Épisode.pourquoi le vide nous fait-il si peur ?

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Aujourd’hui, je vais répondre à une question qui revient souvent quand on parle de vide existentiel, à savoir pourquoi le vide fait-il si peur alors qu’il ne contient rien. Nous allons parler de vide, parler de silence. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand,conférencière et formatrice, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. Alors, pourquoi ce vide nous fait-il si peur, alors qu’il ne contient rien ? C’est quand même étrange quand on y pense. Le vide, par définition, il ne contient rien. Pas de menaces, pas de dangers concrets, pas d’événements dramatiques. Et pourtant, il peut nous angoisser, mais alors profondément. Comment, c’est quand même fou, comment est-ce possible que quelque chose d’absent peut-il produire autant d’inconfort et puis autant de fuite, ni plus ni moins, parce que ce vide, on cherche à le fuir. Alors, peut-être que le vide, il ne nous fait pas peur en réalité pour ce qu’il est. Peut-être qu’il nous fait peur pour ce qui nous enlève en réalité. Le vide Il enlève le bruit, il enlève tout ce qu’on connaît dans nos quotidiens, les notifications, les urgences, les objectifs, les rendez-vous, et surtout les rôles à tenir. Il enlève quelque part ce mouvement permanent dans lequel on se sent exister. Parce que oui, tant que nous sommes occupés, nous pensons savoir bien tout simplement qui nous sommes. On se définit beaucoup dans notre société par ce que l’on fait. Je suis celle qui travaille, je suis celui qui organise, je suis celui qui réussit, je suis celle dont on a besoin. Mais quelque part, quand tout ça se suspend, s’arrête, quand l’agenda se calme, par exemple pendant les vacances, quand l’enthousiasme retombe suite à un projet, une expérience vécue, quand ce fameux projet ne fait plus vibrer, alors il nous reste quoi ? Eh bien en réalité, il reste un espace. Et dans cet espace, il n’y a plus de définition évidente de soi. Et c’est ça, souvent, qui est aussi inconfortable. Le vide ne contient rien, certes, mais en plus de ça, il nous retire des béquilles. Des béquilles identitaires, ni plus ni moins. Et sans lesquelles, malheureusement, on va avoir tendance à vaciller. Mais il y a autre chose quand même aussi, qui me semble important. C’est que le vide, il nous… confronte quand même à notre liberté. Parce que tant que quelque chose nous oblige, nous pousse, une ambition, une attente sociale, une urgence, nous avançons presque mécaniquement dans nos quotidiens. Ça, je trouve qu’il y a une illustration dans nos vies qui le montre très bien, c’est les transports en commun. Surtout le matin, en semaine, quand ils sont bien remplis. On est là, tous ensemble, justement presque un petit peu de manière mécanique, sans se regarder, le regard dans le vide, en train de scroller ou d’écouter quelque chose mécaniquement. Nous suivons quelque part un chemin bien tracé. Mais quand plus rien justement s’impose dans le vide, qu’aucun sens préfabriqué ne tient plus, et bien c’est là qu’une question apparaît. Et maintenant ? Et maintenant, qui je suis ? Et maintenant, qu’est-ce que je choisis de faire et de vivre ? Et ça, clairement, c’est vertigineux. Parce que si rien ne nous contraint, si rien ne nous définit, quelque part, l’entière responsabilité de qui l’on est nous revient intégralement. Le vide, oui, il ne contient rien. Mais par contre, il ouvre toutes les possibilités. Ce que je crois, c’est que c’est cet infini qui peut nous faire peur. Nous préférons bien souvent une direction très imparfaite à l’absence totale de direction. Et ça, comme je le disais, c’est vertigineux. Il y a aussi quelque chose dans le vide, autre chose dans le vide. Il y a quelque part une façon de nous raconter des histoires. Je m’explique. On vit en réalité dans des histoires. L’histoire de qui l’on est. de notre parcours, de nos blessures, de nos traumatismes, de nos projets, de ce que nous sommes en train de construire. Et quelque part, ce vide, il nous enlève ces histoires-là. Il n’y a plus de chapitre clair, plus de… Ben voilà, ça, je suis comme ça, voilà qui je suis, voilà où je vais. Et sans cette histoire, qui je suis ? Donc, on vient de le voir. ce n’est pas le rien qui nous effraie en réalité. C’est l’absence de ce que l’on se raconte pour exister. Nous, en tant qu’êtres humains, on est quand même profondément attachés à la continuité, à l’idée que notre vie, elle va quelque part. On l’a décidé presque depuis tout petit, quand on nous a demandé pour la première fois qu’est-ce que tu as envie de faire plus tard. Donc on a, comme ça, un chemin absolument presque tout tracé. Or, le vide, il suspend ce mouvement-là. Il crée une parenthèse. Et quand même, il faut être honnête, nous ne savons plus très bien de nos jours habiter les parenthèses. Mais il y a encore quelque chose de beaucoup plus subtil. Le vide, il nous met donc face à nous-mêmes, mais sans distraction, sans performance, sans validation. Et ça, j’en ai parlé, nous sommes devenus très très sensibles à la validation extérieure. Il nous met face à nous-mêmes aussi sans comparaison. Non, il n’y a plus que nous et juste nous. Et malheureusement, nous ne sommes pas toujours très à l’aise avec cette rencontre-là. Parce que malheureusement, dans le silence, ou plutôt même heureusement, dans le silence remontent parfois des questions que nous évitons. Des doutes, des fragilités que nous avons, une fatigue profonde. Ou simplement même un… une absence d’élan, quelque chose qui nous a quittés. Le vide, eh bien oui, il ne contient rien, mais il révèle. Il révèle ce qui ne tient plus. Il révèle aussi ce qui était porté par l’habitude plutôt que par le désir. Il révèle aussi ce qui était rempli pour éviter de ressentir. Alors peut-être que le vide, il n’est pas effrayant en lui-même. Peut-être qu’il l’est parce que c’est un espace de dépouillement. C’est un endroit où l’on cesse momentanément d’être quelqu’un de défini. Et cela, ça peut ressembler à une disparition. Mais clairement, ce n’est pas une disparition. C’est une suspension, un seuil. Un moment où les anciennes certitudes se retirent. Sauf que, malheureusement, les nouvelles, elles ne sont pas encore apparues. Et c’est cet entre-deux-là qui est très inconfortable. Nous adorerions que le vide soit immédiatement remplacé par un nouveau projet, un nouvel amour, une nouvelle idée, une nouvelle direction. Mais parfois, le vide, il demande simplement à être habité, pas rempli, habité. Je l’ai dit, nous ne sommes pas à l’aise avec la rencontre de nous-mêmes. On ne nous a pas appris tout simplement à juste nous aimer pour le simple fait d’exister. Notre société nous fait croire que nous avons de la valeur parce que nous performons. Performons dans nos familles, dans nos métiers bien évidemment. Donc nous avons la croyance que notre valeur est associée justement à ce que nous produisons, à ce que nous faisons. Et donc nous n’avons pas pris cette habitude-là de nous rencontrer et juste nous célébrer ou nous vivre sans le faire justement. C’est pourquoi peut-être que le vide nous fait peur. Parce qu’il nous apprend une chose que nous n’avons pas apprise. Rester. Rester là, sans solution immédiate, sans réponse claire. Et ni même sans mouvement spectaculaire. Sans faire, donc, comme je viens de le dire. Et découvrir que oui, nous existons quand même. Peut-être que le vide, il ne nous menace pas. Peut-être qu’en réalité, il nous dénude. Et on est bien d’accord, c’est pas confortable. Mais peut-être que derrière la peur, il y a une invitation. Celle de se rencontrer sans rôle, sans bruit, sans récit, prêt à l’emploi et à servir aux autres. Le vide, oui, il ne contient rien. Mais dans ce rien, il y a tout un espace possible. Et parfois, justement, c’est là que quelque chose de plus juste peut naître. Pas dans l’agitation, mais bel et bien dans le vide. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.

Épisode. Les mots-clés de la logothérapie

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Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode de clarification des concepts. Car aujourd’hui, j’ai eu envie de répondre à la demande d’un ami qui m’a suggéré de faire un glossaire des termes de la logothérapie afin de mieux comprendre justement les différents mots employés. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici. Une flamme s’allume, celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Il est vrai que quand on découvre la logothérapie et l’analyse existentielle de Viktor Frankl, on peut être quand même un peu perdu face à des termes qui sont quand même assez inhabituels. Alors, déjà, ces deux termes, analyse existentielle et logothérapie. Pour faire simple, l’analyse existentielle, c’est le volet conceptuel, c’est-à-dire le fondement théorique et diagnostique. Et la logothérapie, c’est l’application thérapeutique. Donc tout simplement la boîte à outils. Et les termes utilisés dans cette pratique, ils peuvent être quand même complexes, à appréhender au début, car assez inhabituel comme je le disais. En réalité, il s’agit de termes provenant de racines linguistiques anciennes, donc principalement grecques et latines, mais aussi de créations propres à Viktor Frankl. A ce titre d’ailleurs, je rappelle que Viktor Frankl, c’était un psychiatre et un neurologue autrichien de renommée internationale. Alors, même s’il est un peu moins connu en France, il est donc le créateur de la logothérapie, qui est considérée ni plus ni moins comme la troisième école viennoise, après celle de Freud et d’Adler. Frankl, il est également rescapé des camps de concentration. Et cette épreuve extrême a été un laboratoire de ses théories, notamment sur la capacité de l’homme à choisir son attitude, et cela même dans la souffrance. Le livre « Découvrir un sens à sa vie grâce à la logothérapie » est son ouvrage le plus célèbre, dans lequel il raconte son expérience des camps de la mort. Allez, détaillons maintenant les termes les plus couramment utilisés dans cette pratique. Tout d’abord, pour mémoire, car je l’ai déjà dit dans d’autres épisodes, le mot « logothérapie » , il est construit sur la racine grecque « logos » , qui signifie à la fois raison, esprit et par acception sens. La logothérapie est donc une thérapie par le sens. Prenons un autre terme, la noesis. Comme d’autres mots, celui-ci vient de noûs, qui en grec ancien signifie esprit ou intellect. Et c’est un terme central dans la philosophie grecque, notamment chez Platon et Aristote. Pour eux, le noûs est la partie la plus élevée de l’âme, celle qui accède à la vérité. Pour Frankl, la noésis renvoie aux capacités à chercher du sens, y compris dans la souffrance. Il s’agit donc d’une activité intentionnelle de l’esprit humain. Et tous les termes suivants découlent donc de cette noésis en logothérapie. Par exemple, le terme noétique qui est quand même très utilisé dans cette pratique-là. Il est d’ailleurs utilisé par Frankl, notamment pour désigner la dimension proprement humaine de l’individu, qu’il préfère appeler ainsi, plutôt que spirituel, pour éviter toute confusion religieuse. Par contre, c’est vrai que la différence entre noesis et noétique, elle est très fine et subtile. Je dirais que le mot noesis est un terme philosophique désignant l’acte intellectuel, Et noétique est la dimension spirituelle de l’être humain où se situe la volonté de sens. Il ne s’agit donc pas d’une pensée abstraite, mais de la dimension d’une personne où se situe la volonté de sens. Et beaucoup de termes de la logothérapie sont en réalité des dérivés de la noétique. On parle par exemple de projection noétique. Projection noétique, il s’agit d’un processus de la dimension spirituelle de l’être humain. Cette notion évoque une orientation de l’existence vers un but. et ou une valeur qui donne une cohérence aux expériences vécues. Il ne s’agit à nouveau pas d’une simple action de la pensée, mais bel et bien une mobilisation de la capacité noétique, ou spirituelle pour faire simple, même si on a vu que c’était un peu réducteur, mais gardons en tête spirituelle pour commencer à appréhender ce nouveau terme de noétique. Donc, une mobilisation… comme je l’ai dit, de la capacité noétique pour redéfinir le rapport à l’événement. Cette projection noétique permet par exemple de se projeter après une épreuve afin d’y trouver un sens. En logothérapie, on trouve aussi le terme de no-dynamique. Alors toujours pareil, ça vient de nous, donc la dimension spirituelle pour simplifier et pour comprendre le terme. Ce terme de noodynamique, c’est une tension entre ce que nous sommes actuellement et ce que nous aspirons à devenir et ou à accomplir. Il s’agit donc d’un moteur, mais aussi d’un principal facteur de santé mentale, car cette noodynamique nous incite à être acteurs et actrices de notre quête de sens. La perte de la noodynamique est d’ailleurs l’une des manifestations de la détresse et du vide existentiel. Allez, je continue avec un autre terme, la névrose noogène, qui, elle, résulte d’un conflit au niveau du domaine noétique, c’est-à-dire du manque ou de la perte de sens. Ces névroses sont donc celles qui trouvent leur origine dans la dimension spirituelle plutôt que psychologique. Elles naissent d’un conflit spirituel, d’une crise existentielle ou bien sûr d’une perte de sens. Bon, allez, à ce stade, j’espère ne pas vous avoir trop perdu. Vous retrouverez la transcription complète de cet épisode dans sa description et j’espère que ça vous permettra, si vous le souhaitez, si ça vous intéresse, de reprendre justement ces termes tranquillement. D’ailleurs, il y aurait plein d’autres termes à définir, car la théorie de Viktor Frankl, elle est quand même riche et complexe. Or, mon but, ce n’est certainement pas d’être un podcast théorique. s’adressant à un public très averti. Mon objectif avec ce podcast, il est de mettre la beauté de la logothérapie au service de tous et toutes. Je vais donc seulement définir deux autres termes, déjà plus connus, car ils sont utilisés dans de nombreux accompagnements. Et donc ces deux termes sont la maïotique et le dialogue socratique. Les deux sont en réalité des outils du thérapeute de l’accompagnant. La maïotique, c’est le terme… issu de la tradition socratique qui est utilisée pour décrire la stratégie de dialogue du professionnel avec son patient ou avec son accompagné. Le but est d’aider le patient à accoucher de ses propres raisons de vivre et de ses valeurs cachées, notamment. Et le dialogue socratique, lui, décrit la méthode de communication utilisée, à savoir une posture non directive de questionnement permettant aux patients de trouver ses propres réponses. Voilà, je vais donc m’arrêter là, dans cet épisode un petit peu atypique, dont le but était d’éclaircir certains termes, clés de la logothérapie. Je suis bien sûr à votre disposition dans les commentaires pour continuer à échanger si besoin sur ces termes-là. Éventuellement, pourquoi pas, si ça vous intéresse, je pourrais rentrer un petit peu plus dans… la théorie et les termes utilisés en logothérapie, mais je pense que là, à ce stade, c’était important pour moi de revenir principalement sur cette dimension de la noétique autour de laquelle finalement tous les termes utilisés en logothérapie tournent. Donc la noétique qui est la dimension spirituelle de l’être humain. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. À bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Astuce de communication pour remplacer « oui mais »

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Je vous souhaite la bienvenue dans ce court épisode, cette étincelle. Aujourd’hui, je vais vous proposer un petit outil de communication interpersonnelle et je vais bien sûr vous expliquer quel lien je fais avec la recherche de sens. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. J’ai donc envie aujourd’hui de vous parler d’une technique très simple et pourtant très puissante de communication. Alors, pourquoi la communication dans un podcast sur le sens ? Ce que nous avons vu dans les épisodes précédents, c’est que le sens se vit notamment dans la relation aux autres. Ainsi, ce qu’on doit comprendre, c’est que bien évidemment, parfois, le sens se vit dans de très grands projets, tels qu’avoir des enfants ou avoir de grands projets professionnels. Et puis, souvent aussi, le sens se vit dans des toutes petites choses du quotidien. Ces petites choses qui nous font sentir plus vivants, plus alignés, notamment avec nos valeurs. Ce ne sont donc pas forcément des moments spectaculaires, mais des moments où quelque chose en nous se déploie, s’ouvre. Donc oui, à mon sens, les petits outils de communication ont parfaitement leur place dans ce podcast et nous en verrons d’ailleurs pas mal. Alors du coup, personnellement, avant d’être logothérapeute, j’étais médiatrice familiale. Je le suis toujours quelque part. Et je suis devenue médiatrice familiale justement pour ce que je viens de vous expliquer. Parce qu’en apprenant plein de techniques pour gérer mes conflits comme ceux des autres, je vivais plein de moments eureka. comme on dit, où finalement j’étais plus en accord avec mes valeurs. Et donc, parce que j’apprenais à manier des outils de communication. Eh bien, c’est exactement ça le sens en réalité. Voilà, donc pourquoi ces étincelles, pour reprendre le titre du podcast ? Et ce que j’espère sincèrement, c’est que vous appropriez ce que je vais vous proposer au cours de ces étincelles vous produira, vous aussi. des moments plus grands, qui vous permettront de vous mettre ou de vous remettre sur votre chemin vers le sens. Alors, ce premier outil de communication, quel est-il ? Eh bien, ça va être de remplacer la locution « oui, mais » que tout le monde, on est bien d’accord, utilise. Alors, je suis persuadée, je vous vois déjà lever les yeux au ciel. Bien sûr qu’on ne peut que lever les yeux au ciel quand on entend un « oui, mais » . Ça nous agace profondément. Car on sait très bien que ce qu’il y a derrière le mais, lui aussi va nous agacer. Pourtant, à la base, c’est très positif cette locution. On valide l’autre par un oui. Mais malheureusement, directement ensuite, on y va dans l’opposition avec un mais. Et bien souvent, soyons honnêtes, ce oui mais, c’est ni plus ni moins l’équivalent d’un non. Donc l’idée, ça va être de remplacer cette locution. Par autre chose. Alors, on va garder le oui, bien évidemment, parce que lui, il est positif. Mais, on va remplacer le mais. Alors, comment on peut faire ça ? Eh bien, en remplaçant par oui et. Oui et à la fois ou oui et aussi. Et si on était dans l’opposition avec notre oui mais, là, on est dans la complémentarité avec le oui et. Ça signifie, symboliquement, tu as ton avis, j’ai mon avis. Et à la fois, on peut quand même continuer à discuter. Et ce « oui et » , il est utilisable absolument dans toutes les situations où vous êtes tenté de dire « oui mais » . Un exemple, allez tiens avec votre adolescent qui vous demande « je peux sortir ce soir ? » On pourrait être tenté de lui répondre « oui, mais tu rentres à 23h » . Donc l’idée, ça va être de remplacer par « oui » et à la fois « tu rentres à 23h » . Donc vous voyez, c’est vraiment utilisable dans tout contexte où on est tenté d’utiliser ce fameux « oui mais » . Alors vous pensez peut-être, à juste titre, que c’est une toute petite chose. Eh bien oui, vous avez parfaitement raison, oui. Bien sûr que c’est une toute petite chose dans la communication. Eh bien justement, le secret d’une bonne communication, ça passe. par ces petits détails. Bien évidemment, il y a plein d’outils à disposition d’une meilleure communication. Mais c’est dans des micro-choses comme ça que, pas à pas, on va faciliter justement nos interactions. Testez-le et vous verrez que cette petite locution, elle est souvent reçue beaucoup plus facilement par l’autre. Et en plus de ça, il y a quand même quelque chose à comprendre. Si toute la journée, on utilise oui mais, Eh bien, toute la journée, ni plus ni moins, nous sommes dans l’opposition à l’autre. Si on remplace cette locution par un « oui et » , eh bien, on rentre dans la complémentarité. Et en plus de ça, on va bosser inconsciemment notre vision du monde. Alors, la vision du monde, j’en ai largement parlé dans un épisode dédié. Donc, je vous renvoie vers cet épisode et je mettrai bien sûr le lien en description. Et donc remplacer ce « oui mais » par un « oui et » , ça nous fait travailler consciemment et inconsciemment la vision du monde comme je le disais. Tu as ton avis, j’ai mon avis et pourtant nous ne sommes pas dans l’opposition même si les avis semblent complètement opposés. Alors l’idée n’est certainement pas par contre de remplacer le « mais » tout seul. Pourquoi ? Parce que tout simplement déjà ça serait impossible et surtout le mais, donc cette conjonction mais est quand même très intéressante, notamment en rhétorique. Pourquoi ? Parce que si on utilise deux bouts de phrases ou deux phrases qui semblent opposées et qu’on y met un mais au milieu, ce qu’il y a derrière le mais sera beaucoup plus facilement retenu. Je vais prendre un exemple tout de suite pour illustrer. si je dis par exemple Il serait bon d’arrêter de fumer mais ça va être difficile. C’est le mais ça va être difficile qui va être plus facilement retenu. Si à la place de ça, on dit à l’autre ça va être difficile d’arrêter de fumer mais c’est important pour ta santé. Eh bien, on entend bien que ce qu’il y a derrière, donc à savoir c’est important pour ta santé, sera plus facilement retenu. Voilà, donc je ne parlais pas de la conjonction mais parce qu’elle est intéressante. et importante à conserver, mais bien de la locution, oui mais, qui elle, malheureusement, souvent, crée une difficulté relationnelle. Alors, je disais, c’est un tout petit outil qui est simple et facile à mettre en place et pourtant puissant, et à la fois, ça prend quand même du temps pour modifier comme ça nos habitudes. Les professionnels de la communication, on a l’habitude de dire que chercher à mettre en oeuvre ces nouveaux outils, eh bien, c’est un petit peu comme apprendre une langue étrangère. Au début, on n’est pas à l’aise, on cherche nos mots. Et puis, plus on va s’entraîner, plus on peut devenir bilingue. Eh bien, c’est exactement ça aussi, apprendre de nouveaux outils de la communication dite bienveillante. C’est faire le travail, faire l’effort justement pour progresser pas à pas. Et ensuite, ça peut. complètement devenir une seconde nature. Alors, ce que j’aimerais beaucoup, c’est que vous testiez justement cette petite locution et puis pourquoi pas que vous veniez me dire sur Instagram ou ici, dans les commentaires, ce que ça a donné pour vous, quels sont les résultats, si justement vous avez testé avec votre adolescent comment il l’a reçu, cette phrase-là. Je serais donc ravie d’avoir de vos nouvelles. Mais en attendant… Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.

Épisode. Pourquoi et comment perdons-nous le sens ?

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Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode au cours duquel nous allons explorer la perte de sens, afin de comprendre ce qui la déclenche, et pourquoi un jour, alors que tout semble aller de soi, quelque chose s’écroule en nous. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici. Une flamme s’allume, celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Depuis tout jeune, nous recevons clairement l’injonction de réussir notre vie. Bien sûr, selon les normes de la société. On attend de nous d’avoir un projet depuis le plus jeune âge. Et on reçoit les projections de nos parents, les étiquettes de nos éducateurs et les injonctions de la société. Plus tard, ce sont les réseaux sociaux et leur modèle de pseudo-perfection qui nous amènent à croire qu’il s’agit là du sens de la vie. Il y a aussi le développement personnel qui nous fait croire que tout est possible. Niant, d’ailleurs, au passage, l’état du monde, les aspects sociologiques, mais également nos propres limites. On nous fait croire que quand on veut, on peut. Et pire, on glisse comme ça dans un discours culpabilisant qui indique que, clairement, si on n’a pas atteint la vie considérée comme réussie, et je mets bien de gros guillemets, eh bien cela serait notre faute. Et ça, eh bien ça nous déconnecte pas à pas de qui l’on est, de nos valeurs, mais aussi de nos buts. Mais cela fige aussi le réel, afin que nous puissions lui donner un sens. Et je vais m’en expliquer un petit peu plus en détail. Alors, pourquoi, eh bien tout cela, tout ce qui nous a été transmis comme le but de notre vie, tout ce qu’on a construit, s’écroule un jour et nous nous retrouvons dans le vide, la perte de sens. Alors, comme je l’ai dit, nous sommes déconnectés en réalité de ce qui compte vraiment pour nous, notamment en lien à la pression sociale ou familiale, comme je l’ai indiqué un tout petit peu plus tôt. Nous nous éloignons également de nos valeurs profondes. D’ailleurs, je ferai un épisode dédié aux valeurs, tant nous en sommes en réalité très éloignés, déconnectés, et nous avons besoin. justement de nous y reconnecter quand on parle de quête de sens. Mais à ce stade, on peut déjà comprendre que si nos actions quotidiennes sont déconnectées de ce qui compte réellement pour nous, donc de nos valeurs, la perte de sens finira forcément par naître. Nous avons d’ailleurs fait nôtre des contre-valeurs et des pseudo-valeurs, c’est-à-dire des valeurs que nous croyons être les nôtres, mais qui sont… en réalité celles de notre entourage au sens très large. Et ces pseudo-valeurs, contre-valeurs ne nous nourrissent plus, ce qui amène une perte de sens, bien évidemment. Mais aussi, et peut-être surtout, la manière dont on avait structuré le monde peut s’écrouler et nous tombons donc dans la perte de sens. Il faut comprendre que nous avons organisé notre monde intérieurement. Mais un jour, Le réel, tel que nous voulions qu’il soit, ne répond plus. Et nous vacillons. Car nous avions créé un cadre qui faisait tenir ensemble nos expériences, notre lecture du monde, et le fait que notre vie avait selon nous un sens. De manière très inconsciente, il s’agissait de notre colonne vertébrale permettant d’être au monde. Mais un jour, malheureusement, les croyances que nous avions basculent. Notamment, par exemple, car une expérience les remet en question. Ainsi, nous avons notamment tous, plus ou moins marqués, un biais cognitif nommé l’hypothèse d’un monde juste. L’humain, il a en effet besoin de penser que le monde est lisible, notamment un monde où chacun récolterait ce qu’il sème. Ce biais, il est sans doute lié à notre besoin profond de sécurité et bien évidemment aussi aux religions qui ont profondément marquées nos sociétés, notamment en nous expliquant que nos bonnes actions seront récompensées et nos mauvaises punies. Consciemment ou inconsciemment, nous attendons donc que les malheurs ne frappent pas les bonnes personnes. On le voit d’ailleurs avec cette formule très souvent entendue, il ou elle ne mérite pas cela. Car oui, parfois, nos bonnes actions ne paient pas, et ce sont même les méchants qui gagnent. C’est enfantin, n’est-ce pas, dit comme ça. Pourtant, ce biais, lui aussi, il est très enfantin. Mais il est bel et bien là, à l’œuvre, chez beaucoup d’entre nous. Ou alors, autre exemple, pour ceux qui y croient, Les prédictions astrologiques ne se réalisent pas. Et nos croyances ne nous permettent plus alors de croire à un monde lisible, compréhensible. Et tout s’écroule. Car oui, la perte de sens n’est pas forcément liée à un travail, par exemple, qui nous paraît désormais sans intérêt. C’est bien plus profond que cela. C’est un abîme qui s’ouvre sous nos pieds quand tout ce à quoi on croyait n’a plus lieu d’être. Et à nouveau, cela est valable quel que soit le sens qui est le vôtre. Ainsi, si vous pensez que la vie n’a aucun sens, et donc qu’il n’y a par exemple qu’à profiter, vous décrivez le sens de votre vie en parlant de ça. Mais peut-être qu’un jour, tout cela vacillera aussi, en avançant en âge par exemple, ou encore dans l’épreuve de la maladie. Et vous vous rendrez compte alors que sans le vouloir, vous avez aussi cherché à laisser une trace dans le monde par votre présence, votre humour notamment, mais qu’aujourd’hui, ce n’est pas suffisant. Et l’abîme sera là également, différent bien sûr, mais pleinement à l’œuvre. Voilà comment la perte de sens peut arriver. Cette perte de sens, elle peut se repérer à différentes choses, notamment un manque de motivation persistante, une fatigue physique ou émotionnelle. Un sentiment d’être perdu, de ne plus savoir pourquoi on fait les choses. Le fait aussi de se sentir détaché de tout, des autres, de ceux qui nous nourrissaient autrefois. Cette perte de sens, elle s’installe souvent insidieusement. Et on retrouve d’ailleurs différentes étapes à la perte de sens. En logothérapie, on décrit trois niveaux d’atteinte de la noétique, c’est-à-dire de notre capacité à trouver du sens à la vie. En effet, le vide existentiel est en réalité la dernière étape d’un processus progressif et parfois insidieux. Alors, ces différentes étapes. Tout d’abord, arrive la frustration existentielle. Dans cette première étape, se manifestent des sentiments de manque, d’incomplétude. On peut se lever chaque matin sans envie, avec cette désagréable impression d’être en pilote automatique. On commence alors à ressentir que nous ne sommes plus vraiment alignés avec nos réelles valeurs. Cette frustration existentielle, c’est alors un appel à la réflexion, permettant de redéfinir notamment ses objectifs. C’est une étape où nous sommes encore pleinement acteurs de notre recherche de sens, car bien souvent nous cherchons activement à résoudre ce conflit intérieur. Malheureusement, si on n’arrive pas à résoudre ce conflit intérieur, survient ou peut survenir la détresse existentielle qui arrive lorsque la frustration existentielle perdure. Et bien évidemment, à cette étape, les symptômes s’intensifient. On peut alors ressentir un profond sentiment d’échec et ou d’impuissance. De l’anxiété aussi. Et là, cette étape, elle se fait quand même… beaucoup plus douloureuse, car on sent bien qu’on est dans l’incapacité de trouver du sens à sa vie. Ou plutôt, on croit être dans l’incapacité. La capacité à agir pour chercher du sens à sa vie, voire trouver, donc ce que l’on nomme en logothérapie la no-dynamique, elle diminue fortement ou devient désespérée. Puis peut arriver le dernier stade du vide existentiel. Alors à cette étape, le sentiment de vide, il est clairement généralisé. Plus rien ne peut trouver sens à nos yeux. De ce fait, la perte de motivation noétique, donc pour trouver ou retrouver du sens à sa vie, cette perte de motivation, elle est totale. Frankel, le créateur de la logothérapie, décrit un véritable effondrement de la capacité à chercher du sens, car l’individu perd finalement tout lien avec le sens. Et il sombre dans une véritable inertie existentielle. D’ailleurs, de manière logique, cette étape est quand même souvent associée à des troubles psychiques, tels que la dépression. Bien évidemment, on ne va pas avancer sur le retour vers le sens de la même manière selon le degré d’atteinte noogène, donc j’explique encore ce terme noogène, c’est-à-dire la capacité à trouver du sens à sa vie. Ainsi, lors de la frustration existentielle, le logothérapeute est là pour aider à renforcer le sens déjà identifié, à l’actualiser et à soutenir des actions visant la mise ou la remise en œuvre du sens dans sa vie. Lors de la détresse existentielle, là, il va être important de comprendre les freins qui empêchent la mise en œuvre des projets existentiels afin d’aider à les lever. L’objectif à cette étape-là, il est donc de retrouver la motivation noétique, c’est-à-dire la motivation à chercher du sens. Enfin, La période de vide existentiel, elle est bien sûr la plus sensible. Mais même dans cette phase, la dimension noétique reste la part intacte de la personne en réalité. Cette personne qui conserve sa dignité et sa capacité à donner un sens à sa vie, malgré les épreuves. Ça je crois que c’est quelque chose de central à comprendre quand on est dans cette phase extrêmement douloureuse de vide existentiel. Vraiment cette… Cette part-là en nous qui cherche un sens à sa vie, elle restera toujours intacte. Et ça, il faut vraiment, je pense, le garder comme une petite lumière au bout du tunnel. Cette part-là, elle est là. Elle est en attente et elle est là pour nous soutenir, pour sortir de cette phase de vide existentiel. Et quand on accompagne justement des personnes dans cette situation-là, l’objectif, il va être alors notamment de rechercher et de mettre en lumière. les valeurs, afin bien sûr de pouvoir s’y reconnecter pour aider la personne à retrouver une dynamique, pour l’aider à mener sa quête de sens. Allez, revenons aux causes de la perte de sens. Bien évidemment, l’une des causes possibles est aussi liée aux transitions ou étapes de la vie. Ainsi, les crises de sens, elles surviennent souvent à des âges charnières que sont les changements de dizaines. D’ailleurs, ces étapes, elles sont très clairement documentées, largement documentées, et l’on sait que chaque changement de dizaine amène son lot de questionnements. On parle d’ailleurs de crise, de la cinquantaine, de la trentaine, de la quarantaine, et ainsi de suite. Ainsi, par exemple, la trentaine vient notamment questionner le sens de la vie tel qu’elle est proposée par notre société. Mariage, enfants, crédit maison. La cinquantaine, elle, voit notamment la conscience de la mortalité s’affiner, et avec, bien sûr, son lot de pertes de repères. Les événements traumatiques, aussi, tels que un deuil, une perte d’emploi, un accident, une séparation, etc., peuvent aussi être déclencheurs, de manière très logique, d’une perte de sens. Et on recoupe là avec ce que j’ai indiqué plus haut. Nous avons structuré, figé le monde selon notre définition. C’est-à-dire… notre situation familiale, professionnelle, sociale, notre situation physique également. Et tout changement peut alors provoquer une profonde remise en question du sens de notre vie. Ce qui est surprenant, c’est que même si nous sommes quand même bien informés au sujet de ces fameuses « crises » liées à nos changements dizaines par exemple, nous ne nous rendons pas forcément compte immédiatement que nous glissons doucement mais sûrement dans la frustration existentielle, voire dans le vide existentiel. Alors, pourquoi ce paradoxe ? Déjà, car il n’est souvent pas facile de regarder ces situations bien en face. Nous avons légitimement tendance à fuir nos ressentis, notamment car ces questions peuvent être extrêmement anxiogènes. Par exemple, quand elles nous renvoient à notre finitude. Si je me pose la question du sens de ma vie, J’ai naturellement tendance à me projeter vers la fin, pour savoir si je pourrais la considérer comme réussie ou non. Or, la peur de la mort, plus ou moins conscientisée, est celle que l’humain cherche naturellement à fuir. Un autre aspect qui nous éloigne de la prise en compte de notre frustration existentielle est bien sûr les normes de notre société. J’en ai un petit peu parlé en introduction de ce podcast. Ainsi, il est présenté comme naturel de répondre à un certain escalier existentiel. Alors, escalier existentiel, j’emprunte ce terme à la sociologie des relations, notamment des relations sentimentales. Dans cette notion-là, il est indiqué que beaucoup de relations sentimentales se lancent sur un escalier, tel qui nous est présenté depuis toujours, à savoir rencontre, puis flirt, puis engagement, puis vie commune, puis enfant et ou mariage, etc. Et dans ce concept, il est précisé qu’il est bien difficile de questionner justement la sortie de l’escalier lorsque nous sommes engagés dessus, tant ça nous a été présenté comme quelque chose de absolument normal et même souhaitable. C’est la même chose finalement pour nos vies toutes entières en réalité. Le fameux escalier, études, premier emploi, premier logement, rencontres sentimentales, escalier de la relation, achat d’un pavillon avec un crédit sur 25 ans, puis retraite. Cette norme qui nous est présentée comme désirable depuis toujours a profondément façonné la représentation de notre vie. Et il est souvent malheureusement lent et difficile de se rendre compte que ces modèles-là nous ne conviennent pas et que nous voulons même sortir de cet escalier. La chute, elle peut alors être très brutale, notamment si nous avons attendu bien trop longtemps. Autre point qui explique les phases de perte de sens, c’est que nous avons collectivement appris à compenser l’absence de sens. Dans les temps anciens, le sens, il était donné par la religion. Alors, je l’ai déjà dit dans d’autres épisodes, je n’ai absolument pas d’avis sur est-ce que c’est bien ou est-ce que c’est mal. J’évoque juste un état de fait. Donc, dans les temps anciens, c’était la religion. Et de nos jours, c’est à nous de créer le sens. Et certes, liberté là, elle est clairement vertigineuse. Et face à ce vertige, nous avons laissé à d’autres, notamment la société de divertissement et ou de consommation, de nous trouver du sens. Nous remplissons alors nos vies pour ne pas ressentir l’absence cruelle de sens de celles-ci. Nous consommons du divertissement, nous utilisons des distractions stériles telles que les réseaux, nous cherchons des sensations fortes donnant l’illusion de se sentir vivant, ou encore nous faisons en sorte de faire ce qu’il faut. pour une vie réussie telle que cela nous est dictée par le collectif. Le problème alors n’est pas que nous avons perdu le sens, c’est que nous l’avons remplacé sans même nous en rendre compte. Alors, après tous ces questionnements-là, que faire pour retrouver du sens ? Eh bien j’en suis désolée, mais la réponse n’est pas l’objectif de cet épisode et j’espère que vous l’avez compris. Pourquoi ? Car… justement, nous devons veiller à ne plus chercher à remplir artificiellement. Cette perte de sens a un sens, justement, et elle doit même être goûtée, savourée, même presque, j’oserais dire, car elle nous ramène en réalité sur notre chemin. Elle nous réveille en nous disant « assez » . Prenons le temps de la contempler pour comprendre ce qu’elle dit de nous, de nos choix et de nos vies. Plus tard, c’est promis, on réfléchira à comment se remettre ensemble sur le chemin du sens. La logothérapie a plein d’outils à vous proposer pour cela, le développement personnel aussi, puisque je l’ai dit, il ne faut pas non plus tout rejeter de ces apports-là. Donc oui, on verra beaucoup de choses pour réfléchir à tout ça. Mais aujourd’hui, vraiment, j’avais envie de vous parler de cette étape-là de perte de sens. tant elle est… à la fois déstabilisante et à la fois belle. Tant elle nous invite à plonger en nous, à plonger dans tout ce qu’on a mis en œuvre dans nos vies pour justement mettre à distance en réalité ces ressentis de « je ne suis pas à ma place » . Donc oui, cette perte de sens, peut-être que vous êtes dedans, peut-être que dans ce cas c’est profondément douloureux. essayer en effet d’y rester, essayer de l’entendre, d’écouter cette perte, d’écouter ce vide. Et là, il pourra vous aider à vous remettre sur le chemin. Alors ça peut quand même paraître étrange, voire carrément nébuleux, que je dise que rester dans le vide, donc dans le silence, nous remettra sur le chemin vers le sens. Cela va même clairement à l’encontre de ce que l’on nous assène en permanence lorsque nous traversons une période difficile, à savoir qu’il faudrait faire, faire, faire pour en sortir. Rester dans le vide, donc dans le silence, est sans aucun doute l’une des expériences les plus inconfortables et déroutantes pour l’être humain. On l’a vu, tout nous incite à le fuir. Il faut consommer, se distraire, remplir nos agendas et nos vies. Comme s’il fallait absolument combler ce vide pour exister. Et pourtant, c’est peut-être précisément là que quelque chose se joue. Car le vide… ce n’est pas un manque, mais un espace. Mais ce qui le rend si déroutant, c’est que dans cet espace, il n’y a plus de rôle à jouer, plus de positionnement à tenir. Il n’y a plus que soi, dans un face-à-face avec soi-même. Alors oui, ce face-à-face, il peut être très anxiogène, car nous n’avons souvent jamais appris à nous rencontrer réellement. Or, dans cette rencontre silencieuse, Quelque chose peut commencer à naître. Les bruits intérieurs, composés notamment d’injonctions extérieures, peuvent commencer à se taire. Et justement, le sens ne se trouve pas dans le bruit. Et bien souvent, il apparaît même quand on cesse d’essayer de le saisir à tout prix. Et ce silence, il peut permettre à quelque chose de plus profond de remonter. C’est cette ouverture. cette disponibilité créée par la perte de sens, puis le vide, qui nous permet d’être plus attentifs à ce qui soupire en nous. Ce soupir, ce murmure, qui ne crie donc pas, mais insiste depuis longtemps, le silence permet alors de l’entendre. Le sens de la vie ne se décrète pas, il ne vient pas de l’extérieur. Il est cette voix en nous qui nous montre le chemin, notre chemin. Pour clôturer cet épisode, je vais quand même simplement vous inviter à réfléchir à une question, de celle justement qui invite à ressentir la frustration existentielle, alors même qu’elle n’est encore que balbutiante, à savoir, où suis-je encore engagée, mais sans vraiment y être ? Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Éloge de l’imperfection

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Transcription automatique par Ausha :


Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode au cours duquel j’ai envie de vous parler d’un obstacle à la quête de sens, à savoir la recherche de perfection. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, une pensée. Un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. Dans cet épisode, nous allons donc faire ensemble l’éloge de l’imperfection. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le sens, eh bien, il se nourrit d’authenticité et de liberté d’être. Or, La quête de perfection qui est imposée clairement dans notre société est un obstacle notamment à ces deux points. Alors ce sont par exemple les réseaux sociaux, la publicité qui nous montrent en permanence des standards de vie, de beauté qui sont proclamés comme parfaits. Sauf que le seul but de ces standards, c’est ni plus ni moins nous faire consommer encore et encore, tout simplement car ils sont inatteignables. Et même si nous savons très bien que ces standards ne peuvent certainement pas être attrapés, une part de nous l’espère et veut y croire quand même. Parfois, on est bien d’accord, c’est très inconscient, mais c’est quand même quelque chose qui est à l’œuvre. Pourquoi ? C’est notamment lié au biais de conformisme, c’est-à-dire un phénomène psychologique qui est largement démontré de nos jours. Ce biais de conformisme, il indique que nous sommes amenés à modifie nos opinions, nos comportements, nos choix, pour se conformer aux normes sociales et ou aux opinions majoritaires. Alors en entendant ça, il y a toujours une part de nous qui a tendance à être surpris et donc à rejeter ce biais dit de conformisme. Et c’est normal, car forcément ça nous dérange. Pourtant, ça a été largement étudié et prouvé. Et d’ailleurs, cela s’explique très aisément que nous avons tous ce biais de conformisme, tout simplement parce que nous sommes des animaux sociaux et nous avons clairement besoin d’être intégrés. D’ailleurs, nous savons très bien que pour notre cerveau, tout vaut mieux que l’exclusion. Alors, l’idée, bien évidemment, ce n’est pas de dire que consciemment, on souhaite avoir la même vie que les influenceurs. Mais malgré tout, la société nous envoie un message que c’est un standard qui est… désirable, et nous vend cela ni plus ni moins comme une perfection. Alors, pour mieux comprendre ce phénomène-là, mettez derrière le mot « influenceur » ce qui vous parle, bien sûr, parce que je ne parle pas forcément de ceux de la télé-réalité. Pensez peut-être tout simplement aux runners que vous suivez ou à des parents adeptes d’éducation bienveillante. Ce sont alors des normes de perfection qui sont sans cesse présentées. Et une part de nous, quelque part, se dit « pourquoi pas moi ? » D’ailleurs, un autre exemple, tout simple pour illustrer. Est-ce que, soyons très honnêtes, on n’a pas vu une nouvelle tendance, par exemple, par rapport à certaines chaussures, et quand on les a vues, on s’est dit « non, mais ça, c’est juste pas possible, c’est horrible » . Et puis, à force de les voir, de les voir et de les revoir encore, pourquoi pas, finalement ? Ça, ce n’est pas que le biais de conformisme, c’est aussi le biais de ce qu’on appelle de simple exposition. Mais voilà, un petit peu pour illustrer le propos qu’à force de nous montrer certains standards, on finit quelque part à les croire désirables. Et de là peut découler cette fameuse recherche de perfectionnisme. Or, le perfectionnisme, notamment dans sa volonté de faire ou vouloir toujours plus, amène quelque part une perte de plaisir. Un acharnement, du stress bien évidemment, une peur de l’échec aussi, et également bien sûr une perte de confiance en soi. Alors dit comme ça, on est clair, ça ne fait pas du tout envie. Sauf que malheureusement, ce perfectionnisme dans notre société se développe de plus en plus, ou en tout cas cette recherche de perfectionnisme. Or pas à pas, cela peut même créer quelque part de l’isolement social, par peur de ne jamais être assez. Et bien sûr, ça amène aussi une impossibilité d’oser, de tenter des choses qui ne seraient pas parfaites. Or, pour vivre une vie remplie de sens, il faut notamment réussir à tester, à oser, à échouer aussi, et puis à recommencer ailleurs ou autrement. Il faut donc réussir à se débarrasser du perfectionnisme. D’ailleurs, nous devons comprendre que le perfectionnisme, il ne s’intéresse finalement qu’au manque, niant au passage le chemin parcouru et le potentiel. Car oui, parfois, l’échec sera plus porteur de sens qu’une réussite attendue, finalement. En plus de ça, d’ailleurs, j’utilise le terme d’échec, mais clairement, il n’est pas juste, c’est pas le bon terme. On devrait vraiment apprendre à le remplacer par expérience. D’ailleurs, imaginons un petit enfant qui apprend à marcher. Heureusement qu’à chaque fois qu’il tombe, il n’est pas en train de se dire qu’il est nul et qu’il n’y arrivera jamais. Non, bien évidemment, il est sûr de son succès à venir et donc il se relève et recommence. L’enfant, il ne considère pas chaque tentative comme un échec, mais bel et bien comme une expérience. Autre exemple, si vous ne réussissez pas un examen, on peut tout simplement le voir comme une simple information qui nous précise là où on doit encore travailler. Alors changer le terme d’échec par expérience, ce n’est pas juste de la sémantique, c’est ni plus ni moins à mon sens. comme un changement profond de philosophie de vie. Car c’est en sortant de cette croyance liée à l’échec qu’on peut pas à pas aussi faire taire le perfectionnisme. Car je le disais, le perfectionnisme est clairement un obstacle à la quête de sens. Je l’ai déjà dit aussi, mais c’est important de bien le comprendre. La quête de sens, elle se nourrit de créations, de tentatives, du fait d’oser des choses. Or, lui, le perfectionnisme, il nous incite à refuser l’expérience du chemin et l’imperfection. Mais ce que nous devons comprendre, c’est que l’imperfection, c’est la vie en réalité. La vie, elle est mouvement, changement perpétuel et harmonie. Alors, pourquoi le terme d’harmonie ? Eh bien, car c’est ce terme qui devrait être privilégié finalement au terme de perfection. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on ne vit jamais de moment parfait, par exemple. Non, si on regarde en détail, un moment qu’on a aimé, il faisait peut-être un peu trop chaud, il y avait peut-être trop de bruit, mais nous étions bien dans un moment donc harmonieux. Également, un artiste, il ne cherche certainement pas à créer une œuvre parfaite. Tout simplement parce que sinon, il ne pourrait jamais la terminer. Il cherche donc… plutôt à arriver à une harmonie, à quelque chose qui lui convient. Nous devons donc tous accepter de rechercher plutôt l’harmonie et de vivre, voire de célébrer nos imperfections. Ce sont notamment nos imperfections qui pourront éclairer notre quête de sens. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que nous croyons à tort que le sens, c’est une mission. Il devrait donc être associé à un métier, une réussite sociale. Or, le sens, il ne répond certainement pas à une logique consumériste. Il se découvre notamment dans l’expérience. Alors, je ne parle pas de vous mettre au tricot si cela ne vous appelle pas. L’idée n’est pas forcément de tout explorer à nouveau comme une nouvelle injonction à trouver le sens. Non, au contraire, le sens, il survient notamment lorsque nous sommes en accord avec nos valeurs. Et ces valeurs, souvent, elles trouvent leur source aussi dans les petites expériences du quotidien. Dans la qualité du lien, par exemple, que l’on peut avoir avec les autres, ou encore dans la façon d’être au monde. Mais pour cela, nous devons réussir à accepter que nous sommes des êtres humains qui ne font que de leur mieux. Donc… des êtres humains très imparfaits, dans un monde qu’il est tout autant. Réussir à faire taire le critique intérieur qui nous assène notamment de performer, d’être parfait. Pour faire exister cette part de nous qui, elle, ne demande qu’à explorer, à vivre ses imperfections et à rechercher quelque chose d’harmonieux. Ainsi, nous pourrons retrouver le plaisir d’être. Plaisir qui pourra alors… peut-être nous remettre sur le chemin du sens. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.

Épisode. Se comprendre malgré des visions du monde différentes ?

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Transcription automatique générée par Ausha :


Je vous souhaite la bienvenue dans ce court épisode, cette étincelle. Aujourd’hui, je vais répondre à une question qui m’a été posée sur le thème de la vision du monde. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. J’ai donc fait un épisode sur le thème de la vision du monde, et c’est vrai que cette thématique, elle interpelle souvent beaucoup, et j’en suis sincèrement ravie. Je vous renvoie donc vers cet épisode, et vous mettrez bien évidemment la référence en description de celui d’aujourd’hui. Alors, en substance, j’y explique dans cet épisode que chacun a sa réalité liée à ses expériences, son milieu familial, son vécu notamment. Et que même si cela nous paraît évident, c’est la principale source de conflits relationnels, car nous passons notre temps à essayer de prouver à l’autre que nous avons raison dans notre vision du monde. On me demande donc, et c’est la question à laquelle je vais répondre aujourd’hui, S’il est réellement possible de se comprendre quand on a des visions du monde différentes ? Alors, je vais être un petit peu provocatrice, mais la réponse, c’est non. Mais c’est également non avec des personnes avec qui nous pensons même avoir une vision du monde commun. Allez, je m’explique. Pourquoi je dis cela ? Eh bien, tout simplement, car en réalité, il est impossible d’avoir la même vision du monde qu’une autre personne. Il y a actuellement 8 milliards d’individus sur Terre, il y a 8 milliards de cerveaux différents et donc 8 milliards de visions du monde différentes. Oui, chaque interaction, chaque expérience, chaque apprentissage, découverte, etc. façonnent notre cerveau de manière unique et donc notre vision du monde de manière unique. La difficulté, c’est que nous ne pouvons pas nous départir de notre vision du monde. C’est notamment ce qui nous permet d’être au monde sans avoir besoin de requestionner en permanence tout ce qui nous entoure et tout ce que nous vivons. Ainsi, le cerveau évite de consommer trop d’énergie et nous nous évitons aussi tout simplement de devenir fou. Imaginez un peu, vous posez systématiquement la question de qu’est-ce que c’est que cet objet à chaque fois que vous croisez un stylo par exemple. Alors, c’est bien sûr un exemple basique de ce qu’est la vision du monde, mais cela en fait en réalité pourtant partie. Dans les relations, le biais de confirmation sera à l’œuvre à chaque fois que nous voudrons maintenir notre vision du monde, lorsque nous nous dirons par exemple que cette personne est vraiment super sympa. Ou d’ailleurs son exact inverse, si vous voyez ce que je veux dire. Alors, le biais de confirmation, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un biais cognitif, donc une tendance du cerveau à se simplifier la tâche en prenant des raccourcis qui consomment peu d’énergie. Et cela tombe bien, car ça permet aussi de confirmer en permanence notre vision du monde. Allez, revenons aux relations. Est-ce que l’on peut vraiment se comprendre quand on n’a pas la même vision du monde ? Je le disais, la réponse est non. Mais même… quand on pense avoir la même vision du monde en réalité. Car là est finalement la grande erreur. Pensez que nous savons ce que vit et pense l’autre. Alors, bien sûr, c’est une déformation très humaine. Nous cherchons d’ailleurs par ce biais-là à nous rassurer de manière inconsciente. Mais ainsi, malheureusement, nous figeons l’autre. Nous refusons par ce biais tout simplement l’altérité. C’est-à-dire le droit à l’autre d’être différent de nous. Alors oui, quand nous avons des visions du monde qui se rejoignent sur certains aspects, mais pas les mêmes visions du monde, j’insiste. Dans ce cas, la relation semble plus aisée, c’est évident. Pourtant, elle n’en est pas moins en danger quand justement des conflits liés à la vision du monde éclatent. Donc je crois que la question n’est pas est-ce que nous avons ou non La même vision du monde. La question est plutôt, que faisons-nous de notre relation quand nos visions se confrontent ? Malheureusement, et bien sûr, quelle que soit la relation, nous n’avons pas appris à traverser les tempêtes. Souvent, nous voyons nos échanges comme une soustraction. Pour que notre point de vue existe, l’autre doit disparaître. Or, nous devrions le voir, justement, cet échange, non pas comme une soustraction, comme je viens de le dire, mais comme une addition, voire une multiplication. La citation apocryphe d’Antoine de Saint-Exupéry dit « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis » . Et cette citation, elle illustre parfaitement à mon sens cette idée. En réalité, si nous sommes conscients que tout n’est que vision du monde, comment tenir pour vrai ce que nous défendons souvent comme si notre vie en dépendait ? Et de ce fait… Comment ne pas considérer que la vision du monde de l’autre, en plus d’avoir autant de valeur que la nôtre, a surtout la vertu de nous faire évoluer et progresser ? Alors ça, clairement, quand on est dans la situation conflictuelle, avoir cela à l’esprit, ça reste quand même compliqué, soyons très honnêtes. Penser que ce que l’autre nous oppose comme vision du monde est en réalité un enrichissement, demande de prendre beaucoup de hauteur justement ce qu’on est en train de vivre. Donc oui, c’est difficile dans ce monde où nous avons appris à avoir raison ou avoir tort. Et bien sûr, surtout raison, tant qu’à faire, notamment pour avoir des bonnes notes à l’école. Oui, ça vient de là en réalité, ce besoin absolu que nous avons tous et toutes d’avoir raison. C’est finalement la peur très ancienne de se tromper et d’avoir des conséquences négatives, principalement à l’école. Alors, comment réussir finalement à basculer dans l’addition relationnelle ? Eh bien peut-être déjà en passant de toi contre moi à toi et moi contre notre difficulté. Si nous ne nous comprenons pas, peut-être pouvons-nous nous lier contre cette incompréhension. Et oui, c’est ça l’objectif, se rendre compte que la situation que nous sommes en train de traverser, nous pouvons en sortir gagnant-gagnant et non pas gagnant-perdant, comme malheureusement, encore une fois, on nous a incité à le vivre, ces situations-là. Être dans le gagnant-gagnant, c’est considérer, comme je le disais, notre difficulté au centre, finalement. Elle n’est pas portée par l’un ou par l’autre, cette difficulté. Elle est entre nous, sur la relation. Et quelque part, se lier pour résoudre cette difficulté-là, c’est ce qui nous permet de basculer finalement dans l’addition relationnelle. L’idée, par rapport à cette incompréhension, c’est de chercher à la comprendre. Lui donner une place, mais plus toute la place. Ainsi, nous nous souviendrons que le lien est bien plus précieux que le fait d’avoir raison. Alors, je vous entends presque me dire « Oui, oui, tout cela, c’est très bien, c’est très joli, c’est très beau, mais cela fonctionne pour des relations avec des personnes qui nous sont chères. » Mais pour ceux avec qui c’est déjà plus difficile, ou des inconnus de passage, par exemple, est-ce que c’est aussi facile d’avoir cet état d’esprit ? Car là, bien évidemment, le lien est fugace, désagréable, voire pourquoi pas toxiques malheureusement pour certaines relations, par exemple professionnelles. Et bien dans ce cas, pour nous aider à avoir cette philosophie de vie, parce qu’on est sur une philosophie de vie à mon sens, ce qui peut nous aider, c’est de décider de choisir nos combats. Ainsi, parfois, et je dis bien parfois, le fait d’être en paix aura finalement bien plus de valeur que le fait d’avoir raison. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt !

Épisode. Vide existentiel : quand la vie semble avoir perdu son sens

Le lien d’écoute de cet épisode se trouve également ICI

Transcription automatique de l’épisode réalisé par Ausha :


Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode, au cours duquel j’ai envie de vous parler d’un passage exigeant, mais malheureusement ô combien essentiel dans notre recherche de sens, à savoir le vide existentiel. Et à la fin, je vous proposerai une façon d’habiter ce vide. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez « Où est le sens ? » Ici. Une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Je souhaite donc évoquer dans cet épisode cette phase que vous avez peut-être connue. ou dans laquelle vous êtes peut-être même actuellement. C’est une étape de vie qui est quand même très déroutante, parce que tout va bien, et pourtant, quelque chose en nous a tendance à sombrer. Alors, pas de manière brutale, non, non. De manière bien plus insidieuse, parce que, comme je le disais, tout va bien, ou plutôt tout semble bien aller. Mais quelque part, il y a un vide qui, pas à pas, On a l’impression qu’elle est en train de devenir gouffre. Et c’est une période que l’on nomme le vide existentiel. Donc selon Viktor Frankl, qui est, j’espère que maintenant vous le savez, le créateur de la thérapie existentielle et de la logothérapie, le manque de sens qui mène à un vide existentiel est de nos jours la plus grande source de souffrance dans notre société moderne. Également, ce qui est intéressant quand même par rapport à ses contemporains, c’est que, toujours selon lui bien sûr, la motivation de l’homme n’est ni la recherche de plaisir comme le pensait Freud, ni la volonté de puissance comme le pensait Adler qui était un aussi des contemporains de Frankel et un grand psychiatre. Selon Frankel, ça serait donc bel et bien la volonté de sens innée chez l’être humain. qui serait notre plus grande motivation. Et malheureusement, lorsque ce besoin de sens est frustré, nous pouvons tomber dans ce fameux vide existentiel. Alors, comment ça se manifeste ce vide ? Il y a plein de symptômes, je vais le dire comme ça, qui permettent de se sentir si on est dans cette situation. Tout d’abord, il y a quand même souvent une espèce de sensation d’absurdité, voire d’ennui. profond et surtout généralisé. L’ennui se place dans tous les domaines de notre vie. Et ça, ça peut amener une perte de repère, une déconnexion de soi, voire même du monde et de notre monde, donc de nos proches. Une perte bien sûr de motivation et d’énergie, ainsi qu’un sentiment d’être perdu. Ce qui peut amener une difficulté à comprendre ce que l’on est en train de traverser, c’est que ce vide existentiel, il peut être masqué. Masqué par quoi ? Des addictions notamment, des comportements aussi compulsifs, voire même certains troubles psychiques tels que l’anxiété. Alors par contre, une précision extrêmement importante, c’est que le vide existentiel est différent d’une dépression. Alors, pourquoi c’est différent ? Parce que les personnes, elles sentent bien, et je vais mettre de gros guillemets, qu’elles vont bien. Alors pourquoi elles ont cette sensation-là ? En tout cas, c’est ce qu’elles verbalisent quelque part. Parce qu’elles ont avancé dans la compréhension d’elles-mêmes, mais aussi de leur guérison, de leur trauma. Quelque part, elles se connaissent bien. Donc, elles ont cette sensation que dans cette étape-là traversée, la réponse, elle ne se situe plus dans le passé. Elles ont l’impression… et souvent à juste titre, que la réponse est désormais ailleurs. Un autre paramètre qui permet de différencier cette période de vie d’existentiel de la dépression, c’est que, quelque part, il n’affecte pas ou très peu l’estime de soi et la confiance en soi. Alors bien sûr, si vous êtes dedans, il y a des étapes. Bien évidemment, quand on est dans une étape comme ça, qui est quand même extrêmement difficile avec une paire de repères, un ennui, une motivation qui est complètement fluctuante, bien sûr que l’estime de soi, elle peut être aussi fluctuante. Mais quelque part, ce n’est pas un élément central, je vais le dire comme ça, de l’étape que vous traversez. C’est un moment, mais ce n’est vraiment pas ce qui le caractérise. Alors par contre, bien évidemment, si vous avez le moindre doute quant à l’étape que vous êtes en train de traverser, pensez à consulter. Bien évidemment, seul un professionnel pourra être à même de vous indiquer quelle est la période que vous traversez et pourra mettre éventuellement des mots sur un état dépressif ou peut-être un état d’ennui profond. qui caractérise donc ce vide existentiel. Donc surtout, surtout, si vous avez le moins de doutes, pensez à consulter. Allez, continuons à avancer dans la compréhension de ce vide existentiel. Il peut survenir lorsque la compréhension ou ce qu’on comprend de nos valeurs a évolué et donc elles ne correspondent plus à la vie que l’on s’est créée. Et ça, bien évidemment, c’est extrêmement déroutant. Ce qui peut se produire, c’est que jusque-là, nous pouvons avoir suivi ce qu’on appelle des contre-valeurs définies par la société et ou définies par des proches. Alors, je ferai bien sûr un épisode sur les valeurs et les contre-valeurs. Donc, ce que je vous invite à faire, bien sûr, c’est de vous abonner. Comme ça, vous êtes sûr de découvrir cet épisode très prochainement. Alors, pour Frankl, et je vais le citer. Lorsque l’homme ne sait pas pourquoi il vit, il est prêt à accepter n’importe quel comment. Ce qui s’est passé, si nous avons fait notre certaine contre-valeur, c’est comment, à savoir, crée-toi une vie professionnelle, divertis-toi, etc., elles ne peuvent plus suffire. Bien évidemment parce qu’elles ne correspondent pas à notre être profond. Et ça, malheureusement, bien souvent, c’est… ce vide existentiel dans lequel nous tombons lorsque nous comprenons cela, qui va nous aider justement à nous réaligner par rapport à nos véritables valeurs. Donc c’est vrai que c’est une étape qui est, je l’ai déjà dit, mais extrêmement déroutante à traverser. Un autre aspect que je trouve très intéressant à regarder pour comprendre ce thème du vide existentiel, c’est l’aspect sociologique. Pour moi, c’est important de vous parler de cet aspect-là parce que ça nous permet de sortir de ce que veut nous faire croire quelque part notre société moderne individualiste. Car non, clairement, tout ne dépend pas de nous. N’en déplaise à une certaine catégorie, je vais le dire comme ça, de professionnels qui veulent nous faire croire qu’en effet, en appliquant une méthode en cinq étapes plutôt, on va forcément se sortir aisément de ce que l’on est en train de traverser. Non, tout ne dépend pas de nous et de notre simple volonté. Et l’aspect sociologique va nous l’expliquer un petit peu mieux. En sociologie, le vide est quand même analysé. Et pour certains auteurs, il est étudié non pas comme un simple mal-être individuel, mais bel et bien comme le reflet d’un dysfonctionnement et de l’évolution de la société moderne. Ainsi, il y a certains travaux qui lient le vide existentiel même à une culture du vide, telle que nommée par un essayiste français qui s’appelle Gilles Lipovetsky. Alors, selon lui, cette culture du vide, c’est même clairement un phénomène sociologique majeur de notre société et de notre époque. Alors, je vais le citer. amènerait un vide existentiel. Alors, lui, il fait notamment le lien, on peut s’en douter, avec les réseaux sociaux. D’ailleurs, il y a même une addiction à la validation extérieure qui est très forte de nos jours, donc les fameux likes, qui participerait clairement à la sensation de vide, en nous empêchant de créer par nous-mêmes notre validation. Alors, j’ai l’habitude de beaucoup le dire, mais j’en reparlerai dans un autre épisode. Alors, oui… C’est peut-être un peu du teasing ou pas. Pourquoi je dis ça ? Parce que tout simplement, je ne peux pas tout balayer dans un seul et même épisode. À mon sens, ça serait complètement indigeste et puis ce n’est pas le principe des podcasts. L’objectif, c’est d’avancer pas à pas. Donc, je suis obligée d’en passer par là quand j’évoque certaines choses, notamment la validation extérieure qui me semble un thème extrêmement intéressant. De vous dire que j’en parlerai plus en détail dans un autre épisode. Mais ça m’est quand même important de l’évoquer en tout cas à ce stade. Voilà, parenthèse terminée. Mais c’est vrai que… Selon la sociologie, on est quand même rentré dans cette ère où la validation extérieure a une importance capitale par rapport à la validation intérieure. Or ça, c’est un élément central à se réapproprier justement, la validation intérieure, pour se remettre sur le chemin vers le sens. Également, ce sociologue parle de ce qu’il nomme la débilisation du contenu social. Alors, pour être très honnête quand même, je n’aime pas trop. Ce terme-là, mais je respecte bien sûr la pensée de l’auteur. Alors, qu’est-ce qu’il veut expliquer par cette terminologie-là ? Alors, selon lui, les plateformes des réseaux sociaux favoriseraient un engagement rapide plutôt qu’un contenu travaillé et informatif. Et ça, malheureusement, ça empêcherait de nos jours de faire la distinction entre des contenus importants et ceux qui le sont moins, car ils sont tout simplement présentés sans hiérarchisation. Et ça, malheureusement, ça contribuerait, selon le sociologue, à un sentiment général de perte de sens. Revenons à la logothérapie. Alors, selon Frankel, lui, le vide existentiel, il n’existe pas au niveau biologique ou psychologique, mais bel et bien dans une dimension supérieure qu’il nomme noétique ou spirituelle, tout simplement. Donc pour lui, le vide existentiel… En réalité, il s’agirait d’une souffrance de l’esprit qui ne trouve plus de but à sa vie. Et cela, quelle que soit sa situation personnelle et sociale. Selon Frankel, la quête existentielle est une quête universelle. D’ailleurs, je vous renvoie vers un épisode, alors celui-là il est déjà fait, donc est déjà en ligne. Je vous renvoie vers l’épisode de présentation de la logothérapie et je vous mettrai même en description le lien vers cet épisode. Nous sommes donc tous en quête de sens. Et ce sens, on peut le vivre dans des choses infimes du quotidien, telles que, par exemple, notre façon d’être en lien avec les autres. Frankel, il était, lui, dans les camps de concentration, lorsqu’il a compris et ressenti lui-même que les prisonniers qui survivaient n’étaient certainement pas les plus forts, mais ceux qui gardaient un sens à leur vie. Donc c’est pour ça que, selon la logothérapie, cette quête, elle est… universelle, quelle que soit notre situation personnelle ou sociale. Et oui, parce que même dans les camps de concentration, donc même face à l’horreur absolue, la quête de sens était centrale, justement, pour continuer à survivre à cette horreur. Alors, comprendre cela, ça peut, par contre, avoir un effet un peu paradoxal, parce que, malheureusement, ça peut créer de la honte chez ceux qui souffrent du vide, voire même chez ceux… J’élargis, qu’ils souffriraient d’un mal-être psychologique tel qu’une dépression. Parce que pour certains, ils disent ou on leur dit qu’ils ont tout pour être heureux. Et pourtant, malheureusement, ça ne va pas. Or, justement, comprendre que ce « tout » n’est peut-être pas ce qui donne du sens à la vie, même si la société veut bien nous le faire croire, ça peut aider à ne plus rejeter ce ressenti-là. Pourquoi ? Parce que la honte, c’est vraiment un sentiment terrible qui nous éloigne malheureusement de la possibilité de retrouver du sens. Je m’explique. La honte, c’est un sentiment qui est tellement douloureux, et on l’a tous et toutes déjà ressenti, que quelque part, on va chercher à tout faire pour ne plus le ressentir. Et donc, on va regarder ailleurs. Donc le cerveau, il nous protège. Il fera tout pour éviter d’aller regarder. ce qui se cache derrière la honte. Or, eh bien, il est tout à fait normal pour un être humain de traverser un jour ou l’autre le vide, même si, en apparence, on a absolument tout pour être heureux. C’est une étape qui est commune à tous les êtres humains. Vécue avec plus ou moins d’intensité, on est bien d’accord, mais un jour ou l’autre, ces questionnements-là du sens interviendront dans la psyché de tous les êtres humains. Donc même si tout semble aller bien dans votre vie, vous avez le droit de le ressentir, bien évidemment. Également, de manière un petit peu paradoxale, nous sommes dans une société qui offre tout simplement une multitude de possibilités pour combler le vide. Mais nous sommes de plus en plus nombreux à le ressentir. C’est normal, en réalité, ça peut paraître paradoxal, mais c’est absolument normal. car ce vide existentiel il ne se comble justement pas. En réalité, il s’écoute et il s’habite. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas d’un manque, mais bel et bien d’un espace. La société, elle nous martèle en permanence le comment vivre. Comment ? Justement, eh bien en parlant de réussite sociale, de développement personnel à coup de recettes miracles. Sauf que, de nos jours, on a perdu le pourquoi vivre. Avant, ce pourquoi vivre, il était offert par des récits collectifs, tels que la religion. Et désormais, il est remplacé par des récits individuels. Ce qui nie au passage, d’ailleurs, le côté sociologique, comme je l’ai évoqué, donc l’importance du collectif dans nos vies. On nous vend cette personne qui s’est construite absolument seule en théorie. Je dis bien en théorie, je ne vais pas rentrer dans les aspects sociologiques. Il y a plein de ressources à notre disposition pour mieux comprendre un petit peu ce récit. individuel qui nie absolument le collectif, comme je le disais. Donc, on est passé de ce récit collectif au récit individuel, ou plutôt au mythe individuel. Et ça, malheureusement, ça crée clairement du vide existentiel. Alors, personnellement, je n’ai pas d’avis là-dessus. Je ne dis pas que c’est bien ou mal qu’on ait perdu les récits collectifs. C’est juste un constat qui est partagé, comme je l’ai dit, par les sociologues, les psychologues. Ce qui se passe, c’est que… Nous apprenons désormais à mieux gérer notre temps, par exemple, à être plus performant, bien sûr, à comprendre notre fonctionnement cérébral, nos émotions, à gérer nos conflits. Mais ce qui se passe, c’est que personne ne nous dit à quoi tout cela peut bien servir. Et en plus de ça, désormais, on a l’entière liberté de réponse à cette question. Et donc, ça devient abyssal et forcément effrayant. Alors, le danger, quand on est à confronter à cette compréhension-là, eh bien forcément, c’est de chercher des solutions toutes faites pour en sortir le plus vite possible. Et ça, eh bien notre époque, elle adore, elle adore les réponses rapides, de type, cinq étapes pour sortir du vide existentiel. Alors clairement, par contre, mauvaise nouvelle, le sens, il ne se fabrique absolument pas artificiellement. Il ne se décrète pas non plus, il se découvre. Comment ? Dans la relation aux autres, au monde, dans la création, et même parfois dans la souffrance. Mais pour cela, à nouveau une mauvaise nouvelle, on a besoin de temps. De temps, de silence, et même en réalité de cette traversée très douloureuse du non-sens. Et c’est pour ça finalement que c’est si dérangeant cette étape-là qu’on traverse tous un jour ou l’autre. Parce que ce vide, il nous oblige à ralentir. Également à suspendre nos mécanismes automatiques et surtout à habiter le silence. Allez, quand même, malgré tout, après tout ça, une bonne nouvelle, cette crise, elle a quand même un sens. Nous aider à le retrouver, tout simplement. Mais par contre, encore une fois, ce qui fonctionne pour l’un n’est pas une solution pour un autre. Donc… malheureusement non je ne vous donnerai pas une méthode en cinq étapes pour traverser mais par contre on va continuer à réfléchir un petit peu à cette notion là cette période de vie d’existentiel elle est liée en réalité à un besoin fort et central dans nos vies à savoir se réaligner avec nos valeurs et bien sûr se créer une vie qui a désormais du sens mais pour ça J’insiste, on doit accepter de traverser cette période-là sans résistance, même si ça peut être anxiogène. Ce qu’il faut se rappeler, c’est que cette étape, elle est transitoire. Et surtout, elle va nous amener vers une vie plus alignée. C’est pour ça que c’est quand même presque une chance de le traverser. Alors, si vous êtes dedans, je sais que ça va peut-être vous faire réagir en disant ça. En disant cela, c’est de vous offrir simplement une petite lumière. Petite lumière qui est là, expliquée par plein de personnes qui ont traversé ces étapes-là et qui vous disent que oui, on en sort. Oui, bien sûr. Mais pour ça, il faut accepter de le traverser. Je vous propose un autre éclairage pour bien comprendre cette notion de vide existentiel, mais aussi justement pour le différencier d’un autre terme qu’on… voit et qu’on utilise notamment dans le domaine de la spiritualité, c’est la notion qu’on entend beaucoup qui est la nuit noire de l’âme. et qu’on entend beaucoup, notamment dans le développement personnel. Alors, cette étape-là, elle est souvent présentée comme une crise avant un renouveau, une étape de transformation, et peut-être ce qui est un peu plus dérangeant, c’est parfois vendu un petit peu comme un passage obligé pour évoluer. Et ça, c’est un petit peu dommage, à mon sens, d’expliquer ça comme un passage obligé, mais voilà, c’est un avis très personnel. Ce que l’on sait moins, par contre… C’est que cette notion-là, elle a une origine en réalité qui est très ancienne. Et surtout, c’est même beaucoup plus radical que ce que les discours actuels nous proposent sur ce thème de la nuit noire. La nuit noire de l’âme, elle est décrite en réalité au XVIe siècle par Jean de Lacroix, qui était un mystique espagnol, dans le poème Nuit Obscure, qui a été écrit aux environs de 1578. Et lui, quand il parle de nuit noire… clairement, il ne parle pas de baisse de motivation, ni même de mal-être psychologique et encore moins de manque de confiance en soi. Ce dont il parle, c’est en réalité d’une expérience intérieure de dépouillement total. Dans la nuit noire, ce qui s’effondre, ce ne sont pas seulement les repères extérieurs, mais aussi les repères intérieurs, les croyances, les certitudes et les fameux récits. qui donnait jusque-là une direction à la vie. Et surtout, un point bien central dans son propos, dans la nuit noire, le sens est complètement absent. Alors là, bien sûr, le lien avec le vide existentiel, il semble évident. Pourtant, il y a des différences. Le point commun, c’est qu’il ne s’agit pas d’un manque à combler à nouveau, mais bel et bien d’un effondrement de structure de sens. Par contre, Il y a une des différences qui est essentielle selon moi. C’est que la nuit noire de l’âme, telle qu’elle est décrite, elle suppose une dynamique spirituelle préalable. Le vide existentiel, il peut lui surgir sans qu’aucune quête spirituelle soit présente. Et ça, c’est presque ce qui la rend plus douloureuse, entre guillemets, parce que notre société ne lui offre pas de récit commun pour l’accueillir. Finalement, c’est plus considéré comme une anomalie à résoudre. Or, la nuit noire de l’âme, tout comme le vide existentiel, il ne demande certainement pas à être résolu. Il demande, à nouveau, une traversée. Sauf que malheureusement, dans notre époque, on est vraiment très très mal équipé pour cette traversée-là. On est dans une société qui tolère très mal l’attente. On le sait tous et toutes. Vraiment, désormais, l’attente, c’est compliqué. Simplement, patienter un petit peu en caisse de supermarché, ça peut vite devenir agaçant. Donc, on supporte très mal l’attente collectivement. Également, on a du mal avec la non-direction. On a l’impression qu’il faut que nos vies soient tracées dès nos plus jeunes âges. Et puis également, on a du mal à supporter le flou. On cherche donc très vite à remettre du sens là où il s’est retiré. à produire des réponses, même complètement artificielles, pour ne surtout pas rester trop longtemps dans l’inconfort. Or, Jean Delacroix, tout comme Frankl, disait chacun, avec leur langage bien évidemment, il disait exactement la même chose. Le sens, eh bien, il ne se fabrique certainement pas avec la volonté. Il ne se décrète pas non plus, il se découvre. Et parfois, pour qu’un sens plus juste émerge, malheureusement, il faut que l’ancien se taise complètement. Et ça, forcément, ça nous laisse dans l’absurdité du vide. Clairement, perdre complètement le sens qui jusque-là nous avait accompagnés est une étape qui est profondément transformatrice, mais qui est très clairement douloureuse, oui, puisque… Tout devient absurde, y compris ce vide par moment qu’on ne comprend même pas. Donc l’ego, ce qui se passe, il est dépouillé de tout ce à quoi il s’identifiait pour se sentir exister. Donc ce sont souvent les rôles sociaux, notamment, les objectifs qu’on a hérités et sur lesquels on s’est appuyés depuis tout jeune. Aussi les « comment vivre » dont j’ai déjà parlé. qui sont imposées par l’entourage, par la société, et qui quelque part ne nous soutiennent plus dans notre élan intérieur. Et ce qui se passe alors, c’est que la question qui surgit, elle est ni plus ni moins vertigineuse. À savoir, qui suis-je quand ce que je fais ne suffit plus à donner du sens à ma vie ? Alors, on arrive à la fin de cet épisode. J’avais déjà proposé justement de se poser dans le vide sans rien faire dans l’épisode de présentation sur la logothérapie. Je vous le remets en description, c’est promis. Donc, j’ai beaucoup expliqué dans cet épisode que le vide ne se remplit pas, mais s’habite justement. Donc forcément, je ne peux que vous inciter à faire cet exercice d’habiter le silence que j’ai décrit dans l’épisode de présentation. Aujourd’hui, je vais vous proposer un temps deux. Je vais vous proposer aujourd’hui de ne pas vous censurer, de simplement vous poser la question de quoi ai-je envie aujourd’hui ? Je vous entends déjà. Si on est dans le vide, vous allez me dire mais j’ai envie de rien. Ben justement… N’avoir envie de rien, c’est une envie. Donc, aujourd’hui, peut-être qu’on va suivre cette envie-là. Envie de rien, ne rien faire. Bon, peut-être juste envie de passer la journée à lire. Dans ce cas-là, ça sera OK. Habiter cette envie-là. La seule qui se présente, à savoir ne rien faire, ou peut-être simplement lire, par exemple, ou écouter des podcasts, ou colorier, pourquoi pas. Alors, je sais déjà ce que vous allez me dire. Je n’ai pas le temps. Bien sûr que je n’ai pas le temps. Il y a le travail, il y a les enfants, il y a la gestion du quotidien. Bien sûr, ça je l’entends. Mais par contre, vous me voyez venir une question toute simple. Est-ce qu’il n’y aurait pas un peu de temps inutile, stérile, qui alimente le vide, qui pourrait justement être mieux utilisé ? Bien sûr, je parle forcément du temps d’écran, notamment. On peut aussi remplacer les 5 minutes de scroll quotidien pour rester dans ce vide et voir justement si quelque chose émerge. Peut-être que vous aurez envie de changer uniquement les poignées d’un meuble. Dans ce cas-là, ok, ça va être la seule envie que vous allez nourrir pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Mais j’insiste, la seule envie qui sera présente, ça sera peut-être le rien. Et c’est celle-ci qu’il va falloir écouter. C’est pas facile, mais de ce rien naîtra peut-être une envie, ou pas pour le moment. En tout cas, en faisant cet exercice, notre cerveau commencera à intégrer que nos véritables envies peuvent avoir une place dans nos vies. Pas à pas, il y a quelque chose qui naîtra, et peut-être que ce quelque chose vous remettra doucement vers le sens de votre vie. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de « Où est le sens ? » . J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Sens et relations humaines : le courage de ne pas être aimé·e

Pour écouter l’épisode, vous trouverez également le lien ici : https://podcast.ausha.co/ou-est-le-sens/etincelle-sens-et-relations-humaines-le-courage-de-ne-pas-etre-aime-e

Transcription automatique par Ausha :


Je vous souhaite la bienvenue dans ce court épisode au cours duquel nous allons parler d’un livre phénomène qui éclaire les liens relationnels et le sens qu’on leur donne. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens ? » Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. J’ai donc envie d’évoquer avec vous, aujourd’hui, le livre Phénomène de Mel Robbins, dont le titre en français est « La théorie laisse-les donc faire » . Alors, c’est un livre dont on parle beaucoup en ce moment, à juste titre, car il évoque des points clés dans nos liens relationnels. Et il nous aide surtout à mieux vivre certaines situations relationnelles. Alors, je vais développer, mais avant cela, j’ai quand même envie de mettre un petit bémol. Parce que, et c’est très personnel, pour ma part, dans ce bouquin, certes très pertinent, il y a quand même beaucoup de superlatifs. Il y a également toute une page dédiée à des tatouages réalisés par des lecteurs qui se sont fait tatouer. Cette fameuse phrase sur leur peau à la suite de la révélation liée à ce livre. Alors voilà, c’est à mon sens quand même imprégné d’une certaine culture. Et donc sur cette magnifique théorie que je vais développer en lien avec nos relations, moi je préfère quand même un autre best-seller. Cet autre titre, c’est « Avoir le courage de ne pas être aimé » . C’est un best-seller japonais dont les auteurs sont Ishiro Kishimi. et Fumitake Koga. Ce livre-là, il est, lui, sous la forme d’un conte. Ce sont des échanges, en fait, entre un jeune homme et un philosophe. Et ce conte, il est basé sur les théories d’Adler, qui était un contemporain de Viktor Frankl, donc le créateur de la logothérapie. Ce second livre que je vous recommande, moi, je le trouve très accessible. Il est à la fois très profond et très sensible. Mais les deux livres, donc celui de Mel Robbins et ce fameux conte, eh bien, tous les deux, ils s’appuient sur une seule et même réalité, à savoir que nous ne pouvons pas changer les autres. Alors, ça paraît peut-être dit comme cela comme une évidence. Pourtant, en tant qu’être humain, eh bien, on passe ni plus ni moins notre temps à vouloir changer les autres. Or, eh bien, c’est peine perdue, parce qu’on peut… comme je l’ai dit, absolument pas changer les autres, ils ne changent bien évidemment eux que s’ils le souhaitent. Et souvent, malheureusement, pas au rythme auquel nous, nous voudrions qu’ils changent. Par rapport à la théorie de Mel Robbins, il y a notamment la question de se sentir jugé. L’idée, c’est que, bien évidemment, c’est douloureux de se sentir jugé par les autres. Mais plus on va… accepter cette notion clé qui est que nous ne pouvons pas les changer, plus, pas à pas, on va commencer à accepter de les laisser faire. Les laisser penser différemment, agir différemment, voire même, pourquoi pas, nous juger, oui, s’ils le souhaitent. Parce que nous voudrions que les gens fonctionnent, pensent comme nous. Or, bien évidemment, c’est impossible. Et non seulement c’est impossible, mais c’est également souvent source de souffrance. Plus on va accepter finalement de laisser faire, comme le dit Mel Robbins, plus on va pas à pas rencontrer une véritable paix personnelle et relationnelle. Parce que c’est vrai que plus on va accepter que ce que pensent les autres, disent les autres, font les autres vis-à-vis de nous, ne dit rien de nous en réalité, plus on va être en capacité de nouer des liens relationnels qui soient sains. Car non seulement vouloir changer l’autre, on l’a vu, c’est absolument impossible, mais c’est également une forme de jugement. Et oui, nous ne supportons pas que les autres nous jugent, et pourtant on voudrait qu’ils fonctionnent différemment. Donc on les juge à notre tour. Donc ce qu’on crée dans ces situations-là, c’est finalement une violence. réciproques, ni plus ni moins. Et donc, plus on va accepter l’idée d’avoir le courage de ne pas être aimé, comme dans le conte japonais, ou de les laisser faire, comme pour Mel Robbins, plus on va pouvoir avancer sereinement dans notre vie et sainement dans nos relations. Pour aller plus loin, je vous renvoie à l’épisode sur la vision du monde où on travaille notamment ça. Mais c’est vrai que déjà, rien qu’à ce stade, on peut se rendre compte de cette réalité qui est que nous passons notre temps à essayer de faire en sorte que les gens se comportent ou comprennent les choses comme nous nous les comprenons. Or ça, comme je le disais, c’est véritablement une grande source de souffrance. Et c’est donc sur cela… que s’appuient ces deux best-sellers que forcément je vous recommande absolument très chaudement qui nous amènent à réfléchir à ces différentes notions-là et pas à pas à prendre du recul sur nos conditionnements, sur cette habitude que nous avons de vouloir changer les autres. Alors, par contre, bien évidemment, le fait de comprendre cette notion-là ne va certainement pas excuser le comportement, absolument pas. jamais, jamais, jamais, comme j’ai l’habitude de le dire. L’idée n’est certainement pas de laisser faire. Malgré le titre, c’est ça qui peut paraître paradoxal, l’idée c’est de prendre une juste distance émotionnelle. Je vais m’expliquer pour être plus clair. Cette notion-là, cette compréhension fine-là que les autres, on ne pourra jamais changer ce qu’ils pensent, par exemple, à notre sujet. nous permet de prendre une juste distance relationnelle, émotionnelle par rapport à cette situation, en se rappelant que finalement, ce que les autres pensent, disent de nous, ça ne dit rien de nous. Et oui, ça ne parle que d’eux, de leur façon de nous voir, de nous comprendre et de comprendre le monde. Donc ça ne dit absolument rien de nous en réalité. À nouveau, je vous renvoie vers l’épisode sur la vision du monde où j’explore un peu plus longuement cette notion-là. Et en comprenant cela, ça permet justement d’être plus à distance émotionnellement et éventuellement de recadrer le comportement s’il y a lieu. Et oui, plus on va être posé émotionnellement, plus on va être efficace avec les outils de la communication, de la gestion des conflits, et on en verra ensemble. Mais pour ça, eh bien oui, il faut être soi-même dans une posture de non-jugement pour pouvoir être efficace. Je l’expliquerai, je le détaillerai plus longuement dans d’autres épisodes. Et ces deux livres, ils s’appuient donc sur cette réalité-là. Tout d’abord, accepter, pas à pas, que la vie de l’autre ne dit rien de nous, comme je le disais, et ne nous appartient pas. Mais également, ça nous permet, ils nous permettent d’avoir… un peu plus de douceur envers soi-même. Notamment, la seconde partie du livre, Laissez-les, c’est justement cette seconde étape-là qui consiste à accepter aussi de se laisser être touché, être en colère, être blessé, bien évidemment, par ce que vivent les autres dans notre relation. Par exemple, si on a reçu un commentaire blessant, eh bien, il est normal, bien évidemment, d’être touché. Mais se rappeler que ça ne dit rien de nous en réalité, n’excuse pas le comportement, mais nous permet de le dépasser et de vivre plus sereinement cette situation relationnelle et éventuellement de recadrer le comportement s’il y a lieu. Nous arrivons à la fin de ce court épisode et j’ai bien évidemment envie de vous proposer un petit exercice relationnel en lien avec ce que nous venons de voir. La prochaine fois que vous serez en situation relationnelle et que quelqu’un dira quelque chose à votre sujet qui vous touche, eh bien, laissez-les faire. Oui, je sais, c’est extrêmement difficile. Mais l’objectif est de sentir justement ce que ça nous fait lorsqu’on prend cette distance-là. Donc se rappeler que ce qui vient d’être dit ne dit rien de nous et ne pas essayer de corriger ce qui vient d’être dit. Juste, laissez-les faire. en se rappelant, ok, ce qui vient d’être dit ne parle pas de moi et ne parlera jamais de moi. Puis voyez comment vous vous sentez. Et ce que j’aimerais bien, c’est que celles et ceux qui auraient tenté cet exercice, venez nous dire en commentaire ce qui a été facile ou plus difficile pour vous, afin que nous puissions en parler à nouveau ensemble. Allez, maintenant, je vous laisse poursuivre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.

Épisode. La vie est belle : ce que ce film nous apprend sur le sens

(Vous pouvez également cliquer ICI pour écouter l’épisode)

Transcription automatique de l’épisode par Ausha :

Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode, au cours duquel j’ai envie de vous parler d’un film qui illustre, selon moi, parfaitement les principes de la logothérapie. J’ai toujours trouvé que raconter des histoires est un merveilleux outil de compréhension, et c’est vrai que pour moi, ce film le fait vraiment à merveille. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez « Où est le sens ? » ici. Une flamme s’allume, celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. J’ai donc envie de vous parler aujourd’hui du film… La vie est belle de Roberto Benigni, sorti en 1998. Alors, si vous n’avez pas vu ce chef-d’oeuvre, selon moi, je vais être très claire. Je vais raconter en détail ce film, y compris la fin. Et cela pour servir mon propos. Donc, en gros, si vous ne voulez pas être spoilé, comme on dit, allez le voir et puis revenez en parler, pourquoi pas dans les commentaires, après avoir écouté cet épisode. Alors, ce film. L’histoire, elle évoque l’enfer des camps de concentration lors de la Seconde Guerre mondiale, ce qui est d’ailleurs aussi l’expérience vécue par le créateur de la logothérapie, qui est Viktor Frankl. Donc ce film, il débute en 1938 et on fait la rencontre de Guido, qui est un jeune serveur qui est plein de malice. Et ce jeune serveur, il rencontre Dora, une jeune institutrice, et il met tout en oeuvre pour tenter de la séduire. Et donc on a affaire au début du film à plein de scènes qui sont remplies selon moi de tendresse et de fantaisie douce. Le film avance et cinq ans plus tard leur petit garçon nommé Josué qui est aussi pas mal facétieux fait désormais partie de leur vie. Sauf que malheureusement Guido et bien il est juif. et il est donc déporté avec son fils. Ce qui va se passer à ce moment-là, c’est que par amour pour eux, Dora, donc la mère, choisit de monter volontairement dans le train qui l’emmène aussi au camp de la mort. Et donc là, bien évidemment, l’enfer commence, ni plus ni moins. Mais aussi l’histoire que va raconter Guido à son fils pour le protéger tout simplement de l’horreur. Et ce qui se passe, c’est que Guido, il fait croire finalement à cet enfant que la situation est en réalité un jeu, dans lequel, eh bien, il se sent engagé volontairement pour gagner un char d’assaut. Oui, il a quand même pas mal d’imagination. Et ce qui se passe, et ce qui rend ce film absolument unique, je trouve, c’est qu’il y a ensuite de très nombreuses scènes qui arrivent à nous faire rire. malgré l’horreur. Je pense par exemple à une scène en particulier au début de la situation à l’intérieur des camps où Guido accepte de traduire le discours des gardiens nazis devant tous, mais surtout devant son fils. Et il fait donc croire que les gardiens délivrent à ce moment-là les règles du jeu. Et il y a un moment particulièrement drôle. où Guido traduit le fait que les gardiens sont en train de dire ou diraient qu’il y a une règle qui est de ne pas demander de sucette. Sinon, ils auront des pénalités. Et en plus de ça, il n’y a plus de sucette. Ils les ont tous mangés. Et ils ont surtout très mal au ventre. Et donc, à ce moment-là, on voit l’enfant Josué qui pouffe de rire dans son coin. Et c’est absolument magique, finalement, cette scène. Pourquoi je trouve que je dis des choses assez fortes, comme quoi je trouve ce film assez magique, et que pour moi c’est un chef-d’oeuvre ? Tout simplement parce que dans cette simple scène, on rit, on tremble de peur pour Guido, lorsque il y a un gardien qui semble douter finalement de la traduction, et bien sûr on se rappelle de l’ampleur de l’horreur. Et finalement ce film, il ose tout simplement l’impossible. Il réussit à nous faire rire au cœur de l’horreur, mais surtout sans jamais la nier. Bon, vous l’avez compris, j’adore ce film. Et donc, en plus, selon moi, pas que selon moi d’ailleurs, selon les professionnels de la logothérapie, ce film, il illustre aussi parfaitement les concepts clés de la logothérapie. Et on va donc voir ça ensemble. Alors, tout d’abord, il est montré que le sens se découvre notamment dans notre réaction face à la souffrance. Ça, c’est vraiment… un des principes clés de la logothérapie, à savoir que nous pouvons vraiment découvrir le sens de nos vies dans l’attitude que nous allons choisir face à une situation difficile. Il y a notamment deux questions clés pour nous aider à comprendre cela, que sont « que ferez-vous de votre souffrance ? » et surtout « comment lui donner un sens ? » Guido, il choisit sa façon de réagir à l’horreur avec ce qu’il est. C’est-à-dire un homme malicieux qui aime jouer avec la poésie de la vie. En disant ça, je pense notamment aux nombreuses scènes en début de film où il cherche à séduire Dora en s’appuyant justement sur la poésie et la magie que peut être la vie. Et donc Frankel, lui, le père de la logothérapie, il nous explique que, et je vais le citer, la liberté ultime de l’homme et la capacité de choisir son attitude même face à une souffrance inévitable. Et ce film, il nous le rappelle parfaitement selon moi, parce qu’il nous montre que même face à l’horreur absolue, ni plus ni moins, cet homme, il fait le choix d’en faire un jeu par amour pour son fils. Alors attention, l’objectif de la logothérapie n’est certainement pas de nous faire la morale du type « Sois fort ! » Bien au contraire. L’objectif, c’est plutôt de nous offrir une petite lumière au bout du tunnel. Cette lumière, on a tendance à l’oublier parfois. Et la logothérapie, elle nous aide à nous rappeler qui nous sommes et notre potentiel. Bien évidemment, potentiel très intime et très personnel. Votre potentiel n’est pas celui du voisin, bien évidemment. Et ce potentiel, il va nous aider à faire face à la souffrance. Votre réponse ne sera pas ma réponse face à la souffrance, et c’est bien évidemment parfait comme ça. Également, ce qu’on doit comprendre, c’est que donner du sens ne supprime absolument pas la souffrance. Dans le film, Guido, bien évidemment, il ne nie pas la réalité du camp. Il crée avec le jeu pour Josué, et sans doute peut-être aussi pour lui, une stratégie de survie psychique. Attention, maintenant, si vous n’avez pas vu le film, mais que vous avez continué à écouter par curiosité, mais que j’ai réussi, j’espère, à vous donner envie de le voir, je vais désormais raconter la fin. Donc soit avancez un petit peu dans cet épisode, soit on se retrouve la semaine prochaine pour un autre thème, c’est vous qui décidez. Donc donner du sens, ça n’aura bien évidemment pas empêché la fin tragique, et à nouveau, c’est… parfaitement montré dans ce film, puisque Guido est tué. Et pourtant, le film se termine sur des « On a gagné ! » de Josué, qui retrouve sa maman Dora, puisqu’il pense ou veut bien penser, on est bien d’accord, qu’il a gagné le jeu, car il est rentré en char d’assaut américain. Ce jeu, qui avait été créé par son papa, peut être rapproché de l’acte créatif, donc si on revient à la logothérapie, donc l’acte créatif qui est l’un des trois piliers nommés par Frankl pour donner du sens. En réalité, ce jeu, c’est ni plus ni moins qu’une œuvre, et une œuvre qu’il offre à son fils. C’est bien sûr une œuvre éphémère, mais on peut être persuadé qu’elle nourrira forcément les valeurs de cet enfant. La créativité qui nous offre du sens, c’est celle qui nous permet à nous aussi d’interpréter le monde, et pourquoi pas y mettre une forme nouvelle. notre forme nouvelle. Et ça, c’est magnifiquement fait par ce père dans le film. Et enfin, ce film, il nous parle aussi du troisième pilier de la création du sens, à savoir l’expérience. Alors, je l’ai déjà dit, mais pour mémoire, les trois piliers qui nous permettent de vivre du sens sont donc l’attitude face à la souffrance, la création comme on vient de le voir, et l’expérience, comme je vais l’expliquer. Et selon Frankel, que je cite à nouveau, Le salut de l’homme passe par l’amour et dans l’amour. Et c’est notamment cela qu’on appelle l’expérience, c’est-à-dire l’amour, non pas comme un sentiment, mais comme une expérience du sens. Toujours pareil, je l’explique avec le film. Dora, l’épouse donc et mère, elle monte dans un train vers les camps alors qu’elle n’est pas, elle, arrêtée. Elle fait ce choix volontairement. pour ne pas être séparée intérieurement de son mari et de son fils. Ce qu’on peut dire, c’est que Guido, il crée du sens, mais Dora, elle, incarne le sens. Il se vit le sens en elle, car on se doute qu’elle le sait, mais elle ne peut pas les protéger. Et elle le savait finalement, sûrement, parfaitement en montant dans le train. Elle est… dans l’expérience de l’amour, celui que l’on vit en soi, même dans l’horreur, l’absence ou le deuil en réalité. Dora, dans ce film, nous rappelle donc que le sens ne vient pas seulement de ce que nous créons, mais aussi, et peut-être presque surtout, de la présence que nous choisissons d’offrir aux autres et au monde. Et ça, c’est précisément cela. que nous propose la logothérapie grâce à la pensée de Frankl. Cette recherche de sens, très personnelle bien évidemment, elle nous rend notre liberté intérieure. Et surtout, elle nous offre la possibilité de déployer nos valeurs et qui nous sommes même dans l’épreuve et la souffrance. Revenons à ce superbe film. Guido, il met sa facétie naturelle au service de l’œuvre qu’il lègue à son fils. qui, devenu adulte, dira, en voix off, à la fin du film, qu’il s’agit d’un cadeau, je le cite, que son père lui a fait. Absolument magnifique, parce que, eh bien oui, c’est réellement un cadeau dans l’horreur. C’est la preuve que le sang sain peut nous aider à transcender même les épreuves les plus tragiques. Un autre point, également, qui me semble quand même très important. La logothérapie, elle ne parle pas de résilience. Alors, la résilience est un terme dont on parle beaucoup et c’est tant mieux, d’accord ? Je vais la définir. On dit que la résilience, eh bien, c’est la capacité à récupérer après un traumatisme dans un processus de reconstruction. Donc, c’est un processus. Ce mot-là, il est extrêmement important. Et ce qu’il faut comprendre, c’est que la logothérapie peut aider à la résilience Mais ce n’est pas son objectif premier. Pourquoi ce n’est pas l’objectif premier et surtout quelle différence ? Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on peut en réalité être résilient sans avoir trouvé de sens à l’épreuve vécue. Et ça, c’est des choses que vous avez sans aucun doute déjà traversées ou que vous avez déjà entendues. Il n’y a pas forcément cette notion-là de « il y a eu un sens à l’épreuve » . Je vais mieux, je me suis reconstruit, je suis plus paisible par rapport à ça, mais pourtant je ne trouve pas de sens à ce que j’ai traversé. Donc, résilience ne veut pas dire sens, alors que, bien sûr, la logothérapie, c’est une thérapie basée sur la recherche de sens. D’ailleurs, toujours dans le film, Guido, il ne cherche pas à s’adapter ou à guérir de la situation. Déjà, bien sûr, il est dans l’événement traumatique, donc ça serait trop tôt pour chercher à en guérir, mais… C’est pour illustrer mon propos. Il cherche, lui, à orienter la réalité par le sens qu’il souhaite lui donner, à savoir protéger l’humanité de son fils face à l’horreur. Donc la résilience, elle, elle aidera sans aucun doute son fils à vivre après l’épreuve. Alors que lui, le sens donné à la situation par son père l’a aidé à vivre pendant l’épreuve. Donc voilà pourquoi il y a une différence entre résilience et logothérapie, même si forcément dans un accompagnement thérapeutique, ce sont des termes, même en logothérapie, qu’on pourra utiliser. Donc quelques mots finalement pour un peu mieux comprendre ce qu’est cette notion de résilience. Déjà, à la base, ça désigne un phénomène physique, ce terme-là. C’est la capacité d’un matériau à absorber un choc, et à retrouver sa forme initiale. En psychologie, ça ne désigne absolument pas une capacité de retour à l’état initial, mais bel et bien une capacité d’adaptation. C’est Boris Cyrulnik qui fait vraiment connaître au grand public ce terme de résilience. Et il nous explique très bien que la résilience, elle n’efface absolument pas la blessure. Elle n’annule pas non plus le choc, ni la douleur, ni le souvenir. Par contre, elle permet de vivre avec. sans nier le souvenir et la douleur. La personne, elle ne revient donc absolument pas à son état antérieur, mais elle va se réorganiser autour de ce qui a été fracturé en elle. Si cette notion de résilience vous intéresse, je ferai avec grand plaisir, bien évidemment, un épisode spécifiquement dédié à cette notion-là. Et donc, pour revenir à la logothérapie et à ce film, eh bien, il nous fait vivre ce que sont Justement, les concepts clés de la logothérapie, notamment la capacité humaine à se relier à un sens, même lorsque tout semble l’abolir. Alors, on arrive à la fin de cet épisode, et aujourd’hui, je n’ai pas envie de vous proposer d’exercice. Parce que finalement, il n’y a rien à faire après ce film. Rien à appliquer, rien à transformer volontairement. Parce que la vie est belle, elle ne nous met pas devant une tâche, mais bien devant une position intérieure. Et c’est exactement là que la logothérapie commence. Dans ce film, Guido, il ne veut certainement pas modifier la réalité. Il ne peut pas éviter la violence, il ne peut pas protéger son fils en changeant le monde. La situation, elle est fermée, complètement, radicalement fermée. Et pourtant, quelque chose ne l’est pas. Viktor Frankl, il appelait ça la dernière des libertés humaines. La liberté de choisir son attitude lorsque toutes les autres libertés ont disparu. Non pas pour embellir la réalité, non pas pour la nier, bien évidemment, mais pour décider comment on peut s’y tenir dans cette réalité. Et ça, ce point-là, il est quand même essentiel. Parce que malheureusement, bien souvent, il est mal compris. Surtout dans notre société, comme on en a déjà parlé dans un autre épisode, assez axé sur le résultat et la performance. Donc, choisir son attitude selon la logothérapie, ça ne veut certainement pas dire être positif. Ça ne veut pas dire sourire. Ça ne veut pas dire non plus transformer la souffrance en leçon, ni même… Être résilient, comme on en a parlé. Cela veut dire, par contre, ne pas abandonner entièrement son humanité à ce que, malheureusement, parfois, une situation nous impose. Guido, on l’a dit, il ne nie certainement pas l’horreur. Il ne la minimise pas, il ne la rend pas non plus acceptable. Non, il fait autre chose. Eh bien, il protège un espace intérieur. Peut-être un peu le sien, mais surtout un espace intérieur dans lequel son fils peut encore rester un enfant. Et ce geste-là, ce choix de posture face à la souffrance, c’est réellement un acte de sens. Je vous propose maintenant de rester quelques instants avec cette idée. Peut-être que malheureusement, il existe dans votre vie actuellement une situation que vous n’avez pas choisie. Quelque chose, quelque part, qui s’est imposée à vous. Un cadre, une contrainte, une limite. Alors, je ne parle pas forcément de quelque chose de spectaculaire, juste quelque chose qui est là, et qui, malheureusement, pour l’instant, ne peut pas être changé. Allez, prenez cette situation, sans chercher à la commenter intérieurement, sans chercher à l’améliorer, sans même lui donner un sens. Laissez-la simplement exister. Parce qu’en logothérapie, la question n’est pas pas, pourquoi est-ce que ça, ça m’arrive encore ? Cette question, elle enferme. Souvent, malheureusement, elle tourne en boucle dans nos pensées. Elle cherche à nous amener vers une explication où malheureusement, eh bien parfois, il n’y en a tout simplement pas. Non, la question en logothérapie, elle est quand même différente, mais aussi beaucoup plus exigeante quelque part. La question c’est, quelle attitude cette situation attend de moi ? Non pas une attitude idéale. Même pas une attitude la plus noble, ni même celle qu’on raconterait finalement assez fièrement. Mais au contraire, celle qui serait juste aujourd’hui, dans ce contexte précis, avec vos ressources réelles et très personnelles. Et ça, il est vraiment important de le dire. Cette attitude, elle peut être discrète, silencieuse, et même… complètement invisibles de l’extérieur. Parce que parfois, c’est une manière de penser, une manière de parler, et même une manière de se taire. Parfois, c’est une manière de rester digne ou simplement de rester humain. Le sens, c’est pas un grand récit, c’est un ajustement intérieur. Et ça, j’espère que vous l’avez compris dans mon propos, et bien c’est exactement. ce que montre ce film. Guido, il ne transforme pas la situation, il transforme la relation à la situation. Il ne sauve pas le monde. Il protège un lien, un regard, une manière d’habiter ce moment si terrible et exigeant. Et en faisant cela, il répond à ce que la vie, on pourrait imaginer, lui demande. Et c’est cela. en réalité, pour Frankel, le sens. Alors, il n’y a rien à décider, ensemble, à la fin de cet épisode. Rien à résoudre, rien à corriger, pour une fois. Peut-être, quand même, simplement reconnaître ceci. Même lorsque tout semble figé à l’extérieur, quelque chose en nous reste bel et bien libre. Et que parfois, le sens, il ne se trouve pas dans ce que nous faisons, mais dans la manière. dont nous restons humains exactement là où nous sommes. Voilà, maintenant on arrive vraiment à la fin de cet épisode et j’espère quand même avoir réussi à vous donner envie de voir ou de revoir ce merveilleux film qu’est La vie est belle à la lumière de la logothérapie. Et puis, si le cœur vous en dit, comme d’habitude, je vous invite à venir échanger sur cette thématique dans les commentaires, pourquoi pas sur les réseaux sociaux. Et puis également, bien sûr, je vous invite aussi à partager cet épisode à des personnes à qui vous pensez, tout simplement, qui traverseraient peut-être une période de vie d’existentiel ou de quête de sens, et à qui, je l’espère, ces épisodes pourraient amener un message de… Meilleure compréhension et pourquoi pas d’espoir. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt. Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Trouver du sens…et ne pas être compris.e

(Vous pouvez également cliquer ICI pour écouter l’épisode)

Transcription automatique de l’épisode par Ausha :


Je vous souhaite la bienvenue dans ce court épisode, cette étincelle. Aujourd’hui, j’ai envie de répondre à une question que l’on me pose souvent sur la quête de sens. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer ensemble vers ce qui fait sens. Alors, la question qu’on me pose souvent quand je suis amenée à parler de sens, eh bien c’est comment vivre quand ce que je trouve justement comme sens n’est pas reconnu ou compris par les autres. Alors cette question… Intellectuellement, je suis sûre que vous avez déjà la réponse. Intellectuellement, rapidement, on est amené à se dire, qu’importe finalement. Sauf que, émotionnellement, la réponse à cette question est quand même très différente. Pourquoi j’ai choisi de répondre à cette question ? Eh bien, tout simplement parce qu’elle touche à mes domaines de prédilection, que sont les thèmes de, bien sûr, le sens, mais aussi la relation, également l’estime de soi. Donc c’est forcément une question qui me touche quand même beaucoup. Et pour illustrer finalement ce que pourrait être cette question, on va prendre une personne qui deviendrait végane. On entend beaucoup ce genre de situation actuellement, et surtout beaucoup de souffrance associée justement à ce choix de vie qui correspond souvent à une question de sens. Et donc les personnes, on peut imaginer, certains s’engagent d’ailleurs, suite à leur choix de véganisme. s’engagent justement dans la protection animale. Et ce qu’on retrouve quand même souvent pour ces personnes-là, c’est que justement, elles sont confrontées dans leur choix de vie, alors que ça correspond réellement au sens qu’elles trouvent actuellement dans leur vie. Donc elles vivent finalement une difficulté assez marquée par rapport à cette caisse de sens, qui est, moi je vis ça comme réellement un véritable… sens dans ma vie, je me sens à ma place et pourtant on me renvoie que c’est pas juste, que c’est pas aligné, donc je me sens ni compris ni reconnu par mon entourage dans ce sens que j’ai enfin trouvé. Et ça c’est vrai que c’est quand même assez difficile à vivre. Pourquoi c’est difficile à vivre ? Tout simplement parce que l’un des besoins humains les plus importants c’est d’être justement reconnu par les autres et surtout… de ne pas se sentir rejeté. Donc forcément, il y a cette souffrance-là qui s’est activée. Et je parle bien de souffrance quand on se sent non reconnu, justement par ce qu’on met en place. Et ça, on le voit très bien dans l’observation cérébrale. Je m’explique, on parle de plus en plus en neurosciences du cerveau neurosocial, notamment dans son aspect de besoin absolu de lien et de ne surtout pas être rejeté par le groupe de référence. Alors, si ça vous parle, je vous ferai un épisode sur le cerveau neurosocial, parce que c’est vrai que ça, c’est quand même quelque chose que je trouve extrêmement important à comprendre, notamment dans la quête de sens, et notamment justement par rapport à cette question dans cet épisode. Donc, voilà, on a un besoin absolu de se sentir reconnu. Et quelque part, on se trompe un petit peu. justement dans notre ressenti. C’est à dire que forcément quand on met en oeuvre un projet qui est associé au sens de nos vies, on a du mal à le dissocier de toute notre identité. Dans notre société d’ailleurs on a quand même largement tendance à confondre l’être et le faire et Et forcément, nos projets comme ça… on a l’impression que c’est toute notre identité. Et alors, ce qui peut se passer, c’est que justement, si nos projets liés au sens sont critiqués par nos proches, eh bien, on a l’impression que c’est toute notre personnalité qui est justement rejetée et critiquée. Et donc, il y a un gros travail à faire pour réussir à se dissocier justement de nos actes, des œuvres que nous offrons au monde. Sauf que malheureusement… Comme je l’ai dit, quand forcément il y a du sens lié au projet que nous mettons en œuvre, c’est d’autant plus difficile de se dissocier. Pour aider à traverser justement ces situations où on ne se sent pas reconnu dans les projets remplis de sens pour nous que nous mettons en œuvre, déjà la première chose à faire, c’est d’apprendre à ne plus dépendre de la validation des autres. Alors je sais c’est difficile, pourtant apprendre à ne plus dépendre de la validation des autres, c’est essentiel car c’est un véritable obstacle à la réalisation, à notre réalisation. et donc on peut au fait de se créer une vie remplie de sens. Donc c’est vrai que travailler cette question-là, eh bien elle est centrale. Je vous renvoie d’ailleurs pour ça vers un des épisodes que j’ai mis en ligne sur deux bouquins qui parlent de cette thématique, notamment « Avoir le courage de ne pas être aimé » et également « Laisse les faire » . Donc dans cet épisode, je travaille cette question-là de ne plus attendre la validation des autres pour… réussir à pleinement se réaliser dans nos vies. Alors, oui, c’est difficile, bien évidemment, mais c’est ce qui nous permet d’arriver à ce qu’on appelle de nos jours la complétude. Alors, la complétude, c’est une thématique qui nous invite à ne dépendre finalement que de nous-mêmes. Alors, attention, là, ça peut paraître un petit peu individualiste dit comme ça. Au contraire, j’ai envie de dire. Plus on va justement pouvoir être en capacité par nous-mêmes d’avancer, de mettre en œuvre des projets, plus on peut se relier aux autres, mais de manière juste et alignée et adaptée. Parce qu’on ne sera pas dans l’attente que l’autre justement répondra à nos besoins. On sera dans cette capacité à affirmer nos valeurs, à affirmer le sens que nous trouvons à notre vie. Et donc, pourquoi pas ? aussi être en capacité à inspirer d’autres personnes. Donc c’est vrai que dans notre société de plus en plus individualiste, ces grands thèmes-là de répondre à soi-même à ses besoins peuvent amener justement à une petite incompréhension. Pour moi, dans mes propos, dans la façon dont je l’entends, c’est vraiment l’inverse presque de l’individualisme, puisque c’est une façon de revenir aligné dans ce monde, de pouvoir offrir notre personnalité pour pouvoir, pourquoi pas, inspirer les autres, comme je l’ai dit, et à la fois, sans attendre la validation. Alors, pour comprendre ça, ou en tout cas pour y arriver, pas à pas, parce que je pense que ça, c’est un très très long chemin, il y a quelque chose que l’on peut réfléchir ou travailler, c’est la question de la vision du monde. Alors, à nouveau, je vous renvoie vers un autre épisode. Je mettrai les liens en description, bien évidemment. Je vous renvoie vers un autre épisode où j’explique en détail cette notion de la vision du monde, qui est, pour la simplifier là aujourd’hui, qui est le fait que tout se construit finalement dans notre cerveau. Que nos expériences, principalement, colorent bien évidemment la façon dont on va voir tout ce qui nous entoure. Et donc tout ce qui est l’autre aussi. Donc en gros, pourquoi j’explique ça ? Ce que je veux expliquer par là, c’est que lorsque quelqu’un nous dit que notre projet n’a pas de sens, n’a pas de valeur, n’a pas d’intérêt, pourquoi pas ? Eh bien en réalité, ça ne dit rien de notre projet. Ça ne parle que de la personne, que de sa vision du monde, de sa façon de voir l’intérêt, le sens, etc. Plus on va traverser, justement, travailler cette notion de vision du monde, plus, pas à pas, on va réussir à se détacher, justement, de ce que les autres nous renvoient. Alors, c’est vrai que c’est quand même un gros, gros, gros travail. Là, on touche à quelque chose qui est assez central, notre besoin de lien, notre besoin d’être reconnu et notre besoin de sens. C’est pour ça que, forcément, moi, cette question elle-même touche, parce que je suis, bien sûr, moi aussi, impactée par ce ressenti-là par moment. Or, très clairement, Se créer une vie qui a du sens, c’est aussi une façon de retrouver une liberté intérieure, notamment vis-à-vis du regard des autres. Donc avançons sur nos chemins vers le sens. Celui-ci va aussi nous amener pas à pas à nous libérer de cette attente que nous avons, quelque part très infantile, ni plus ni moins, d’être reconnus et validés par les autres. Voilà, j’espère que je réponds un petit peu à votre question par rapport à ça. Si vous avez des commentaires, je les recevrai avec grand plaisir. Si vous avez besoin que je complète mon propos, je suis bien sûr toujours à votre disposition, notamment dans l’espace commentaires. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. À bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » Si cela vous parle… Les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.