Épisode. Pourquoi sommes-nous devenus si sérieux ?

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Transcription automatique par Ausha :


Nous sommes désormais en octobre, la rentrée est passée depuis longtemps et nous avons donc repris nos routines, nos habitudes et nos têtes de gens bien trop sérieux, notamment dans les transports en commun. Où sont passées nos envies d’enfants de découvrir le monde avec avidité et surtout avec légèreté ? Pourquoi pour certains auteurs, le sérieux est clairement devenu le mal du siècle ? C’est ce que nous allons découvrir ensemble aujourd’hui. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez « Où est le sens ? » Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble. vers ce qui fait sens. Je vais commencer en vous racontant une petite histoire. Lors d’une formation Agilité Émotionnelle en entreprise, j’ai l’habitude de faire une micro-séance de yoga du rire. Alors si vous ne connaissez pas le yoga du rire, l’objectif est de se « forcer » à rire en groupe grâce à certains exercices et souvent ensuite le rire devient naturel car très communicatif. Et une fois dans un groupe, il y a eu un participant qui justement avait un rire, mais extrêmement, extrêmement communicatif. Donc, on a vraiment eu un fourrir collectif qui nous a fait un bien fou. C’était en fin de journée, c’était un moment absolument extraordinaire. Et dans le tram de retour, je repense forcément à ce moment. Et d’un coup, à nouveau, le fourrir me prend. Sauf que, eh bien, ce fourrir, je l’ai tout simplement bloqué. Et ça, eh bien, ça m’a pas mal interpellée. Parce que j’avais passé deux jours… à travailler la question du lâcher prise émotionnelle et aussi la libération du regard des autres. Et là, je me retrouve à bloquer quelque chose qui aurait été forcément extrêmement agréable. Mais j’ai, soyons honnêtes, tout simplement eu peur de passer pour folle à me marrer toute seule. Et ça, malheureusement, on le vit tous et toutes très fréquemment. Sur la question du rire, on entend souvent que les enfants rient 400 fois par jour contre seulement 15 fois pour les adultes. En réalité, cette statistique très répandue, elle n’a pas de source scientifique clairement identifiable. Donc attention avec ce genre de ratio. En revanche, des recherches qui datent de 2002 portant sur plus de 10 000 personnes montrent bien, oui, que la fréquence du rire diminue globalement avec l’âge. Nous ne rions pas assez, c’est évident. Mais nous avons également perdu notre spontanéité de l’enfant. Ainsi, même nos loisirs deviennent ni plus ni moins des projets à optimiser. Il faut être productif, que le projet soit valorisant, voire instagrammable. Même prendre soin de soi devient une injonction super sérieuse avec des routines en 8 étapes pour la skin care. Nous avons désormais du mal à simplement nous amuser pour nous amuser. D’ailleurs, un fait intéressant que vous avez sans aucun doute remarqué, souvent, on s’autorise à retrouver notre âme d’enfant en présence d’enfant. Le parent, il va tout à fait s’autoriser à faire de la balançoire quand son enfant est là. Par contre, il y a peu de chances qu’il le fasse seul en sortant du bureau pour décompresser. Alors pourquoi, en tant qu’adulte, en sommes-nous là ? Peut-être déjà, car le sérieux, ça nous donne une impression de contrôle, de maîtriser les choses et donc de se protéger. Le sérieux, ça permet d’éviter le regard des autres, le ridicule, mais aussi l’échec. D’ailleurs, ce qui est quand même questionnant, c’est que les jeunes indiquent désormais clairement la peur d’être gênant. Ça, c’est lié à l’omniprésence de l’image. De nos jours, tout peut être filmé et se retrouver sur les réseaux, avec malheureusement tout ce qui peut être lié à cela, le harcèlement notamment. Et forcément, ça ne les aide pas à oser sans avoir peur du ridicule. Finalement, nous perdons peu à peu notre spontanéité. Et être sérieux, eh bien oui, devient finalement ne surtout pas se mettre en danger. Alors attention, je ne dis pas que ce n’est pas légitime comme ressenti. Nous avons d’ailleurs tous et toutes déjà subi la moquerie ou pire du harcèlement. Nous savons donc à quel point cela peut être dur ou carrément terrible quand on parle de harcèlement. Nous avons donc appris à nous protéger. Mais cette protection, ça nous empêche de vivre notre vie mais aussi de trouver de la joie. Le sérieux nous empêche la curiosité, de faire quelque chose juste comme ça pour rien. de créer, de se tromper aussi. Et toutes ces choses-là, elles sont source de plaisir en réalité. Alors, vous allez peut-être me dire mais le monde, lui, il est sérieux, donc comment ne pas l’être ? C’est vrai qu’on pourrait le penser. Et à la fois, la légèreté n’est pas la superficialité. Car on peut être profondément engagé dans ce monde et pourtant savoir rire, jouer, faire l’idiot. Car Et si justement, la légèreté était un levier pour faire face à ce monde en tension ? Et c’est justement avec cette question-là que l’on recoupe la question du sens. Nous pensons souvent que le sens de nos vies se trouve dans des choses sérieuses. Un métier, des engagements, des responsabilités. Ce qui met d’ailleurs une pression assez importante. Or, ce que nous explique Viktor Frankl, le père de la logothérapie, donc la thérapie centrée sur le sens, c’est qu’une des grandes sources de sens se trouve en réalité dans l’expérience. Donc, dans ce que nous vivons, expérimentons, découvrons, ressentons. Et donc, pas seulement dans de grandes choses, de grands projets. La joie, le rire, la beauté peuvent être des expériences riches de sens. Car oui, une vie riche de sens, n’est donc pas forcément une vie grave, bien au contraire. Retrouver la légèreté, ça permet de se retrouver, retrouver ses envies réelles cachées, souvent, oui, sous des couches de sérieux. Et c’est ça qui peut nous remettre sur chemin vers le sens. Alors, maintenant que, j’espère, vous avez compris avec moi l’intérêt de se remettre un petit peu en tension, un petit peu en danger, et retrouver finalement la légèreté, la joie de l’enfance, quelques pistes justement pour y accéder. Tout d’abord, pour une fois, essayez de faire quelque chose sans aucun objectif. Sans le partager sur les réseaux, par exemple. Non, juste pour soi. Autre chose, ça je trouve qui est extrêmement puissant, retrouver des activités que l’on faisait enfant ou adolescent, des livres que l’on lisait aussi. Vraiment, repratiquer cette activité-là, c’est une sensation, si vous l’avez déjà fait, vous l’avez forcément vécu, c’est une sensation qui est très particulière parce que, oui, on a l’impression de retrouver l’enfant. Ça peut être un moteur très intéressant de retour vers notre âme d’enfant. Également, laisser une place à l’imprévu. Oui, alors ça, c’est pas simple, j’en conviens, dans nos vies extrêmement rythmées. Mais oui, parfois, se tromper de chemin. laisse place à l’imprévu et peut permettre une expérience très riche de sens. Autre chose, accepter d’être mauvais et aussi de rire de soi. Alors ça c’est pareil, c’est super difficile. Donc attention, quand je vous dis ça, c’est pas une injonction, c’est un chemin, c’est une piste tout simplement. Qu’est-ce qui peut nous aider à ça ? Déjà, se souvenir que tout le monde a été un jour débutant. et que personne ne maîtrise toutes les activités et tous les sujets. Allez, je vais même vous faire une proposition encore plus concrète, avec l’idée d’un défi. Alors, le défi que je vais vous proposer, il est tiré au sort dans le livre 365 jours pour retrouver son âme d’enfant, paru aux éditions Larousse. J’ai un petit peu peur d’écorcher le nom de l’autrice, donc je vais éviter, et à la place je mettrai le lien vers cet ouvrage très sympathique. dans la description de cet épisode. Donc j’ai tiré au sort un défi proposé parmi les 365 défis, et j’ai vraiment tiré au sort. Mais ce qui est assez rigolo, c’est que ça tombe bien, car le défi que je vais vous proposer, je l’adore vraiment, et je l’avais d’ailleurs réalisé avec une amie. Je suis sûre d’ailleurs qu’elle se reconnaîtra, et je l’embrasse donc très fort au passage. Ce défi, il est nommé « Ramène un trésor » . L’objectif, c’est d’aller se promener avec son âme d’enfant. Et cette âme d’enfant qui voit dans chaque caillou, chaque feuille, un trésor inestimable. Si vous vous prenez au jeu, oui, je vous promets qu’en effet, vous trouverez des trésors. Alors, vous allez peut-être me dire « Oui, mais quel objectif a ça ? » Eh bien, aucun, justement. Si ce n’est, peut-être, enfin… de prendre du plaisir à être ici et maintenant, de redécouvrir le monde avec des yeux d’enfant et de retrouver enfin la liberté que nous avons perdue en grandissant. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. À bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. (Re)trouver du sens au travail

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Dans le premier épisode sorti dimanche dernier et consacré à la notion de sens au travail, nous avons essayé de voir si le travail a encore un sens. Aujourd’hui, nous allons voir quoi faire pour retrouver du sens au travail quand on semble finalement l’avoir perdu. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Alors, avant de commencer, une toute petite précision. Quand je parle de… Travail, ce n’est bien sûr pas que l’activité professionnelle. Il peut s’agir aussi, par exemple, de l’investissement d’une personne retraitée dans des associations. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que ça prend aussi beaucoup de place et de temps dans la vie de ces personnes-là. Et parfois aussi, le sens peut se perdre dans ce contexte, même s’il était bien sûr au démarrage parfaitement choisi. Donc cet épisode, il vous est oui aussi dédié. Toutes les personnes qui ont une activité à l’extérieur de chez eux, même si j’utilise le mot travail, remplacez-le par implication dans des associations par exemple, etc. Mais voilà, c’est pour toutes les personnes qui ont une activité à l’extérieur. Alors, le premier point à réfléchir si vous pensez avoir perdu le sens au travail, c’est qu’avez-vous perdu en réalité ? Est-ce que c’est le travail en lui-même qui n’a plus de sens ? Est-ce que ce sont les conditions qui ont changé et qui donnent donc l’impression d’avoir perdu le sens ? Est-ce que c’est le lien avec les collègues, l’encadrement, les clients, les bénéficiaires qui ne sont plus satisfaisants ? Ou est-ce nos propres aspirations quelque part qui ont changé ? Ces questions, elles sont importantes parce qu’elles permettent de faire la différence entre une fatigue, un épuisement et une réelle perte de sens. Car… parfois, oui, une fatigue peut nous donner l’impression d’avoir perdu le sens. Et le sens, il est peut-être alors seulement caché sous des liens devenus insatisfaisants, par exemple. Alors attention, comme je l’ai déjà dit dans l’épisode 1, que je vous invite à aller écouter si ce n’est pas encore déjà fait, l’idée n’est certainement pas de minimiser la souffrance au travail. La question du sens, elle n’est Pas à se poser clairement en l’état si vous vivez dans un environnement toxique. Parce que se poser cette question-là, ça serait presque minimiser votre souffrance et pourrait au contraire l’aggraver. Donc si vous avez des doutes, je le redis, je l’ai dit dans l’épisode 1, mais je le redis parce que c’est très important pour moi. Si vous êtes dans une souffrance professionnelle et que vous avez des doutes sur ce que vous traversez, faites-vous accompagner. Ça vous permettra justement d’éclaircir les situations que vous traversez et de mieux comprendre s’il s’agit d’un environnement inapproprié ou d’une perte de sens. Alors, revenons à la perte de sens. L’idée, ça va être de chercher où il peut encore se trouver, où se retrouver. Souvent, nous cherchons le grand sens, celui qui va nous épanouir sur de nombreux plans. Et ça, je vous envoie à nouveau vers l’épisode 1 où je l’avais expliqué. Or le sens, en réalité, il se cache souvent dans des actes très concrets, voire très simples. Pour nous aider à comprendre ça, on peut se poser la question qu’est-ce que mon travail, mon activité m’apporte et apporte concrètement ? Donc pas qu’à moi, aux autres, au monde. Se poser cette question-là… Qu’est-ce que le travail m’apporte et apporte concrètement ? Eh bien, ça permet de mettre en lumière une des trois voies du sens selon la logothérapie. Allez, la première voie du sens, c’est la création. Donc la création, ce que l’on crée, accomplit, qui est un facteur puissant de sens. Or, parfois, sous la pression, la fatigue, nous perdons de vue justement ce que le travail peut apporter au monde. Et ça ? Pour retrouver du sens, c’est important d’aller à la recherche, de se rappeler de ce que finalement nous créons. La seconde voie du sens, c’est l’expérience. Et ça, l’expérience, ça va passer par ce que l’on vit et ou reçoit. Donc la question, c’est quelles rencontres, relations, expériences ont encore de la valeur dans ce que je vis dans mon quotidien. Le sourire d’un client, d’un bénéficiaire par exemple, permet souvent de refaire émerger le sens qu’on a perdu sous la pression ou la fatigue. Et enfin, un accent. peut être très intéressant pour retrouver du sens, c’est notre positionnement. Nous n’avons souvent pas la main sur les contraintes, le salaire, les collègues, les conditions de travail, etc. Mais nous avons une liberté, notre façon de réagir face à cela. Et ça, eh bien oui, c’est une source très puissante car ça nous redonne notre liberté intérieure. Oui, nous choisissons en… permanence. Je vais m’expliquer, mais cette question-là, elle surprend souvent beaucoup mes participants et participantes en formation. Pourtant, c’est vraiment une notion importante car elle nous redonne du pouvoir et de la liberté. Ce que nous devons comprendre, c’est que nous avons toujours le choix. Oui, tous les matins, nous choisissons consciemment de rejoindre un travail qui peut-être ne nous convient plus. Je vous entends presque hurler là en m’écoutant. Et vous allez peut-être dire mais c’est complètement faux, j’ai des factures à payer, le loyer, etc. Et oui, vous avez tout à fait raison, c’est vrai. Mais par contre, on pourrait faire différemment et en subir les conséquences. L’idée, c’est que oui, on pourrait ce matin-là ne pas aller travailler. Mais par contre, on aurait bien sûr des conséquences. Donc nous avons en permanence le choix. Alors attention, quand je dis ça, le but n’est certainement pas de faire culpabiliser. Au contraire, bien comprendre cette notion-là, ça ramène de la légèreté. Comme je l’ai dit, oui, je pourrais ne pas aller travailler ce matin. Mais je choisis d’y aller pour ne pas subir les conséquences négatives. Comprendre cela, que l’on a choisi en conscience, ça permet peut-être d’être… un petit peu moins ronchons au travail. Ou en tout cas, de vivre la journée avec un petit peu plus de légèreté. Je vais prendre un exemple. J’adore souvent les formations parce qu’il y a toujours un côté un petit peu magique par rapport à ce qui se passe. Je m’explique. J’ai expliqué ce concept-là à un groupe et clairement on n’était pas d’accord avec ça. Me renvoyer à juste titre que la vie c’est pas si simple et que nous avons des obligations, etc. Et j’ai une participante qui, elle, dit Mais moi, je suis tout à fait d’accord avec vous. » Et elle nous explique que ça faisait des mois qu’elle vivait dans un environnement toxique au niveau professionnel. Et un jour, elle a compris ça. Elle a dit « Mais finalement, tous les jours, je choisis d’y retourner. » Et là, elle a pris une décision. Elle a tout quitté. Elle a démissionné. Alors, chapeau bas quand même à cette participante. Je ne sais pas, peut-être qu’elle m’écoutera, on ne sait jamais. Mais chapeau bas. Elle était maman solo. avec enfant en bas âge à cette époque-là, et elle a démissionné. Donc, vraiment, oui, chapeau, clairement. Par contre, ce qu’elle nous racontait, c’est que derrière, ça a été un immense cadeau, parce qu’elle a pu trouver le travail qui lui convenait en tout point, quelque part. Donc, ce qu’elle a vraiment mis en lumière, c’est que oui, nous choisissons. Mais attention, l’idée, encore une fois, n’est pas de se culpabiliser, mais de vivre les choses avec un petit peu plus de légèreté, comme je le disais. en se disant, ben ok, là, pour l’instant, j’en suis là. Pour l’instant, je choisis d’être, de rester dans ce travail qui ne m’épanouit pas. Et c’est ok, on verra plus tard si je fais un autre choix. Mais aujourd’hui, à chaque instant, je fais ce choix-là. Ce discernement-là, il nous permet, comme pour ma participante, eh bien, parfois, oui, de partir. Ou alors, eh bien, oui, de rester plus léger, comme je le disais. mais aussi de retrouver du sens dans des petites choses alors que nous l’avions perdu. C’est grâce à cela finalement qu’on va pouvoir se dire « bon, je fais ce choix-là, c’est vrai que c’est difficile, mais c’est vrai que j’aime bien la relation avec telle personne, telle personne, puis quand même, ça aide quand je fais telle tâche, etc. » Donc ça permet de nous reconnecter aux petites choses en lien avec le sens. Car comme je l’ai dit, c’est là qu’il se cache en réalité. Le sens dans les petites choses. Et d’ailleurs, ça va permettre de reconnecter le travail avec nos valeurs. Ça permet ainsi de se demander ce qui compte vraiment pour nous et de se poser ensuite la question « Quelles valeurs je peux encore exprimer dans mon travail ? » « Est-ce que je peux modifier quelque chose pour qu’il soit davantage en cohérence avec mes valeurs ? » Ainsi, dans des petites actions, remettre du sens permet de pouvoir exprimer à nouveau nos valeurs si importantes pour notre bien-être et notre santé mentale. Mais si… Après tous ces questionnements-là, on se rend compte que retrouver du sens, c’est vraiment pas possible dans notre métier actuel. Est-ce que la seule solution dans ce cas-là est partir ? Peut-être pas. Non, parce que parfois, comme on l’a vu, c’est impossible compte tenu de nos contraintes personnelles. Mais je le rappelle, le travail n’a certainement pas à être notre unique source de sens. Un autre exemple de participante. On travaillait justement la question des valeurs et cette participante m’expliquait que, eh bien, elle vivait très mal depuis quelques mois son activité professionnelle. En la faisant réfléchir aux valeurs importantes pour elle, elle a compris qu’elle croyait à tort que sa valeur fondamentale était la bienveillance. Elle avait beau mettre toute la bienveillance qu’elle voulait dans sa relation avec ses clients, elle ne se sentait pas nourrie. Et en l’écoutant, moi je me suis dit, je ne suis pas sûre que ça soit votre valeur. Number one presque. Et en réfléchissant, elle s’est rendue compte qu’en effet, pour elle, c’était la justice sa valeur la plus importante. Et elle avait l’impression que dans sa structure était vécu beaucoup d’injustices en lien avec la clientèle justement. Donc en réfléchissant avec elle, il n’était pas possible de quitter son travail, ou en tout cas elle ne souhaitait pas quitter son travail, mais elle a pris la décision de s’investir dans une association d’aide humanitaire qui lui a permis de remettre sa valeur de justice sociale au service ni plus ni moins du monde. Donc le sens n’est pas forcément dans ce que l’on fait, mais dans notre manière dont on contribue au monde. Et cela, oui, peut se vivre bien sûr dans le travail, mais aussi dans des associations, mais aussi par exemple dans l’art que nous offrons au monde, dans la relation avec nos voisins, dans un simple compliment même. offert à un inconnu, compliment qui lui aura alors illuminé sa journée. Notre société consumériste, elle nous a fait croire que le travail n’était plus seulement un moyen de subvenir à nos besoins et d’avoir des projets, mais aussi toute notre identité et notre unique source de sens. Et je crois qu’une fois qu’on a compris tout ça, il est grand temps de se réapproprier notre sens dans le travail. Oui, pourquoi pas, si cela vous parle. Mais surtout dans ce qui nous rend unique. Voilà, on est à la fin de cet épisode. Et je ne peux que vous souhaiter une belle réflexion, justement, sur ce qui vous rend unique. Mais allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt. Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Le travail a-t-il encore un sens ?

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Transcription automatique par Ausha :


Nous sommes en septembre et je crois qu’il est désormais grand temps de réfléchir ensemble à la question du sens de notre travail. Vaste thème qui va déjà faire l’objet de deux épisodes, un aujourd’hui et un la semaine prochaine, et sans aucun doute d’autres dans les semaines qui viennent. Alors aujourd’hui, nous allons réfléchir pour savoir si le travail a encore un sens. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Alors, avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois quand même préciser qu’il s’agit d’un sujet, je trouve, très sensible à aborder. La société matérialiste fait souvent porter individuellement le poids d’un dysfonctionnement collectif. Je m’explique, parfois on peut voir l’organisation de formation gestion du stress sans réfléchir à ce qui stresse réellement les salariés dans le fonctionnement de l’entreprise. Alors, si je prends cet exemple, Je ne dis pas que les formations sont inutiles, je suis formatrice, donc ça serait quand même un petit peu étrange. Par contre, ce que je tiens vraiment à préciser, c’est que parfois, consciemment ou inconsciemment, il est cherché à masquer la toxicité du système, notamment en abordant la question du sens au travail ou retrouver du sens au travail. C’est pour ça que je trouve que c’est un thème qui est quand même assez sensible à aborder. et donc si vous souffrez au travail, déjà c’est absolument légitime. Cette souffrance, elle peut, oui, bien sûr, masquer une perte de sens et on va le réfléchir ensemble. Mais ça peut aussi masquer une toxicité dans la structure dans laquelle vous évoluez. Donc ce qui est important par rapport à ça, par rapport à votre ressenti, eh bien c’est de vous faire confiance et oser demander de l’aide. Un professionnel Il saura justement vous aider à faire la part des choses, comprendre si on est sur une recherche de quête de sens ou s’il y a des choses bien plus graves que vous subissez et qui demanderont peut-être un accompagnement différent. Voilà, c’était super important pour moi de faire ce petit préambule pour vraiment vous inciter et vous inviter à prendre soin de vous dans ces questions de souffrance au travail. Parce que le travail, de nos jours, il occupe une place immense dans nos vies. Tant bien sûr en temps, que ça nous coûte, tant de déplacement, tant de travail en lui-même, mais aussi en énergie globale. Le travail, il est aussi devenu quelque part la source de notre identité. On se présente souvent en disant « je suis comptable » , « je suis formateur » , etc. Et c’est un « je suis » plutôt que j’exerce le métier de. Notre métier dans notre société, eh bien oui, il nous définit. Donc il nous définit, mais il est également source des relations que nous pouvons y créer. La question du salaire, elle est bien sûr essentielle, mais pour beaucoup, la question centrale est est-ce que mon travail a un sens ? Si on élargit, on peut même se poser la question, est-ce que le travail en lui-même peut être source de sens ? Historiquement, le travail est associé à la survie, à la contrainte. Le travail servait nos objectifs de vie, nourrir sa famille, avoir un toit. Alors, bien évidemment, c’est toujours le cas. Mais une contrainte supplémentaire est venue s’y ajouter. Désormais, le travail, comme je l’ai dit, il est aussi source de définition de soi. On est nombreux à y chercher une utilité, une reconnaissance. Le fait d’avoir la sensation de contribuer à quelque chose de plus grand. Il nous est clairement vendu de nos jours que le travail doit nous épanouir. Nous y cherchons donc du sens. Aussi, parce que justement ça nous définit. Le fameux « tu fais quoi dans la vie ? » C’est difficile de répondre par un « je joue à des jeux vidéo » ou « je sors mon chat en laisse » . Ça, pour la petite blague, c’est un petit clin d’œil à l’épisode sur la curiosité. pour ceux qui l’ont écouté. Non, le code collectif veut que nous répondions par un métier, par quelque chose de sérieux, mais surtout par ce qu’il sous-entend, nos valeurs. nos compétences et même, finalement, notre statut social. Donc ce qui était à l’origine qu’un moyen d’assurer une qualité de vie est devenu presque un étendard de toute notre identité. C’est donc pas étonnant que nous souhaitions désormais, oui, qu’il nous épanouisse, qu’il nous passionne, voire nous fasse grandir. Le travail, il est devenu, finalement, le lieu de réponse à des questions existentielles. C’est donc logique que le travail devienne si décevant. Car si un travail peut bien sûr, oui, être source de sens, il ne peut certainement pas en être l’unique source de sens. Or, en lui donnant une telle place dans la définition de qui nous sommes, nous lui confions aussi parfois cette place unique de source de sens. Sauf que, qu’est-ce qui se passe quand le travail devient décevant. La souffrance, à ce moment-là, elle peut être tout simplement terrible. Mais également, quand notre identité est liée à une activité. Que devient-on quand on est au chômage ou à la retraite, par exemple ? Quand nos missions changent, quand l’orientation de notre entreprise change également. Si nous sommes salariés, bien sûr. Que devient le sens que nous donnions à notre activité ? Si, également… l’activité entrepreneur que nous avons initiée ne porte pas ses fruits, comment ne pas y voir une remise en question de qui nous sommes en intégralité ? La santé mentale, elle est pour la seconde année grande cause nationale. Bon, avec des résultats jugés décevants par les professionnels en première ligne, mais ça c’est une autre histoire. Et la souffrance au travail est un thème qui est de plus en plus évoqué justement dans la question de la santé mentale. Alors attention ! À nouveau, en disant cela, je vous renvoie à mon introduction sur la précaution par rapport à ce que vous ressentez en lien avec votre travail et la souffrance en lien avec le travail, puisque, j’insiste, oui, la souffrance peut être liée à un environnement toxique, et la question du sens, malheureusement, dans ce cas-là, elle n’a pas à être prioritaire, si, par exemple, on vit bien sûr un harcèlement. Mais parfois, plus simplement, la question est, est-ce que cela mérite que je me lève chaque matin ? Et c’est là que la question du sens est présente. En réalité, le travail, il n’a certainement pas besoin d’être parfait ou confortable pour avoir un sens. La journée, elle peut être, oui, pénible, épuisante et pour autant continuer à nous nourrir. Des exemples, des soignants, des éducateurs, des enseignants, des éboueurs peuvent vivre une journée particulièrement difficile et pourtant y voir un sens profond. A l’opposé, parfois, un professionnel peut avoir un très bon salaire, des conditions de travail agréables et pourtant ressentir un vide profond. D’ailleurs, sur ces questions de santé mentale, on parle de plus en plus du burn-out. Alors, on connaît bien le burn-out qui est lui un épuisement physique et psychique lié au stress professionnel chronique, notamment dans le cadre de surcharge de travail ou exigence de travail excessive. Mais on connaît un tout petit peu moins le burn-out qui est lui… aussi une grande souffrance psychologique liée à un ennui professionnel chronique, notamment quand le travail est vécu comme sous-stimulant et ou vide de sens. Alors, quelles sont les sources de sens ? Je pense que vous commencez à les connaître si vous m’écoutez régulièrement. Selon la logothérapie, les trois sources de sens au travail, qu’est-ce que ça donne ? Eh bien, tout d’abord, la création. La création, c’est qu’est-ce que je produis ? au service de l’autre, du monde, dans le cadre de mon travail. La seconde source de sens, c’est l’expérience, le lien aux autres, les collègues, la hiérarchie, les clients par exemple, sont-ils une source d’enrichissement personnel ? Et enfin, l’attitude face aux contraintes, c’est se demander comment je choisis de me positionner quand je rencontre des difficultés. Alors, ce dernier point, lié au travail précisément, il mérite d’être éclairci. Une des sources de sens, comme je l’ai dit, est notre positionnement face aux épreuves ou aux contraintes, pour reprendre l’exemple précédent. J’ai d’ailleurs fait de nombreux épisodes en lien sur ce podcast. Selon moi, notre réaction face aux épreuves va nous montrer justement si celle-ci a un sens ou non. Allez, prenons deux collègues qui vivent les mêmes contraintes dans un même service professionnel. La première personne, elle est régulièrement frustrée. Parfois en désaccord, mais elle continue à trouver du sens car elle sait pourquoi et pour qui elle réalise ses missions. Ses contraintes, bien sûr elles sont pénibles, mais elles restent compatibles avec ce qui compte pour elle. La deuxième collègue, par contre, elle vit les mêmes contraintes, mais elles deviennent progressivement insupportables. Elle a l’impression de répondre à des procédures absurdes et d’être surtout inutile. Et la difficulté c’est qu’elle commence pas à pas à ne pas… plus voir à quoi elle sert. Ce que ça montre, c’est que pour ces deux personnes, ce ne sont pas les contraintes qui ont changé ou qui sont différentes, c’est le rapport au sens. Les contraintes ne sont finalement qu’un révélateur du rapport au sens. Alors pourquoi cette différence entre les deux collègues ? Eh bien, ils n’ont peut-être pas les mêmes valeurs ou le même verbe de vie. J’ai fait un épisode sur cette notion de verbe de vie, je vous mets le lien en description de celui-ci, mais déjà l’idée est que chacune de nos actions répond à notre verbe. Cela recoupe d’ailleurs les valeurs quelque part. Ainsi pour certains, aider, soutenir, réparer, embellir est leur verbe de vie. Si le travail répond, eh bien le sens sera sans doute là. Sinon… malheureusement le sens peut s’enfuir. Le sens au travail ne dépend donc pas seulement du métier exercé. La question n’est alors pas seulement est-ce que mon travail a un sens, mais aussi peut-être surtout, qu’est-ce que je cherche à travers lui ? On arrive à la fin de cet épisode, mais je vous rappelle que je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour poursuivre la réflexion. Nous verrons. Comment retrouver du sens au travail quand on a l’impression justement de l’avoir perdu ? Mais allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de « Où est le sens ? » . J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Découvrir un sens à sa vie grâce à la logothérapie

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Transcription automatique par Ausha :

Peut-on réellement trouver un sens à sa vie… et cela, même dans les situations les plus difficiles ? C’est la question au cœur du livre Découvrir un sens à sa vie, écrit par le fondateur de la logothérapie. Aujourd’hui, je vous propose d’en explorer les idées essentielles, pour comprendre concrètement comment se découvre le sens.Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. J’ai souhaité nommer cet épisode du titre du livre best-seller de Viktor Frankl « Découvrir un sens à sa vie grâce à la logothérapie » . Alors cet ouvrage, il a été réimprimé plus de 140 fois en langue anglaise. Il a été traduit dans 22 langues et publié à 3,5 millions d’exemplaires. Et pourtant, il est en réalité… assez peu connus en France alors qu’à mon sens tellement essentiels. Je vais bien sûr vous dire quelques mots sur Viktor Frankl, l’auteur de ce livre best-seller. Mais avant, on va voir pourquoi, à mon sens, ces apports méritent désormais vraiment d’être plus connus. Quand on parle du sens de la vie, c’est souvent indiqué comme quelque chose caché quelque part que l’on doit chercher et surtout trouver, surtout dans notre société consumériste. On trouve d’ailleurs de très nombreux ouvrages proposant des méthodes en 5, 10 ou plus étapes pour trouver le sens. Alors attention, là mon propos n’est certainement pas une critique de ces bouquins. Pourquoi ? Car ils sont tout simplement, à mon sens, très importants, notamment car ils comportent des outils que l’on va nommer de développement personnel qui peuvent être extrêmement utiles. Ces outils, ils peuvent être une très belle ressource, notamment quand le vide existentiel est présent. Donc, j’insiste, vraiment, ce genre d’ouvrage est très utile et essentiel. Pourtant, il comporte quand même une limite, à savoir que le sens en réalité ne se trouve pas, il se révèle à nous. Donc ces ouvrages dont je parle, alors pas de celui de Viktor Frankl que je vais détailler. Là, je parle des ouvrages plus modernes avec des étapes, oui, qui sont indiquées pour trouver ou retrouver un sens à sa vie. Donc ces ouvrages-là, récents, modernes, ils peuvent nous mettre sur le chemin vers le sens. Pour autant, ils ne peuvent pas nous offrir le sens sur un plateau. Voilà, ça c’était juste la limite que je voulais indiquer par rapport aux ouvrages, j’insiste, modernes. Car pour laisser le sens apparaître, il faut en réalité lui laisser l’espace pour. Et cet espace, eh bien là, c’est celui qui est défini par la logothérapie qui est donc l’objet de l’ouvrage de Viktor Frankl. Et c’est vraiment ce que j’aime dans cette pratique de la logothérapie, c’est qu’elle conceptualise ce qu’est la quête de sens. Mais sans donner de réponse, ni même sans donner réellement de chemin. Tout simplement. Car le sens est unique. La logothérapie, elle ne dit pas ce qu’est LE sens de la vie. Ni même d’ailleurs s’il en existe un. La logothérapie, elle met en lumière comment NOTRE sens peut se révéler. En se rappelant que le sens de la vie est tout simplement différent pour chacun et chacune. J’espère que cette petite introduction vous a plu. Mais alors, c’est quoi justement la logothérapie ? Alors, logo… s’est pris dans l’acception de sens. Il s’agit donc d’une thérapie centrée sur le sens. Et cette thérapie, elle a été conceptualisée et développée par Viktor Frankl, qui était un psychiatre autrichien qui a vécu l’horreur des camps de concentration. Frankl, c’était un contemporain, donc, de Freud et d’Adler, et il est considéré, ni plus ni moins, comme l’un des plus grands psychothérapeutes du XXe siècle. Son livre, best-seller, donc nommé « Découvrir un sens à sa vie grâce à la logothérapie » est composé de deux aspects. Il s’agit tout d’abord d’un témoignage absolument poignant, bien évidemment, en première partie de son vécu des camps de concentration. Puis, dans la seconde partie, ce sont les grands concepts de sa pratique thérapeutique, la logothérapie, qui sont développés. Ce que nous explique surtout ce livre, c’est que ceux qui survivaient dans les camps de concentration étaient ceux qui avaient conservé un but, un sens à leur vie, et non pas les plus forts. La logothérapie, vous l’avez peut-être compris, elle n’est donc pas née dans un cabinet cosy, comme on dirait aujourd’hui, de psychologue. Même si Frankel avait quand même théorisé beaucoup de choses avant sa terrible expérience, c’est vraiment au contact du réel le plus brutal qu’il a développé justement ces principes de logothérapie. Souvent, nous nous demandons, qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Qu’est-ce qui me rendrait heureux, heureuse ? Quel est mon but ? Frankel, lui, il renverse complètement la pensée sur le sens et complètement finalement ses questions avec sa grande question centrale qui est qu’est-ce que la vie attend de moi dans cette situation ? Nous cherchons le sens, Frankel, lui, change la question. Frankel parle notamment dans son ouvrage de la liberté ultime de l’être humain. Alors attention, l’idée n’est bien sûr pas de dire « soyons positifs » . Bien évidemment que, vu la situation absolument terrible qu’il a vécue, ce n’était absolument pas son propos. Par contre, ce qu’il nous explique, c’est que nous avons le choix, dans notre manière, de répondre à chaque situation. Et cela peut donner du sens. Ainsi, dans son livre, il dit « lorsque l’on ne peut pas répondre à chaque situation, peut modifier une situation, on n’a pas d’autre choix que de se transformer. Il nous montre alors une des trois voies du sens. Donc les trois voies du sens selon la logothérapie. Tout d’abord il y a le sens de la souffrance, comme je viens de l’indiquer, à savoir que oui, malheureusement, les plus grandes épreuves de notre vie nous aident à nous transformer, bien souvent, et peuvent nous mettent sur le chemin du sens. Il y a également le sens de l’accomplissement. C’est-à-dire que le sens, il peut passer par la création d’une œuvre, une action, quelque chose que nous offrons au monde. Et enfin, il y a le sens de l’amour, qui permet de faire l’expérience de la beauté, dans le lien à la nature par exemple, de la bonté, et là je reprends ces termes, mais également de la vérité et bien sûr, dans la relation aux autres. Dans cet épisode, je vais vous épargner les termes quand même complexe, qui compose la théorie de la logothérapie. Pourquoi ? Parce que j’ai fait plusieurs épisodes justement pour expliquer tout cela, notamment un glossaire, et ces épisodes, ils sont à votre disposition sur ce podcast. Vous aurez à votre disposition les termes expliqués de cette pratique thérapeutique. Aujourd’hui, ce que je voulais plutôt montrer de la logothérapie, donc sans son jargon, c’est la puissance de cette pratique. La puissance qui est selon moi notamment la conceptualisation de la quête de sens. Nous sommes dans une société qui veut des réponses tout de suite, mais qui a aussi tendance à psychologiser. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est que malheureusement, nous avons tendance à considérer les périodes de vide existentiel comme une anomalie et un problème à résoudre tant qu’à faire le plus rapidement possible. Pour Frankel, au contraire, le vide existentiel et tout simplement un passage obligé de toute vie humaine. Et quelque part, moi, je trouve ça un petit peu rassurant. Et je ne suis en réalité pas la seule. Ce que disent souvent les personnes accompagnées, c’est qu’elles sont dans une phase, oui, de vie d’existentiel, mais globalement, elles ont l’impression d’aller bien. Et ça, ça peut être quand même assez déroutant. Donc le fait de poser des mots sur leur ressenti, via les mots de la logothérapie, eh bien oui, ça apaise et redonne de l’espoir. Oui, le vide existentiel est une phase difficile, mais légitime à vivre. On n’a pas à la refouler, la refuser et ou la psychologiser. Et des outils aident pour soutenir et accompagner le retour vers le sens. Frankel nous dit bien que tout être humain se pose un jour ou l’autre la question du sens de sa vie et de la vie. Cette question, c’est une quête universelle. Et la logothérapie nous aide à la mettre en mots. Alors, j’espère que vous l’avez compris, je ne peux que vous recommander l’ouvrage fondateur de Viktor Frankl. Je ne vous remets pas le titre puisque c’est le titre de cet épisode, mais pourquoi je le recommande ? Eh bien tout simplement aussi par devoir de mémoire de sa première partie. Et également, j’ai à cœur, avec mon podcast, d’explorer les nombreux aspects de cette pratique, de vous proposer des outils, des concepts. et plein d’autres choses en lien avec la logothérapie. Je vous invite donc à explorer, mais aussi pourquoi pas, à partager, vous abonner aussi, afin d’aller plus loin ensemble sur ces merveilleuses questions de la quête de sens. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment ! qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. La curiosité : un chemin vers le sens

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Transcription automatique par Ausha :


Quand l’épisode d’aujourd’hui va sortir, nous serons déjà mi-septembre et peut-être que, comme beaucoup, vous êtes dans le tunnel des choses à faire et de l’emploi du temps à maîtriser. Mais et si cela était justement un obstacle au sens ? Pour réfléchir à ça ensemble, aujourd’hui je veux vous parler de balader un chat en laisse, de curiosité et de quête de sens bien évidemment. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez « Où est le sens ? » Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Cet été, j’ai donc eu à promener en laisse la petite Calie, une chatte de 7 ans. Alors, ne vous offusquez pas tout de suite, c’était suite à une opération avec une obligation de rester au calme au maximum. Mais j’ai quand même eu, suite à cette opération, envie de lui offrir quand même l’extérieur grâce au harnais et à une laisse. Et elle l’a d’ailleurs extrêmement bien accepté, ce qui m’a beaucoup surpris dès la première fois. C’était d’ailleurs la première fois aussi pour moi de promener un chat en laisse et je dois avouer que c’est un vrai concept philosophique, ni plus ni moins. Promener son chat en laisse, ça n’a absolument rien à voir avec ce qu’on voit sur les réseaux la majorité du temps. Pourquoi ? Parce que le chat, il attend 20 minutes pour démarrer, il fait trois pas, il s’assoit à nouveau, se relève, passe 20 minutes à renifler une feuille, puis marche. Fais demi-tour, etc., etc. Alors, vous allez peut-être me dire, oui, comme un chien, en fait. Alors, oui, comme un chien, sauf que si le chien, il passe 20 minutes à renifler une feuille, il y a de fortes chances qu’on lui dise, bon, on y va. Et dans ce cas, on y va. Sauf qu’avec un chat, le on y va, c’est, ah non, non, on n’y va pas. Alors, pourquoi ça m’a inspiré, finalement, cet épisode, cette expérience avec cette petite ? Eh bien, car si on vit… vraiment l’expérience de balader son chat en laisse, c’est super méditatif à regarder. Parfois, je le faisais d’ailleurs sans prendre mon téléphone et observer sa curiosité est finalement super inspirant. Pourquoi ? Parce que depuis combien de temps n’avons-nous pas vraiment observé une fleur ou une feuille avec curiosité ? Il est fort à parier que c’était il y a bien bien bien longtemps, car notre cerveau adulte, il est fait comme ça. Il se dit, ça je sais, ça je connais, donc pas le temps, finalement pas besoin plutôt de chercher à observer avec attention. En s’étant de rentrée, nous parlons objectifs, motivations, rarement de curiosité, ou en tout cas peut-être un peu moins souvent de curiosité. Pourtant… Si je reste du côté du cerveau et des neurosciences, la curiosité, elle est réellement indispensable. Ainsi, un article de l’école normale supérieure nous rappelle que les trois piliers pour garder un cerveau en bonne santé au cours du vieillissement, eh bien, sont l’activité physique, des relations sociales de qualité et rester curieux et avide d’apprendre tout au long de sa vie. Je vous mettrai cet article en description de cet épisode. Donc si on parle de l’art, et si un des enjeux pour cette rentrée, mais aussi pour le reste de l’année, ça serait de ne pas chercher à tout maîtriser, mais d’être curieux. La curiosité, ce n’est pas seulement apprendre ou accumuler des connaissances, c’est surtout accepter de ne pas tout savoir, ou plutôt de se souvenir que l’on ne sait pas tout. Non, on ne connaît pas cette feuille-là. Ou cette fleur-là. Je reprends ma métaphore de la balade avec Ali et je grossis le trait, bien évidemment, pour illustrer un petit peu mon propos. Je vous l’avais compris, avec cette histoire de feuilles, j’ai repris la métaphore de ma balade avec la petite Calie et grossis le trait, bien évidemment. Mais la curiosité, c’est donc rester ouvert à ce qui peut nous surprendre. Et c’est finalement une véritable… posture face à la vie, c’est passer du contrôle à l’exploration. Nous avons tendance, en tant qu’être humain, pour nous rassurer bien évidemment, à chercher des certitudes et à vouloir confirmer ce que l’on sait déjà. C’est d’ailleurs un des fonctionnements clés du cerveau, notamment pour économiser son énergie, et on nomme cela un biais de confirmation. Biais de confirmation, c’est bah oui, ça c’est une feuille, je le savais déjà. On n’a pas besoin d’y réfléchir, donc ça économise notre énergie cérébrale. La curiosité, elle nous sort justement de ça. Et elle nous invite à nous poser des questions plutôt qu’à chercher des certitudes. D’ailleurs, elle transforme aussi, parfois, des difficultés en occasion de découvrir quelque chose sur soi, sur les autres et le monde. D’ailleurs, quand on parle de curiosité, on pense souvent à quelque chose qui nous oriente vers le monde. On parle de voyager, rencontrer, découvrir, apprendre. Sauf qu’il existe… aussi une véritable curiosité envers soi-même. Ça, c’est pas simple quand même, parce que ça nous demande de sortir du filtre du jugement. Mais c’est se poser de manière neutre des questions telles que Pourquoi ai-je réagi comme ça ? Qu’est-ce qui m’anime vraiment ? De quoi ai-je vraiment envie maintenant ? Alors, comme je le disais, ça c’est ce genre de questions, c’est pas simple du tout. Car, bah oui, nous avons… plein d’angles morts en ce qui nous concerne. Mais se poser ces questions-là avec une véritable curiosité, c’est une véritable source de connaissance de soi et de chemin vers le sens. Mais la curiosité, c’est aussi une source de connaissance de l’autre. Nous passons notre temps à juger et à catégoriser. Il réagit comme ça parce qu’elle est comme ça. Et la curiosité… c’est un véritable antidote à cet obstacle à la vraie connaissance de l’autre. La curiosité, c’est accepter qu’il existe une histoire derrière chaque comportement. D’ailleurs, je pense que deux épisodes que j’ai déjà publiés sur ce podcast permettront de compléter ceci. Ces deux épisodes s’appellent « Nos souffrances invisibles » et « La fameuse vision du monde » . Je vous mets les liens en description. Pourquoi je vous propose ces deux épisodes complémentaires ? Tout simplement parce que je ne peux pas à chaque fois réinvestir en totalité les notions que j’aborde. Mais là, ce que j’expliquais avec cette notion de curiosité, c’est que plus on va faire preuve de l’envie de découvrir l’autre vraiment tel qu’il est, plus on va sortir du jugement que nous plaquons tous et toutes, ni plus ni moins, en permanence. Mais alors, et le lien avec le sens par rapport à tout cela ? Eh bien, la curiosité, c’est un véritable moteur de sens. Je rappelle que le sens, d’ailleurs, il ne se fabrique pas, mais il se découvre. Sauf que difficile de découvrir si l’on pense déjà tout savoir, sur nous, sur le monde et ou sur les autres. Nous nous fixons souvent des objectifs à long terme, surtout, comme je le disais, dans les périodes de rentrée. Mais souvent, le sens se découvre quand on prête attention ici. et maintenant, donc en sortant des objectifs à long terme. Car c’est ici et maintenant que les émotions sont présentes. Et les émotions, elles sont un indicateur précieux de ce qui nous convient et ou de ce qui nous fait vibrer. Les émotions, elles sont un appel. Un appel à changer quand c’est une émotion désagréable, la peur, la colère, ou à reproduire quand c’est une émotion agréable. La curiosité, cela nous rend donc disponibles aux appels de la vie. Et ces appels, ils sont notamment ceux du sens. Une petite précision, cependant, la curiosité n’est pas une qualité, selon les principes de la logothérapie. C’est plutôt une posture face à la vie, comme je le disais un petit peu en avant. Pourquoi cette précision est importante pour moi ? Eh bien parce que les qualités dans notre société, elles sont connotées… positivement, c’est plutôt valorisé. Et d’ailleurs, on nous indique qu’on doit les développer au détriment des défauts, et je mets bien de gros guillemets, parce que pour moi, il n’y a pas de défauts en réalité, mais plutôt des axes d’amélioration. Donc l’idée, c’est si on prend la curiosité non pas comme une qualité, mais comme une posture face à la vie, eh bien c’est neutre. Et si c’est neutre, eh bien c’est plus facile, en effet, d’être dans le non-jugement par rapport à… tout ce qu’elle peut nous proposer notre curiosité. La curiosité, c’est celle du chat, en réalité. C’est ni positif, ni négatif. C’est juste là, quand elle passe 20 minutes à observer intensément une feuille. Alors, on arrive bientôt à la fin de cet épisode, et j’ai envie, pourquoi pas, de vous proposer deux défis en lien avec cette thématique-là. Notamment, si vous avez envie de retrouver l’âme curieuse de l’enfant. Cette semaine, première proposition, cette semaine, choisissez quelque chose que vous faites en automatique. Le trajet vers le travail, se brosser les dents, promener son chien ou son chat. Et essayez de le vivre comme si c’était la première fois. Deuxième défi, posez-vous chaque jour une question dont vous n’avez pas encore la réponse. D’ailleurs, pas besoin de l’avoir la réponse. Juste, poser la question est suffisant. Pourquoi ? Tout simplement car cela éclaire tout ce que nous ne savons pas. Et oui, il y a un paquet de choses que nous ne connaissons pas. Et se rendre compte de cela, ça ouvre tout un univers de curiosité. Qui, je l’espère, vous offrira un nouveau sens à votre vie. Ou tout simplement, une chouette balade avec votre chat. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Méfions-nous du bon sens !

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Transcription automatique par Ausha :


Après avoir déconstruit la question de la mauvaise foi dans un épisode qui a été particulièrement écouté, aujourd’hui j’ai envie de m’attaquer à cette fameuse question du bon sens, avec une envie aussi de lui faire sa fête. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Un jour, un ami m’a dit, pour donner du sens au monde, il faut déjà le comprendre. Voilà pourquoi j’aime aborder… Plein de thèmes finalement très différents dans ce podcast. Et aujourd’hui, j’ai envie d’aborder cette question du bon sens. Parce que cette formulation, elle m’interroge en réalité depuis longtemps. Cette formule, comme je l’ai dit en intro, c’est un petit peu comme la mauvaise foi. Quelque part, c’est des formules que l’on sort un petit peu comme ça. Et moi, j’ai envie quand même de les remettre en question. D’ailleurs, si vous ne l’avez pas encore écouté, je vous mettrai dans la description de cet épisode le lien. vers l’épisode de la mauvaise foi. Allez, revenons au bon sens. Alors, comment ça m’a interpellé cette formulation-là la première fois ? Eh bien, c’était il y a très très très longtemps. Bon allez, non, pas si longtemps, faut peut-être pas exagérer, mais c’était il y a un petit moment et je faisais du babysitting. Je pose une question et à ce moment-là, on m’a amené comme réponse mais ça, c’est du bon sens. Et ma réponse à ça, ça a été un A. Complètement stupéfaite. Parce que quelque part, si je posais la question, c’est que ce n’était pas du tout évident pour moi. Et cette réponse-là de « c’est du bon sens » , ça a eu un double effet. Déjà, je n’ai pas reçu de réponse très claire finalement à ma question. Et puis aussi, je me suis sentie bête de l’avoir posée. Et c’est ce point-là finalement qui est intéressant. Le côté « je me suis sentie bête » . Parce que… Quand quelqu’un affirme « c’est du bon sens » , il ne dit pas simplement « je trouve cette idée pertinente » , par exemple. Il dit aussi, inconsciemment ou non, toute personne raisonnable devrait trouver cela évident. Et c’est là, finalement, que réside le problème de cette formulation-là. Parce que si c’était censé être évident, celui qui ne comprend pas ne va peut-être pas oser le dire. qu’il ne comprend pas. Allez, imaginons, on est en réunion, en formation. Quelqu’un explique une notion, peut-être un peu complexe, puis termine, mais enfin bon, ça c’est du bon sens. Combien de personnes à ce moment-là vont oser lever la main pour dire « Excusez-moi, mais moi je n’ai pas compris » . En réalité, sûrement très peu. Pourquoi ? Parce que là, il ne s’agit pas simplement de ne pas savoir. Il s’agit aussi de risquer de passer pour quelqu’un qui manque de bon sens, au risque d’être ni plus ni moins symboliquement rejeté par le groupe. Alors oui, symboliquement, on est bien d’accord. Sauf que le cerveau, lui, il vit la différence comme une véritable possibilité d’être rejeté. Donc, ce risque de paraître comme quelqu’un qui manque de bon sens active une forme de stress qui empêche de dire je ne sais pas. Or, ce je ne sais pas, il permet d’apprendre, de faire preuve de curiosité. Et c’est exactement ça que verrouille ce fameux c’est du bon sens. Également, cette formulation, elle verrouille la possibilité de questionner. Si je dis c’est du bon sens, je donne ni plus ni moins ma vision du monde. Sauf que, avec cette formule, je ne la présente pas comme ça. Je présente ma vision du monde comme une vérité que tout le monde devrait partager. Et ça, c’est pratique, finalement. Pourquoi c’est pratique ? Tout simplement parce que ça verrouille la possibilité à l’autre de venir questionner. Vous voyez peut-être pourquoi je n’apprécie pas spécialement cette formulation-là. D’ailleurs, revenons à la question de la vision du monde. Alors… Si vous m’écoutez depuis un moment, clairement j’en parle beaucoup de cette notion-là, donc je vais faire court. Cette vision du monde, c’est le fait que nous construisons tout ce que nous vivons en fonction de notre vécu, de nos expériences. Sauf que c’est tellement inscrit en nous que notre vision du monde, elle semble évidente pour nous. Elle est quelque part en arrière-plan de notre fonctionnement. C’est quelque chose de profondément inscrit en nous. Et c’est tellement, justement, évident. Nous essayons de prouver aux autres qu’elle est ni plus ni moins la seule qui vaille. Alors si en plus on lui adjoint « c’est du bon sens » , il y a de fortes chances que le dialogue s’en trouve complètement fermé. L’autre, à ce moment-là, il n’est plus seulement en désaccord. Il peut aussi, malheureusement, avoir le sentiment qu’on le considère comme un idiot. Or, dans les relations, chaque fois que nous fermons le dialogue, nous fermons aussi une possibilité de compréhension mutuelle. Alors, pour ma part, j’ai quand même une croyance absolue dans l’être humain, donc je ne pense pas que les personnes utilisent cette expression avec forcément une mauvaise intention. Pour moi, souvent. Simplement, ils souhaitent dire « cela me paraît logique » . D’ailleurs, j’ai lu récemment cette jolie formule. Je n’ai pas trouvé d’auteur identifié, mais cette formule, elle disait « Le bon sens, ce sont des choses que nous ne savons pas que nous savons. » Donc c’est plutôt joli quelque part, parce que c’est de l’ordre de l’inconscient en fait. Et oui, on pourrait imaginer que le bon sens existe quand même. Oui, ne pas mettre sa main dans le feu au risque de se brûler peut être vu comme du bon sens. Sauf que les mots ont un impact et cet impact, il dépasse largement nos intentions très souvent. Et malheureusement, cette expression, elle crée souvent une hiérarchie invisible. Parce qu’il y aurait ceux qui ont du bon sens et les autres. Or, en réalité, personne ne naît avec le savoir. Nous avons tous appris, nous avons tous ignoré. Et oui. nous ignorons encore énormément de choses. Dire je ne sais pas ou je n’ai pas compris permet la création du lien. Ça ouvre au dialogue, ça ouvre aussi à l’apprentissage, à la possibilité de changer d’avis et de sortir de la controverse qui est j’ai raison, tu as tort. Finalement, reconnaître que l’on ne sait pas est peut-être l’une des plus grandes preuves d’intelligence. À mon sens, j’en ai bien conscience dans ma vision du monde. Mais pourquoi j’ai cette croyance-là ? Parce que tant qu’on croit déjà savoir, eh bien finalement on n’apprend plus. Si je défends mon bon sens, je justifie, mais je n’explore plus. Et c’est précisément là que j’ai envie de faire le lien aussi avec la quête de sens, qui est donc l’objectif premier de mon podcast. Chercher du sens, ce n’est pas accumuler des certitudes. C’est accepter de rester en mouvement, d’être dans la no-dynamique, donc une dynamique entre là où j’en suis et là où j’ai envie d’être. Donc c’est accepter de rester dans le mouvement, accepter aussi que notre compréhension du monde, eh bien oui, elle évolue tout au cours du temps. C’est accepter aussi que certaines questions resteront peut-être longtemps sans réponse. Au fond, la quête de sens, elle commence souvent le jour où nous avons le courage de remplacer une affirmation par une question. On accepte à ce moment-là de remplacer cet évident par « je ne comprends pas, alors explique-moi » . De remplacer aussi, c’est du bon sens, par « je vois les choses comme cela, mais je peux aussi me tromper » . Parce que le sens, il ne naît pas de ce que nous croyons déjà savoir. Il naît de notre capacité à continuer à être curieux. Et finalement, peut-être que la phrase la plus porteuse de sens n’est pas « c’est du bon sens » , mais tout simplement, par exemple, « j’aimerais avoir ton avis là-dessus » . D’ailleurs, j’adorerais avoir votre avis là-dessus ! Donc je vous invite à commenter cet épisode si vous le souhaitez, mais aussi à vous abonner et bien sûr à partager. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Le verbe de sa vie

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Transcription automatique par Ausha :


Dans cet épisode, j’ai envie de reprendre la jolie formule « Trouver le verbe de sa vie » de l’autrice Sarah Roubato. Alors, même si le livre qui porte cette idée concerne l’orientation scolaire, je trouve que c’est quand même une magnifique réflexion pour nous aider, nous aussi adultes, à réfléchir à notre quête de sens. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez… Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Alors tout d’abord, je ne vais pas reprendre les propos de Sarah Roubato dans son livre. Je vais plutôt développer l’idée du verbe de sa vie, mais selon la logothérapie de Viktor Frankl. Alors, moi déjà, j’aime beaucoup cette idée du verbe, c’est pour ça que même si je ne reprends pas les propos exacts de l’autrice, j’aime cette idée, et d’ailleurs je l’ai retrouvée notamment dans un roman que j’ai lu il n’y a pas très longtemps. Donc je trouve que c’est vraiment une très jolie métaphore, finalement, ou un très joli concept pour nous aider à cheminer. Et pourquoi je l’aime beaucoup ? Eh bien, notamment car ça sort de l’injonction « trouver sa mission de vie » ou « donner un sens à sa vie » , par exemple. Et ce sont des notions ou des injonctions qui peuvent être d’ailleurs très anxiogènes, notamment pour les jeunes. Donc, c’est vrai que finalement, cette idée du verbe, elle nous sort un peu de ça parce que « donner un sens de sa vie » ou « trouver sa mission de vie » , c’est une injonction que l’on entend beaucoup. Donc, comme je le disais… Et malheureusement, c’est comme si nous devrions tous savoir cela. Et malgré tout, malgré son apparente simplicité, la question du verbe de sa vie, elle est loin de l’être, justement, simple. Regardons en général comment on se présente en société. Souvent, lors d’une nouvelle rencontre, il y a très rapidement une question qui arrive, à savoir, et toi, tu fais quoi dans la vie ? Alors ce qui se passe, bien souvent, eh bien on aligne les étiquettes. Mon métier est ceci, je suis parent de, conjoint de, donc des étiquettes. Et d’ailleurs, si on est honnête, concernant notre métier, il ne s’agit même plus que d’une étiquette, c’est souvent une véritable identité. On va dire par exemple, je suis formatrice. Et non, j’exerce le métier de formatrice. Alors vous pensez peut-être, en m’écoutant, qu’il y a peu de différence. Alors c’est vrai, dans la façon de le dire, oui. Ça peut paraître infime, la différence entre « je suis » et « j’exerce le métier de » . Sauf que dans la symbolique, il y a réellement une différence. Car si ce métier, c’est un « je suis » , alors on devient quoi quand ce rôle change ? En réalité, nous vivons différentes vies, différents rôles, différents métiers dans notre vie. Mais le verbe, lui, il ne change pas. Alors par contre, mauvaise nouvelle, il ne se décide pas non plus. Et c’est d’ailleurs cela qui rend, je trouve, ce concept encore plus intéressant. Le sens, il ne se fabrique pas. Selon Viktor Frankl, il se découvre. Ce n’est donc pas le verbe qui crée du sens. Le verbe, il révèle en réalité simplement notre manière unique d’être au monde. Par exemple, si quelqu’un ressent que son verbe est transmettre. Cela peut en effet bien sûr concerner un métier, donc être enseignant, guide culturel, bibliothécaire, auteur, chercheur qui vulgarise, etc. Mais ça peut être aussi un artisan qui forme un apprenti, un manager qui cherche à faire ressortir tout le potentiel de ses collaborateurs. Et bien sûr, ce verbe transmettre, il peut être présent dans les actes de la vie. des grands-parents, qui racontent une histoire à des petits-enfants. Recommander à quelqu’un un livre, un épisode de podcast qui nous a fait réfléchir. Aussi, aider quelqu’un à mieux se comprendre, à mieux comprendre ce qu’il ressent. Expliquer un concept à quelqu’un, etc. Donc, se transmettre, pour reprendre cet exemple-là, c’est bien plus qu’un métier. C’est même carrément une attitude existentielle. Parce que nous pouvons aussi transmettre de la joie. de l’espoir, une vision du monde, une façon de regarder les choses. Donc, poser la question du verbe de sa vie, ça permet de sortir de l’idée de donner un sens à sa vie. Oui, je sais, sur un podcast qui s’appelle Où est le sens ? Ça peut paraître un petit peu paradoxal. Sauf que le sens, il est déjà là en réalité. Il est présent dans chacun de nos actes. Et il nécessite d’être découvert. D’ailleurs, une des questions phares de la logothérapie, c’est qu’est-ce que la vie attend de moi ? Et comprendre son verbe, ça peut nous aider à y répondre. Car ce verbe, il est notre réponse au monde. Certains habitent le monde en le nourrissant, en le comprenant, en le protégeant, en y créant du lien, etc. Le verbe, c’est donc plus une réponse à la vie qu’un projet personnel. Alors, par contre, c’est déjà un petit peu compliqué et puis je vais remettre en plus une petite couche peut-être de compliqué. Parce que, parfois, le premier verbe qui va nous venir, c’est peut-être pas celui qui nous anime en réalité. Pourquoi ? Nous allons regarder nos actions et y voir un verbe principal. Or, c’est peut-être pas le plus profond. En réalité, le verbe principal, il sert peut-être à un autre bien plus fondamental. Mais alors, comment savoir ? Eh bien, ce que je vous invite à faire, c’est quand il y a un verbe qui arrive, parce qu’il vous tient à cœur, se demander systématiquement à quoi cela me sert de transmettre, pour reprendre cet exemple à nouveau. Peut-être que transmettre, ça vous sert à éveiller, questionner, éclairer. Et si l’une des réponses comme celle-ci surgit à ce questionnement-là, il est probable qu’un verbe cherche à émerger du premier verbe qui est transmettre. Si par contre, la réponse est que cela vous donne du sens, ça vous remplit de joie, ça permet de laisser une trace aussi, par exemple, et bien là, oui, il y a de fortes chances que le premier verbe soit votre verbe. Allez, je vais mettre une autre précaution aussi à ce propos, sur ce thème qui, moi, je trouvais extrêmement intéressant. Trouver le verbe de sa vie, bah oui, c’est très intéressant. Mais le risque, c’est que c’est encore une nouvelle proposition d’introspection. Et là, malheureusement, nous pouvons tomber dans l’introspection infinie. Ça, très clairement, ça peut être une dérive moderne de la quête de sens. On multiplie, on peut multiplier plutôt les… tests, les analyses, les rencontres, etc. avec la croyance que plus on va se connaître, plus on va trouver du sens et se trouver. Sauf que malheureusement, et ça peut-être que vous le vivez ou vous l’avez vécu, ça peut amener à être finalement de plus en plus dans le flou, avec une boucle quelque part de plus je cherche, plus je rends les choses complexes, et plus je rends les choses complexes, plus je cherche. Et ça, forcément, ça peut nous amener très clairement à être perdu. Parce qu’en réalité, plus on cherche du sens, moins on le vit. Et pourquoi moins on le vit ? Eh bien parce qu’on peut perdre contact avec ce qui nous met réellement en mouvement. Ce que l’on va faire spontanément, sans même se poser de questions. Et finalement, le risque avec l’introspection infinie est d’être dans « Mais quel est mon verbe ? » Et est-ce que c’est le bon verbe ? Et donc être prisonnier d’une boucle infinie. Alors, sortir de cette boucle, c’est pas arrêter de se questionner. Non, c’est pas non plus mon propos. Mais c’est peut-être déplacer notre regard. Car en réalité, ce verbe, il est visible dans nombreuses de nos actions. Ce travail sur le verbe, il n’est donc pas de chercher une vérité cachée, mais de regarder tout simplement, entre guillemets, ce qui est déjà là, en nous et dans notre rapport au monde. Alors finalement, et vous, quel est votre verbe ? Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de « Où est le sens ? » . J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Faut-il souffrir pour trouver du sens ?

Lien vers l’épisode ICI

Transcription automatique par Ausha :


Aujourd’hui, j’ai envie d’explorer un contresens assez fréquent quand on parle de quête de sens. En effet, on peut croire que la souffrance est forcément source de sens, ce qui peut être clairement toxique puisque nous pouvons aller jusqu’à la romantiser. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Alors la question d’aujourd’hui, elle fait suite à l’épisode intitulé « Nos souffrances invisibles » qui a été… publié le 19 juillet 2026. Et je vous mettrai, bien sûr, le lien en bio. Dans cet épisode, je parle de blessures qui peuvent être sources de souffrance. Car oui, bien évidemment, certaines épreuves sont réellement sources de sens. Mais le risque, quand on parle de ça, il est alors de légitimer la souffrance, voire d’imaginer que la souffrance est obligatoire pour trouver du sens et ou évoluer. Et ça, forcément, ça peut être extrêmement dangereux. Parce que, bien sûr, non, la maladie, l’épreuve, le traumatisme ne donnent pas du sens. La souffrance n’est absolument pas une machine à fabriquer du sens. Sinon, de manière absolument logique, il suffirait simplement, avec de gros guillemets, de souffrir pour vivre une vie pleine de sens. C’est absolument absurde. de le voir comme ça, bien évidemment. Et on va voir du côté de Viktor Frankl, justement, pour bien comprendre cette notion-là. Donc, Viktor Frankl, le père de la logothérapie, lui, il a déterminé trois sources de sens dans nos vies. Tout d’abord, la création, c’est-à-dire ce que nous offrons au monde, mais aussi l’expérience, donc le lien aux autres, à la nature, l’amour. Et enfin, l’attitude face à la souffrance, donc… ce qui nous intéresse aujourd’hui. Frankel, il ne dit absolument pas que la souffrance est nécessaire. Par contre, ce qu’il dit, et je pense qu’on ne peut être que tous d’accord avec ça, c’est qu’elle est inévitable, qu’elle fait partie intégrante de notre expérience humaine. Et ce qu’il nous explique, c’est que dans cette souffrance se trouve notre espace de liberté. Cet espace de liberté, c’est la façon de se positionner face à cette souffrance. Et c’est cela qui peut être source de sens. Je le répète parce que c’est important. Ce n’est donc pas l’épreuve en elle-même qui est source de sens, c’est la façon dont on va réagir à cette épreuve qui peut être source de sens. Par exemple, bien évidemment, personne ne souhaite être malade ou perdre un proche. Mais quand cela arrive, eh bien on peut se poser une question. Comment vais-je répondre à cette situation ? Et c’est de cette… question, consciente ou inconsciente d’ailleurs, que peut émerger le sens. Mais c’est pas obligatoire non plus. Pourquoi je dis que c’est pas obligatoire ? Tout simplement parce que de nos jours, on nous survend quelque part le fait d’avoir une vie qui a un sens et on devrait presque être obligé de traverser une épreuve en y trouvant un sens. Or non, parfois on va avoir continué à avancer malgré ce traumatisme. Et pourtant, on n’y aura absolument pas trouvé de sens. Et ça, c’est très important à garder en tête. Même si on nous le survend, le sens n’est certainement pas une obligation dans nos vies pour continuer à cheminer, notamment suite à un traumatisme. Et ce qu’on vient de voir, ça amène un risque majeur. Si on croit que la souffrance donne un sens, on peut alors, malheureusement, glorifier les épreuves. Croire qu’il faut souffrir pour évoluer. Rester aussi dans des situations destructrices et minimiser les épreuves des autres. Car après tout, cela a un sens, bien sûr. J’espère que vous entendez l’ironie dans mon propos en disant cela, comme on vient de le voir. Parce que cela, ça peut être très dangereux. D’ailleurs, notre société a tendance à romantiser la souffrance, notamment dans les relations sentimentales. Les contes de fées. Tout d’abord, et puis la culture populaire présente presque toujours des relations sentimentales difficiles, voire toxiques. Ben oui, finalement, quoi de plus ennuyeux qu’un couple sain qui avance côte à côte dans la co-construction et le respect mutuel. Alors que les déchirures, les cycles rupture-réconciliation permanente, ça a quand même plus de panache. Alors, pareil, j’espère que vous entendez l’ironie dans mon propos. C’est en tout cas ce que nous fait croire justement la culture populaire, notamment via le cinéma. Donc on romantise ni plus ni moins la toxicité. et la souffrance. On la rend désirable. Comme si, pour reprendre l’exemple de la relation sentimentale, créer un couple sain serait finalement très ennuyeux. Or, au contraire, la co-construction d’une relation saine peut justement être source de sens, mais sans la souffrance. Et ça, c’est vrai pour tous les domaines de nos vies. Nous pensons souvent que la souffrance est nécessaire alors qu’en réalité, elle n’est qu’une option. Alors oui, je sais, ou en tout cas je suis persuadée que nombreux parmi vous ne seront absolument pas d’accord là avec mon propos. Pourtant, c’est notamment toute l’œuvre de Frankel. Nous avons toujours la liberté de notre réaction dans la souffrance. Et c’est d’ailleurs même notre seul. réelle liberté en tant qu’être humain. D’ailleurs, est-ce que vous connaissez ce conte zen des deux moines qui voyageaient ensemble ? L’un des moines, il était âgé et expérimenté. L’autre, plus jeune, est très attaché au respect strict des règles monastiques. Et au cours de leur marche, ils arrivèrent devant une rivière encrue. Sur la berge se tenait une jeune femme, élégamment vêtue, qui n’osait pas traverser, de peur d’abîmer ses vêtements. ou d’être emporté par le courant. Sans hésiter, le moine âgé l’a pris alors dans ses bras, traversa la rivière et la déposa délicatement de l’autre côté. Puis, les deux moines reprirent tranquillement leur chemin. Pendant des heures, le jeune moine resta silencieux, visiblement très contrarié. Finalement, n’y tenant plus, il s’exclama. « Comment as-tu pu faire cela ? Nous sommes moines ! Tu n’avais pas le droit de porter cette femme ! » Le vieux moine… Le regarda alors avec douceur et répondit. « Moi, j’ai déposé cette femme au bord de la rivière il y a plusieurs heures. Toi, tu sembles encore la porter. » Cet exemple, il me fait penser à ce que Frankel nous rappelle, à savoir que nous ne sommes bien sûr pas libres des événements qui nous arrivent. Pourtant, nous conservons souvent une liberté plus discrète mais essentielle, celle de notre attitude. Dans notre histoire, Le vieux moine et le jeune ont traversé la même rivière. Pourtant, un seul continue à porter le poids de la traversée. Nous choisissons donc notre réaction face aux épreuves. Alors attention, nous avons un pouvoir, mais nous ne sommes certainement pas coupables de souffrir. Alors, j’ai aussi fait un épisode là-dessus qui s’appelle « Responsable mais pas coupable » . Je vous mettrai. à nouveau le lien en description. Mais pour en dire deux mots, cette notion-là, elle est pour moi extrêmement importante parce que parfois on peut mélanger justement un petit peu ça lorsqu’on parle de responsabilité face à la souffrance. L’idée, c’est que nous avons donc un pouvoir, nous avons la liberté de choisir, oui, comment nous pouvons réagir. Mais nous ne sommes absolument pas coupables d’aller mal. Il ne manquerait plus que ça. Non seulement nous souffrons et en plus nous serions coupables de notre souffrance. Non, certainement pas. C’est absolument pas cette logique-là. L’idée, c’est d’offrir une petite lumière en fait, en nous rappelant ça. Simplement une petite lumière. Que nous avons la possibilité de choisir, de faire et de fonctionner différemment. Donc beaucoup de douceur et de bienveillance envers soi-même. Ça c’est toujours le point de départ. Non, nous ne sommes… certainement pas coupable de souffrir dans une situation. Mais oui, nous avons une liberté, un pouvoir qui reste. Et d’ailleurs, si vous vous retrouvez justement actuellement dans ce questionnement-là, je vous invite pourquoi pas à voir autrement ce que vous traversez. Et au lieu de vous demander Quel sens a cette situation, cette souffrance ? Demandez-vous plutôt quelle réponse cette souffrance, cette relation difficile, pour reprendre cet exemple-là, appelle-t-elle de ma part ? Par ce biais-là, le sens pourra peut-être émerger si cela est nécessaire, ou la situation sera déjà traversée avec plus de conscience. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Les vacances ont-elles un sens ?

Lien vers l’épisode ICI

Transcription automatique par Ausha :


Il y a un concept en logothérapie qui, je crois, est très souvent ressenti pendant l’été et les vacances. Il s’agit de l’état de tension entre ce que nous vivons et ce que nous aspirons à vivre. Cet état, c’est ce qu’on appelle la no-dynamique. Et c’est ce que nous allons explorer aujourd’hui, avec pour objectif de le traverser ensemble pour trouver ou retrouver le chemin vers le sens. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Nous passons l’année à courir, puis arrivent les vacances et une autre question survient. Qu’allons-nous faire de ce moment de liberté ? Et là, il y a plusieurs écoles. Il y a ceux qui surbookent et ceux qui n’aspirent finalement qu’au repos tant attendu. Mais même face à ces deux écoles, vous avez peut-être déjà vécu ça. Pourquoi certaines vacances nous ressourcent profondément, tandis que d’autres nous laissent étrangement insatisfaits ? Eh bien la réponse, elle tient sans aucun doute dans notre besoin de sens et sa tension que nous appelons la no-dynamique. Alors, la noodynamique dans sa définition selon le créateur de la logothérapie qui était Viktor Frankl, psychiatre et neurologue autrichien. Dans son livre « Découvrir un sens à sa vie grâce à la logothérapie » , il dit que, et donc je le cite, que la santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser, ou sur la différence entre ce que l’on est et ce que l’on devrait être, ou plutôt ce que l’on aspire à être. Frankl, il dit aussi que cette tension, elle est inhérente à l’être humain et permet de tendre vers un but valable, à savoir le sens de sa vie. Et cette tension, c’est donc la noeudynamique. On comprend alors pourquoi l’été est souvent propice au questionnement sur le sens de sa vie, qu’il soit d’ailleurs conscient ou non. D’ailleurs, pour reprendre l’exemple des vacances, si certaines nous laissent étrangement insatisfaits, ne mettent-elles pas en lumière que nous ne sommes finalement pas alignés avec le sens de notre vie ? Car même si cela peut paraître surprenant, cette tension no-dynamique est en réalité positive car c’est un véritable moteur. C’est pourquoi elle est d’ailleurs considérée comme l’un des facteurs de notre santé mentale, source de souffrance si elle disparaît. Et en réalité, les vacances en sont souvent un révélateur. Le reste de l’année… L’agenda, il est rempli avec nos habitudes et nos obligations. Et les vacances, elles proposent un nouvel espace. Et c’est un espace qui peut révéler, malheureusement, oui, parfois, un vide existentiel et ou un appel vers ce qui compte réellement pour nous. Quand je parle d’espace, je ne parle pas forcément d’inactivité ou de repos. Tout simplement parce que, pour certains, les vacances sont parfois encore plus remplies que le reste de l’année, notamment quand il s’agit de s’occuper des enfants. Et également, bien évidemment, les vacances ne sont pour tout le monde pas toujours source de joie en fonction de ce que l’on traverse. D’ailleurs, sur ce thème, je vous renvoie à l’épisode appelé « Ne pas aimer l’été » que vous avez beaucoup apprécié. Et je vous mettrai d’ailleurs le lien en description. Dans cet épisode, j’ai expliqué justement toutes les injonctions associées à cette période de vacances dans lequel on ne se reconnaissait pas forcément et qui pouvaient être source de beaucoup de souffrance. Donc là, mon propos, il n’est pas de vous renvoyer une nouvelle injonction, bien évidemment. Mon propos est de se dire que bien souvent, nous sommes tous et toutes traversés par ces questionnements-là quand, eh bien oui, il y a un vide qui se crée, qu’il soit un vide… Acteurs, avec par exemple des vacances, des projets, etc., ont un vide plus silencieux lorsque nous traversons ces vacances de manière… plus paisible ou en tout cas détachée des injonctions de la société. J’insiste, si là ça vous interpelle, je vous renvoie vers l’épisode dont la description est en lien. Et donc ce que je dis, c’est que quelle que soit notre situation, les vacances, elles modifient de toute façon forcément nos habitudes. Et ça crée un changement dans la dynamique qui nous porte toute l’année et amène, pourquoi pas oui, des questionnements sur le sens. On le voit d’ailleurs collectivement avec les bonnes résolutions de rentrée. Oui, souvent l’envie de se mettre au sport, mais il y a aussi souvent beaucoup de bonnes résolutions de rentrée. Ne plus se laisser autant happer par le travail, par exemple. Ça montre bien une envie de se relier le reste de l’année avec ce qui compte. Et les vacances en sont donc un révélateur. Alors ? Peut-être qu’en m’écoutant, vous vous dites, oh là là, je suis déjà en tension toute l’année, quand je peux enfin me reposer, il faudrait que je retrouve une tension no-dynamique. Qu’est-ce que c’est encore que ce machin ? Alors non, déjà, certainement pas de « il faut » , car oui, stop aux injonctions omniprésentes dans notre société. Mon propos, c’est plutôt une proposition qui s’appuie en réalité sur une différence de tension. Car oui, Il y a une différence entre décharger la tension et changer de tension. La première, c’est souvent le pourquoi les vacances ne sont pas suffisantes. Nous sommes sous pression toute l’année et on attend des vacances qu’elles nous enlèvent toute la pression d’un coup de baguette magique. Et ça c’est impossible, c’est donc décharger la tension, plutôt une croyance que les vacances vont décharger la tension. Et la seconde proposition, changer de tension. Là, c’est se rappeler, comme disait Frankl, que l’on ne vit pas sans tension, c’est pas possible, mais que l’on peut vivre avec une tension choisie. Et cette tension vers le sens est en réalité même celle qui nous fait vivre. Mais pour trouver ou retrouver justement cette tension qui nous fait vivre, qui nous aide même à vivre, eh bien oui, nous devons accepter. de rencontrer le vide. Car le vide, eh bien, il va nous permettre de nous rencontrer nous-mêmes. Comment on peut aller à la rencontre de nous-mêmes via ce vide ? Eh bien, peut-être accepter de ne pas remplir immédiatement l’agenda pendant les vacances. Accepter à nouveau l’ennui. Ça, c’est vraiment un thème que nous avons besoin de rebosser collectivement, d’accepter l’ennui. Parce que cet ennui, il va créer donc un vide, un espace qui va nous permettre de voir si quelque chose de nouveau peut émerger. À ce moment-là, une envie profonde revient-elle spontanément ? Alors, pour ceux qui ont des vacances bien remplies, je pense notamment aux parents, se demandez peut-être qu’est-ce qui, au milieu de cette agitation, me redonne de l’élan. Pour tous, une autre question également. Qui peut-être peut donner un petit peu le vertige, mais qui va être très riche en termes de quête de sens. Cette question c’est, quelle personne ai-je envie d’être à la rentrée ? Et pour que ces réponses puissent, pourquoi pas, émerger, eh bien je vais vous proposer un défi si vous le souhaitez. Le défi des dix minutes de rien. Mais dix minutes sans vraiment rien. Sans téléphone. Sans chercher, bien sûr, à remplir par une tâche quelconque. Sans même de méditation, en fait. Non, vraiment rien faire, même pas de la méditation. Vous pouvez d’ailleurs tout à fait bouger sur la chaise, le lit, le lieu où vous faites l’exercice. Mais par contre, on ne cherche pas à remplir. Rien, ce n’est même pas arracher des herbes qui nous contrarient sur la terrasse, par exemple. C’est vraiment rester. tranquillement installé, pas en situation de méditation mais sans rien faire. Ouais, ça paraît peut-être difficile 10 minutes. Allez, on commence par 5. Et peut-être, qui sait, à la fin des vacances vous serez à une heure de rien. Cet exercice, au-delà d’être finalement très agréable quand on prend le temps vraiment de l’accepter et d’aller à sa rencontre, il est aussi extrêmement puissant. Pourquoi ? Parce qu’il va activer dans notre cerveau le réseau mode par défaut. Ce réseau mode par défaut, c’est un réseau de neurones impliqués dans la créativité, l’émergence de nouvelles idées, l’introspection. Et en réalisant cet exercice, peut-être qu’une tension vers le sens naîtra, une envie ou une intuition. Car, je me rappelle, c’est important, en logothérapie, il ne s’agit pas de créer du sens, mais de lui laisser une chance d’apparaître. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.

Épisode. Nos souffrances invisibles

Lien vers l’épisode également ICI

Traduction automatique par Ausha :

Aujourd’hui, je souhaite vous proposer de réfléchir ensemble à ce qui, j’en suis absolument sûre, fait notre humanité. Car je suis tout simplement persuadée que chaque être humain traverse d’immenses tempêtes dont nous n’avons absolument pas idée. Et la question est, et si cette compréhension pouvait être une véritable source d’apaisement collectif ? Allez ! Je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume. Celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. Aujourd’hui… Nous sommes le 19 juillet et le 19 juillet, c’est un jour très spécial pour moi, notamment car il y a 20 ans, mon père mourait. Mais en réalité, c’était la deuxième fois que je le perdais. Ce qui s’est passé, c’est que de très nombreuses années après, une stagiaire de formation pour laquelle je donnais des techniques de communication, et donc cette stagiaire, je la connaissais depuis deux heures, et elle me dit « c’est facile de dire ça pour quelqu’un comme vous qui n’a jamais… rien vécu dans sa vie. Alors, souvent, quand je raconte cette anecdote, tout de suite, ça ouvre des grands yeux, et on dit, ah là là, c’est pas possible d’être comme ça, etc. Sauf qu’en réalité, c’était pas vraiment méchant. Ce qu’elle disait, j’en suis persuadée, c’est, j’aimerais bien mettre en œuvre ce que vous proposez, mais je me sens pas à la hauteur avec ce que je traverse. Ou peut-être, encore, elle disait que, pour elle, la vie est bien trop difficile. pour qu’elle arrive à croire que des gens de tous les jours puissent mettre cela en œuvre. Quand je dis cela, c’est donc les techniques de communication qui, c’est vrai, demandent quand même de faire des efforts, ni plus ni moins, dans la relation. Et finalement, cette participante, elle ne voyait que la formatrice que j’étais. Celle, bah oui, qui sourit toujours, qui est toujours positive, qui croit en la puissance de l’être humain et de la relation. Mais ce qu’elle ne voyait pas, c’était la personne qui avait traversé ce qui allait aussi lui amener le sens de sa vie. Mon père, en réalité, il a sombré quand j’étais encore une enfant, dans l’alcool, puis plus tard dans la maladie psychiatrique. Et alors que j’étais en réalité qu’une enfant, mon monde s’est ni plus ni moins bien évidemment écroulé à ce moment-là. Et je me souviens très bien que pour la première fois de ma vie, je me suis dit… La vie, c’est pas possible, ça ne peut pas être que ça. Je savais finalement inconsciemment que j’allais souffrir pendant de très très longues années. Je ne savais pas que je ne passerais pas une seule semaine sans pleurer, compte tenu de tout ce que nous traversions ensemble. Je ne savais pas non plus que j’aurais le plus mémorable fourrir de ma vie en sortant pour la première fois d’un hôpital psychiatrique. après l’avoir visité et dans un lieu dans lequel il reviendrait de nombreuses fois par la suite. Je ne savais pas non plus, et heureusement que je ne le savais pas encore à l’époque quand j’étais qu’une enfant, que j’aurais honte sans arrêt de lui, de sa pathologie, de moi aussi, car je n’étais pas à la hauteur de ce que nous traversions. Et j’avais honte de moi alors que finalement je n’étais qu’une enfant, puis une jeune femme dans la tourmente. Alors, je vous rassure, cet épisode, c’est pas un épisode sur mon père et notre histoire, tout simplement aussi, parce qu’elle serait quand même bien plus complexe à raconter que quelques phrases. Mais aujourd’hui, c’est vrai que ça fait 20 ans qu’il est parti après des années d’errance, et aussi une légionne héloïse qu’il a finalement emportée à l’âge de 56 ans. Aujourd’hui, j’avais pas envie quand même de passer à côté de cette date, et je voulais d’ailleurs que cet épisode, il m’aide à amener… des thématiques en lien aussi avec ce que j’ai vécu et en lien avec ce sens de la vie qui est venu grâce, oui oui j’ose dire grâce, à notre histoire commune. Aujourd’hui j’avais pas envie de faire finalement comme si cette date elle n’existait pas. Pourquoi ? Parce que j’avais plus envie de vivre mon histoire comme un secret. C’est grâce à lui, grâce à notre histoire. que dans ma vie, au quotidien, je parle finalement sans cesse de non-jugement, notamment. Allez, rentrons dans ce thème. Nous jugeons sans cesse l’autre. Il est paresseux, elle est agressive, il est égoïste, elle exagère. Nous sommes en réalité sans cesse en train de regarder le comportement. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce comportement ? En réalité, nous ne voyons pas les peurs, les histoires, les blessures, les combats invisibles, la santé mentale, la santé tout court aussi. Qui explique bien souvent le comportement ? Alors ça, je l’ai beaucoup dit, c’est pas parce que ça explique le comportement que ça va excuser, bien évidemment. Mais oui, ça explique forcément le comportement. Tout simplement parce que nous sommes tous et toutes façonnés de manière unique. Chacun de nos comportements, absolument chacun, est le fruit de notre histoire, nos épreuves, nos succès, nos deuils, nos rencontres, nos traumatismes, etc. Et tout cela, eh bien, ça façonne… Notre façon d’être au monde, nos habitudes. D’ailleurs, j’ai fait un épisode sur cette notion-là, la notion que l’on appelle vision du monde. Je vous remets le lien en description parce que c’est vrai que cet épisode-là, il vous a beaucoup intéressé et il intéresse toujours beaucoup en formation. Donc c’est peut-être important que je vous le repropose à nouveau. Et ce que ça dit finalement, cette notion de vision du monde, c’est que nous devons comprendre que nous sommes Merci. le fruit de nos expériences. Mais aussi que nous jugeons l’autre à travers notre prisme, nos expériences, en oubliant qu’il ou elle est différent, qu’il n’a pas vécu les mêmes expériences que nous et que ça le rend unique. Alors parfois, on me pose la question « Mais alors, et si on a vécu la même expérience ? » Sauf que non, nous n’avons jamais. vécu la même expérience qu’une autre personne. Une expérience qui s’en rapproche, oui, mais pas la même. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que nous sommes différents. Nous n’avons pas les mêmes émotions, pas les mêmes ressources, pas le même environnement. Donc nous vivons absolument tout différemment des autres. Et ça, c’est important de le comprendre. Nous n’avons jamais vécu Merci. la même situation qu’une autre personne. Sauf qu’on a tendance à l’avoir oublié, et bien nous jugeons l’autre à travers notre prisme. Aussi parce que clairement, nous pensons très bien que nous aurions pu faire mieux que l’autre. Mais en réalité, nous n’en savons absolument rien. Chacun répond aux situations à partir de là où il se trouve. D’ailleurs, c’est ce qu’on appelle en logothérapie notre liberté ultime. C’est-à-dire, comme l’indiquait Frankel, entre ce qui nous arrive et comment nous y répondons se trouve notre espace de liberté. Alors, je le redis, c’est important, l’objectif n’est toujours pas d’excuser, mais de comprendre que nous réagissons comme nous le pouvons en réalité. En fonction de qui l’on est. Comprendre, ce n’est pas excuser, ce n’est pas approuver. Mais c’est aussi reconnaître la complexité de l’être humain. J’ai l’habitude aussi de dire en formation que si on avait conscience de ce que chaque être humain traverse dans sa vie, nous serions, j’en suis persuadée, absolument moins difficiles les uns avec les autres. J’insiste, beaucoup, je le sais, mais ce n’est pas excuser, à nouveau. C’est essayer. de faire preuve d’humanité. Je vais reprendre un exemple qui me concerne. Justement, dans cette situation-là, peu de temps après le décès, j’étais en voiture et j’étais un petit peu dans un état second, il faut le dire, et sûrement que je n’ai pas été attentive en voiture. Je ne sais pas spécialement ce que j’ai pu faire comme bêtise. Si j’ai oublié un clignotant, si je ne roulais pas assez vite, je n’en sais rien. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que derrière moi, il y a un monsieur qui était… vraiment pas content. Et vraiment, je l’ai vu dans son rétroviseur me donner tous les noms d’oiseaux possibles, imaginables. Et je crois que cette fois-là, je me suis fait une promesse. Je me suis dit, je ne sais pas ce que les gens traversent. Cette personne-là, je pense que si elle savait peut-être ce que j’étais en train de traverser, le fait que je roulais peut-être un peu lentement, ou que j’ai oublié un clignotant, peu importe, peut-être que ça lui aurait été égal. J’ai une vraie croyance dans l’être humain, je pense que vous l’entendez depuis le début des podcasts, si vous m’écoutez depuis là. Je suis persuadée en effet que l’être humain a un bon fond et… et que nous cherchons tous à être heureux, en réalité. Alors oui, par contre, souvent, on se perd en chemin par rapport à ça, et certains s’égarent très très très nettement, mais souvent, face au drame, même un inconnu sera capable de tendre la main. Et donc, suite à ça, je me suis promis que la prochaine fois que quelqu’un m’agacerait au volant, eh bien, j’essaierais de me rappeler ça, et de me dire que peut-être cette personne-là, Ben oui Elle est soit très pressée parce que quelque chose d’important pour elle vient d’arriver, ou alors elle est à côté de la plaque parce que malheureusement elle vit une chose difficile. Alors, bien évidemment, je ne vais pas vous vendre du rêve, je n’y arrive pas tout le temps, très clairement, mais je sais que j’essaye quand même de temps en temps de me le rappeler. Alors, aujourd’hui, cela fait donc 20 ans que mon père est parti, et comme je l’ai dit, je l’ai clairement perdu deux fois. Mon père, il a été à la fois ma plus grande souffrance, mais aussi mon plus beau cadeau. J’ai pas envie par contre de parler de résilience ici. Donc la résilience, capacité d’un organisme à récupérer d’un traumatisme. Pourquoi j’ai pas envie de ça ? Parce que mon objectif avec cet épisode n’est certainement pas de donner une leçon de résilience ou ce genre de choses. C’est pas du tout l’esprit. Chacun réagit comme il peut. Dans mon cas… Ce que j’ai vécu, ça m’a permis de me questionner sans cesse sur le sens de tout ce que je vis. Et je dis bien sans cesse, donc oui, parfois c’est un petit peu fatigant, mais très clairement c’est ce qui m’a aussi permis de survivre psychiquement. Et puis j’ai de la chance parce que me questionner comme ça sur le sens de la vie, ou de tout ce que je vis, ça a été à l’origine de ma vocation, de mon regard aussi sur les autres et sur le monde. C’est peut-être le temps aussi de vous faire une petite confession. Cet épisode, il m’est quand même très très difficile à faire. J’ai édité 20 fois, je l’ai refait peut-être 30. Et donc forcément, ça m’a pris un petit peu de temps. Alors, très clairement, c’est pas lié au passé, à ce que j’ai vécu dans cette histoire-là, parce que c’est maintenant derrière moi, j’ai beaucoup de chance justement de le vivre comme un événement du passé, de moins en moins douloureux avec les années qui passent. Mais pourquoi ça a été encore difficile ? Eh bien oui, parce que j’ai en réalité encore un peu honte. Pourquoi j’ai un petit peu honte ? Eh bien parce que je me dis qu’il y a mille fois pire. Et c’est vrai. Bien sûr que c’est vrai. Donc oui, la réalité c’est que j’ai un peu honte d’en faire un épisode. Pourtant, je le dis à chaque personne que j’accompagne. Peu importe finalement, il y aura toujours, bien sûr… bien pire dans le monde. Mais c’est ce que vous vivez, donc forcément c’est important. Cette phrase-là, le « oui je souffre, mais il y a pire » , est une de celles en réalité que l’on entend le plus souvent par les personnes justement qui sont dans la souffrance et dans la difficulté. En réalité, cette phrase-là, elle est louable en soi. Souvent, l’objectif conscient ou inconscient, il est de ne pas se victimiser. de garder aussi un sens des proportions, de reconnaître des souffrances bien plus graves que les siennes. Mais malheureusement, ça amène quand même certaines déviances, finalement, dans notre fonctionnement. Parce que c’est comme si la souffrance, elle n’était légitime qu’à un certain seuil, presque, comme s’il y avait une compétition implicite. Et malheureusement, tout cela, ça amène à se taire en réalité. Mais se taire… eh bien ça n’aide pas à guérir. Et n’aide pas non plus ceux et celles qui auraient besoin d’entendre notre histoire, car ils peuvent s’y reconnaître. Et ça, à mon sens, c’est vraiment quelque chose d’extrêmement important. Je l’ai dit, j’ai beaucoup souffert de honte à l’époque où mon père était vivant et dans la tourmente. Honte de la situation, honte d’avoir honte, ce qui était assez terrible. Et je suis d’une époque où il n’y avait pas… autant d’accès à l’information via les réseaux, etc. De nos jours, la parole se libère un petit peu par rapport à tout ça. Déjà, la parole des malades, mais aussi la parole des familles. Et c’est vrai que si j’avais eu accès à plus de récits de vie, de récits de personnes qui avaient traversé, et ou pour qui c’était derrière eux, peut-être, justement, que j’aurais un petit peu moins honte. Donc c’est vrai que, parfois, On a besoin d’entendre des histoires qui ressemblent un petit peu aux nôtres pour pouvoir aller mieux. Et également, le fait de se taire, ça peut renforcer la détresse et la solitude. La question de la santé mentale, elle est clairement centrale de nos jours. Et pas besoin que notre souffrance soit la pire pour qu’elle mérite d’être reconnue et entendue. Et oui, cela passe par accepter ce que l’on vit et qui l’on est. Ça passe aussi par verbaliser ce que l’on ressent, même si, oui, il y a toujours pire et il y aura toujours pire. Mais personne ne vit exactement ce que l’on vit. Par contre, ce qui est sûr, et c’est ce qui fait notre humanité, nous souffrons tous et toutes à un moment de notre vie. D’un deuil, d’une transition de vie, d’une image de soi altérée, d’un trop plein, d’un pas assez plein, de complexe, de peur, d’un isolement, d’un lien toxique, d’une colère ou d’un chagrin, etc. Et il est grand temps de s’en rappeler justement de tout ça pour prendre soin du collectif. Allez, on arrive à la fin de cet épisode. Si j’ai souhaité vous raconter cette histoire, ce n’est pas parce qu’elle serait exceptionnelle. C’est précisément car elle ne l’est pas. Alors, la prochaine fois qu’un comportement vous surprendra ou vous agaissera, et pas qu’en voiture, sans l’excuser, nous pouvons aussi nous rappeler que la personne aussi porte forcément une souffrance invisible. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt. Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.