Épisode. Sens et relations humaines : le courage de ne pas être aimé·e

Pour écouter l’épisode, vous trouverez également le lien ici : https://podcast.ausha.co/ou-est-le-sens/etincelle-sens-et-relations-humaines-le-courage-de-ne-pas-etre-aime-e

Transcription automatique par Ausha :


Je vous souhaite la bienvenue dans ce court épisode au cours duquel nous allons parler d’un livre phénomène qui éclaire les liens relationnels et le sens qu’on leur donne. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens ? » Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, logothérapeute, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. J’ai donc envie d’évoquer avec vous, aujourd’hui, le livre Phénomène de Mel Robbins, dont le titre en français est « La théorie laisse-les donc faire » . Alors, c’est un livre dont on parle beaucoup en ce moment, à juste titre, car il évoque des points clés dans nos liens relationnels. Et il nous aide surtout à mieux vivre certaines situations relationnelles. Alors, je vais développer, mais avant cela, j’ai quand même envie de mettre un petit bémol. Parce que, et c’est très personnel, pour ma part, dans ce bouquin, certes très pertinent, il y a quand même beaucoup de superlatifs. Il y a également toute une page dédiée à des tatouages réalisés par des lecteurs qui se sont fait tatouer. Cette fameuse phrase sur leur peau à la suite de la révélation liée à ce livre. Alors voilà, c’est à mon sens quand même imprégné d’une certaine culture. Et donc sur cette magnifique théorie que je vais développer en lien avec nos relations, moi je préfère quand même un autre best-seller. Cet autre titre, c’est « Avoir le courage de ne pas être aimé » . C’est un best-seller japonais dont les auteurs sont Ishiro Kishimi. et Fumitake Koga. Ce livre-là, il est, lui, sous la forme d’un conte. Ce sont des échanges, en fait, entre un jeune homme et un philosophe. Et ce conte, il est basé sur les théories d’Adler, qui était un contemporain de Viktor Frankl, donc le créateur de la logothérapie. Ce second livre que je vous recommande, moi, je le trouve très accessible. Il est à la fois très profond et très sensible. Mais les deux livres, donc celui de Mel Robbins et ce fameux conte, eh bien, tous les deux, ils s’appuient sur une seule et même réalité, à savoir que nous ne pouvons pas changer les autres. Alors, ça paraît peut-être dit comme cela comme une évidence. Pourtant, en tant qu’être humain, eh bien, on passe ni plus ni moins notre temps à vouloir changer les autres. Or, eh bien, c’est peine perdue, parce qu’on peut… comme je l’ai dit, absolument pas changer les autres, ils ne changent bien évidemment eux que s’ils le souhaitent. Et souvent, malheureusement, pas au rythme auquel nous, nous voudrions qu’ils changent. Par rapport à la théorie de Mel Robbins, il y a notamment la question de se sentir jugé. L’idée, c’est que, bien évidemment, c’est douloureux de se sentir jugé par les autres. Mais plus on va… accepter cette notion clé qui est que nous ne pouvons pas les changer, plus, pas à pas, on va commencer à accepter de les laisser faire. Les laisser penser différemment, agir différemment, voire même, pourquoi pas, nous juger, oui, s’ils le souhaitent. Parce que nous voudrions que les gens fonctionnent, pensent comme nous. Or, bien évidemment, c’est impossible. Et non seulement c’est impossible, mais c’est également souvent source de souffrance. Plus on va accepter finalement de laisser faire, comme le dit Mel Robbins, plus on va pas à pas rencontrer une véritable paix personnelle et relationnelle. Parce que c’est vrai que plus on va accepter que ce que pensent les autres, disent les autres, font les autres vis-à-vis de nous, ne dit rien de nous en réalité, plus on va être en capacité de nouer des liens relationnels qui soient sains. Car non seulement vouloir changer l’autre, on l’a vu, c’est absolument impossible, mais c’est également une forme de jugement. Et oui, nous ne supportons pas que les autres nous jugent, et pourtant on voudrait qu’ils fonctionnent différemment. Donc on les juge à notre tour. Donc ce qu’on crée dans ces situations-là, c’est finalement une violence. réciproques, ni plus ni moins. Et donc, plus on va accepter l’idée d’avoir le courage de ne pas être aimé, comme dans le conte japonais, ou de les laisser faire, comme pour Mel Robbins, plus on va pouvoir avancer sereinement dans notre vie et sainement dans nos relations. Pour aller plus loin, je vous renvoie à l’épisode sur la vision du monde où on travaille notamment ça. Mais c’est vrai que déjà, rien qu’à ce stade, on peut se rendre compte de cette réalité qui est que nous passons notre temps à essayer de faire en sorte que les gens se comportent ou comprennent les choses comme nous nous les comprenons. Or ça, comme je le disais, c’est véritablement une grande source de souffrance. Et c’est donc sur cela… que s’appuient ces deux best-sellers que forcément je vous recommande absolument très chaudement qui nous amènent à réfléchir à ces différentes notions-là et pas à pas à prendre du recul sur nos conditionnements, sur cette habitude que nous avons de vouloir changer les autres. Alors, par contre, bien évidemment, le fait de comprendre cette notion-là ne va certainement pas excuser le comportement, absolument pas. jamais, jamais, jamais, comme j’ai l’habitude de le dire. L’idée n’est certainement pas de laisser faire. Malgré le titre, c’est ça qui peut paraître paradoxal, l’idée c’est de prendre une juste distance émotionnelle. Je vais m’expliquer pour être plus clair. Cette notion-là, cette compréhension fine-là que les autres, on ne pourra jamais changer ce qu’ils pensent, par exemple, à notre sujet. nous permet de prendre une juste distance relationnelle, émotionnelle par rapport à cette situation, en se rappelant que finalement, ce que les autres pensent, disent de nous, ça ne dit rien de nous. Et oui, ça ne parle que d’eux, de leur façon de nous voir, de nous comprendre et de comprendre le monde. Donc ça ne dit absolument rien de nous en réalité. À nouveau, je vous renvoie vers l’épisode sur la vision du monde où j’explore un peu plus longuement cette notion-là. Et en comprenant cela, ça permet justement d’être plus à distance émotionnellement et éventuellement de recadrer le comportement s’il y a lieu. Et oui, plus on va être posé émotionnellement, plus on va être efficace avec les outils de la communication, de la gestion des conflits, et on en verra ensemble. Mais pour ça, eh bien oui, il faut être soi-même dans une posture de non-jugement pour pouvoir être efficace. Je l’expliquerai, je le détaillerai plus longuement dans d’autres épisodes. Et ces deux livres, ils s’appuient donc sur cette réalité-là. Tout d’abord, accepter, pas à pas, que la vie de l’autre ne dit rien de nous, comme je le disais, et ne nous appartient pas. Mais également, ça nous permet, ils nous permettent d’avoir… un peu plus de douceur envers soi-même. Notamment, la seconde partie du livre, Laissez-les, c’est justement cette seconde étape-là qui consiste à accepter aussi de se laisser être touché, être en colère, être blessé, bien évidemment, par ce que vivent les autres dans notre relation. Par exemple, si on a reçu un commentaire blessant, eh bien, il est normal, bien évidemment, d’être touché. Mais se rappeler que ça ne dit rien de nous en réalité, n’excuse pas le comportement, mais nous permet de le dépasser et de vivre plus sereinement cette situation relationnelle et éventuellement de recadrer le comportement s’il y a lieu. Nous arrivons à la fin de ce court épisode et j’ai bien évidemment envie de vous proposer un petit exercice relationnel en lien avec ce que nous venons de voir. La prochaine fois que vous serez en situation relationnelle et que quelqu’un dira quelque chose à votre sujet qui vous touche, eh bien, laissez-les faire. Oui, je sais, c’est extrêmement difficile. Mais l’objectif est de sentir justement ce que ça nous fait lorsqu’on prend cette distance-là. Donc se rappeler que ce qui vient d’être dit ne dit rien de nous et ne pas essayer de corriger ce qui vient d’être dit. Juste, laissez-les faire. en se rappelant, ok, ce qui vient d’être dit ne parle pas de moi et ne parlera jamais de moi. Puis voyez comment vous vous sentez. Et ce que j’aimerais bien, c’est que celles et ceux qui auraient tenté cet exercice, venez nous dire en commentaire ce qui a été facile ou plus difficile pour vous, afin que nous puissions en parler à nouveau ensemble. Allez, maintenant, je vous laisse poursuivre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.