doivent être vérifiés ou entendus entre ces deux états. J’ai notamment parlé des émotions et très clairement les émotions sont un très bon indicateur. Quand finalement à l’autre on explique plus que l’on ressent, cela signifie souvent que nous sommes coupés de l’émotion pour tolérer ce que nos émotions ne peuvent plus tolérer. Je ne sais pas si je suis très claire, donc je vais le redire un tout petit peu différemment. L’émotion, comme je l’ai dit un peu plus en avant dans l’épisode, elle est là pour nous faire ressentir le fait que nos besoins ne sont plus respectés et qu’on n’est plus en accord. par exemple avec nos valeurs dans la situation. Si, au lieu de chercher à ressentir l’émotion, nous passons notre temps à expliquer ce que nous sommes en train de vivre, c’est que quelque part, nous sommes en train de nous déconnecter. Et forcément, si on est en train de se déconnecter de l’émotion, c’est que malheureusement, on est sûrement en train de basculer dans l’acceptation de l’inacceptable. Également, quand on justifie la situation, le travail, la relation, encore une fois, auprès des autres, tout simplement, ça, cela montre qu’il y a sûrement une bascule qui est en train de se faire. Tout simplement car une situation juste n’a besoin d’aucune justification. Allez, un exemple. Dire à nos proches, oui, mais tu comprends, mon conjoint, il a des problèmes en ce moment, c’est pour cela que c’est compliqué entre nous. Alors, Là, cet exemple-là, il peut peut-être surprendre car finalement, nous faisons cela assez souvent en réalité. Sauf que malheureusement, si ces justifications sont fréquentes, il est essentiel d’essayer de comprendre si la situation vécue est toujours en adéquation ou non avec nos valeurs. Enfin, un signal important est quand un élément d’une situation nous dérange, mais de moins en moins. Alors je vais prendre cette métaphore qui est bien connue de nos jours, qui est celle de la grenouille, qui ne se rend pas compte qu’on est en train de la cuire car le feu sous la marmite où elle se trouve augmente progressivement. Et bien tout comme cette grenouille, nous pouvons nous aussi nous habituer à la souffrance de la situation. Et malheureusement, pas à pas, ne plus ressentir que la situation ne nous convient plus. On arrive au terme de cet épisode et je voudrais vous inviter à deux réflexions, si vous le souhaitez, sur cette thématique que je trouve absolument essentielle. Tout d’abord, je vous invite à repenser à une situation où vous aviez cherché à beaucoup expliquer les choses. Et la question est, étiez-vous en train de comprendre ou de justifier ? Et la seconde question… pourra peut-être vous aider à envisager différemment une situation dans laquelle vous êtes actuellement. La question, elle n’est pas seulement pourquoi on justifie l’injustifiable, mais surtout, qu’est-on prêt à perdre pour rester lucide ? Voilà, allez, maintenant je vais m’arrêter là, car ce thème était très riche. Je remercie d’ailleurs l’auditeur qui m’a posé cette question, et j’en profite pour vous remercier très très chaleureusement. pour vos questions, vos commentaires, mais aussi vos notes et vos partages qui aident tout simplement ce podcast à grandir pas à pas. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve ! Très vite, dans un prochain épisode.