Le lien vers l’épisode se trouve également ICI
Transcription automatique par Ausha :
En ce premier jour de l’été, j’ai envie de réfléchir avec vous aux injonctions, aux normes que nous subissons et qui nous éloignent finalement de nous-mêmes et donc de notre quête de sens. Car oui, par exemple, nous pouvons très bien ne pas aimer l’été. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens ? » Ici. Une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans cet épisode, je vous invite à écouter ceux qui se réveillent en vous et à avancer ensemble vers ce qui fait sens. Ah l’été, ces soirées tardives, les vacances bien évidemment, la plage, les apéros interminables, les copains. L’été, on entend qu’il est attendu par… tous et toutes, absolument toute l’année. C’est le soleil aussi qui est synonyme de joie, de plaisir dans notre inconscient collectif. Sauf que malheureusement, certains vivent une toute autre réalité. Et alors très clairement, ceux qui vivent cette autre réalité, on va les appeler gentiment ou un peu moins gentiment parfois, des rabat-joie par exemple. Alors, j’ai choisi cet exemple car il illustre une injonction, mais des injonctions, bien évidemment, il y en a plein d’autres. Tout ce qui touche à nos vies, finalement, devrait correspondre aux normes collectives. On devrait forcément, tous et toutes, vouloir des enfants, faire carrière, devenir propriétaire, aimer Noël, et bien sûr aimer l’été, si on reprend cet exemple-là. Or, les injonctions, elles nous éloignent de nous-mêmes. Et en plus de ça, nous finissons peut-être aussi par croire ne pas être tout à fait normaux. Et ça, cette croyance-là, elle peut nous empêcher de créer notre vie pleine de sens. Allez, revenons à l’exemple de l’été qui est, bien sûr, vous l’avez compris, une illustration, une métaphore. Et oui, je vais parler de moi. Pourquoi je vais parler de moi ? Eh bien, parce que dans le passé, écoutez ceux qui vivaient ce que moi aussi j’avais l’impression de vivre. eh bien, ça m’a beaucoup aidée. Déjà, à mieux me comprendre, mais aussi à savoir justement que je n’étais pas seule à vivre certaines choses. Et ça m’a aidée, eh bien oui, à avoir moins honte, ni plus ni moins. Et donc moi, par rapport à cette question des saisons, eh bien, clairement, je suis une femme du froid. J’aime l’hiver, j’aime la pluie, oui. J’aime la beauté artistique aussi, des arbres nus par exemple. J’aime les bougies, les plaides, les livres qu’on lit le soir avec une tisane et un chat. Et surtout, je ne supporte pas du tout la chaleur. Alors avant, pour ne pas être jugée, j’avais tendance à dire que ma saison préférée, c’était plutôt le printemps ou l’automne. Mais non, clairement, je crois vraiment que l’hiver est réellement ma saison préférée. Alors là, j’entends gna gna gna, oui, la vie de mamie, etc. Eh bien, oui, très clairement, si c’est considéré comme une vie de mamie, eh bien oui, c’est ma vie et mes plaisirs à moi. Notre monde, c’est clairement celui des extravertis. De ceux, les extravertis, c’est de ceux qui se rechargent au contact des autres. Les introvertis, qui ne sont à ne pas confondre surtout avec les timides, ils ont eux besoin plutôt de solitude et de calme pour se recharger. Alors ? Bien évidemment, tous les introvertis n’ont absolument pas une préférence pour les saisons froides. C’est une métaphore finalement, les saisons entre extraversion et introversion. Parce que oui, l’été c’est plutôt bien sûr une saison d’extraversion, et l’hiver bien sûr plutôt une saison d’introversion. Et notre société, elle valorise, oui, l’extraversion. Donc aussi l’été, le bruit. Et nous pouvons… alors avoir tendance à avoir honte ni plus ni moins de qui nous sommes. Alors, pourquoi cette réflexion-là sur la métaphore ou la symbolique des saisons, elle est importante ? Eh bien, c’est important en réalité concrètement et symboliquement. Déjà, concrètement, ce qu’il faut savoir, c’est que les difficultés, elles peuvent s’exacerber l’été. Et ça, c’est important, ne serait-ce que pour prendre soin des uns des autres. Car, bah oui, de manière extrêmement pratique, un été chaud, eh bien ça peut être source d’une grande souffrance. Bien sûr pour ceux déjà qui sont dans la précarité. Ceux qui travaillent aussi au contact des éléments. Donc ça c’est d’un point de vue très pratique. Mais aussi psychologiquement. On sait que l’anxiété a tendance à augmenter l’été. Les troubles anxieux, par exemple, sont aggravés avec les grosses chaleurs. Je ne vais pas rentrer forcément dans les détails ici parce que ce n’est pas l’objectif, mais peut-être pour en dire deux mots. Les personnes qui souffrent de troubles anxieux, il a été montré qu’ils ont une proprioception qui est plus faible que la moyenne. Alors, qu’est-ce que c’est la proprioception ? Eh bien, c’est ce qu’on appelle notre sixième sens interne. C’est notre capacité à ressentir les messages du corps et à les interpréter correctement. Donc, tout simplement, j’ai le ventre qui gargouille. Bah tiens ! C’est le moment d’aller déjeuner. Vous voyez, c’est ça la proprioception. Et donc, une personne qui a un trouble anxieux, elle va avoir une proprioception qui est assez faible. Et elle va donc mélanger les signaux corporels. En été, forcément, on va avoir des manifestations corporelles différentes. On va transpirer plus, on va être plus fatigué, etc. Peut-être aussi avoir le rythme cardiaque qui s’accélère. Donc, des manifestations. Et… forcément ces personnes-là, elles peuvent confondre justement la manifestation normale liée à la chaleur avec un problème de santé. Donc c’est pour ça que des personnes qui peuvent avoir un trouble anxieux vont voir ce dernier aggravé par la chaleur. Également, quelque chose dont on parle de plus en plus, c’est l’éco-anxiété. Et ça, oui, forcément, il a été largement montré que les personnes qui souffrent d’éco-anxiété, eh bien voient leurs conditions s’aggraver. avec des étés particulièrement chauds. Donc forcément, ces situations-là, eh bien oui, ça crée des personnes qui peuvent être en souffrance, alors que la société collectivement dit c’est magique, c’est l’été, c’est formidable, on est tous heureux et heureuses. Également, quelque chose auquel on ne prête pas suffisamment attention, justement en lien avec cette survalorisation de cette période-là, eh bien c’est le sentiment d’isolement. Voir la vie des autres qui s’étale absolument partout, des vacances, avec les amis, ce genre de choses, eh bien oui, peut créer une forme de détresse émotionnelle, ni plus ni moins, chez des personnes qui n’auraient pas un environnement amical, familial, qui n’ont pas le budget pour s’offrir les mêmes choses. Et donc tout ça, ça peut aggraver un sentiment d’isolement. Et… Ces différents points, forcément, peuvent avoir un impact énorme sur la santé mentale, avec en plus moins d’accès aux dispositifs de soutien. Oui, parce que légitimement, les thérapeutes, les psychologues, prennent aussi des vacances et donc vont être moins disponibles. Et un dernier point par rapport à ça, c’est qu’en plus de cette aggravation des symptômes en lien avec la santé mentale, les personnes peuvent justement avoir honte. De ressentir tout cela, puisque, je l’ai déjà dit, notre société nous renvoie en permanence que nous devrions n’être que fête et joie pendant l’été. Donc ça amène un cercle vicieux, une difficulté à verbaliser, à demander de l’aide, ce qui amène un renforcement des difficultés et ainsi de suite. Donc c’est pour ça que c’est important quand même de réfléchir à cette question de est-ce que cette injonction, finalement, sociétale, Elle parle à tout le monde et elle convient à tout le monde. Également, pourquoi c’est important de réfléchir à ça ? Comme je vous l’ai dit, c’est aussi important symboliquement. Parce qu’une vie pleine de sens, elle passe notamment par l’expérience. L’expérience, celle que nous nous autorisons à vivre. Mais aussi, celle que nous refusons. Pourquoi ? Parce qu’elle ne nous convient pas, par exemple, tout simplement. Et se détacher des injonctions amène une possibilité de mieux se connaître, de mieux connaître ses besoins, ses valeurs, et forcément de se créer une vie qui nous correspond. Et peu importe, quelque part, si les autres la trouvent vide ou estiment que c’est une vie de mamie, pourquoi pas ? D’ailleurs, en lien avec ça, je vous invite à écouter l’épisode que j’ai fait justement sur la question de ne pas être compris dans le sens que l’on a ou qu’on l’a trouvé à sa vie. Je vous mettrai… en description de cet épisode, justement, le lien pour aller plus loin sur cette question-là. L’été, il est donc désormais là. Et faites ce qui vous anime, même si, oui, c’est rester chez soi en mode hiver alors que tout le monde fait la fête à l’extérieur. Alors, quand même, je dois reconnaître que pour ma part, je profite bien mieux désormais du rayonnement de joie collective liée à l’été. Mais je crois justement que je l’aime un peu plus l’été désormais, depuis que j’ai compris que j’avais le droit d’assumer et de dire clairement. que je n’aimais pas l’été. Allez, avant de vous quitter, je vais vous inviter à partager cet épisode à des gens qui, vous le pensez, auraient peut-être besoin de l’entendre. Mais également, c’est important pour moi de vous dire que ce podcast, il a désormais 3 mois et il a maintenant besoin de votre aide. Donc si cela vous parle, je vous invite, comme je l’ai dit, à partager, mais aussi à mettre une note et ou un commentaire sur votre plateforme d’écoute préférée. Ainsi, mon podcast, il va, je l’espère, pouvoir grandir et donc toucher vraiment ceux qui auraient besoin de l’entendre. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.