Le lien vers l’épisode se trouve également ICI
Transcription automatique générée par Ausha :
Je vous souhaite la bienvenue dans ce court épisode, cette étincelle. Aujourd’hui, je vais répondre à une question qui m’a été posée sur le thème de la vision du monde. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast Où est le sens ? Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, logothérapeute, et je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous, puis à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. J’ai donc fait un épisode sur le thème de la vision du monde, et c’est vrai que cette thématique, elle interpelle souvent beaucoup, et j’en suis sincèrement ravie. Je vous renvoie donc vers cet épisode, et vous mettrez bien évidemment la référence en description de celui d’aujourd’hui. Alors, en substance, j’y explique dans cet épisode que chacun a sa réalité liée à ses expériences, son milieu familial, son vécu notamment. Et que même si cela nous paraît évident, c’est la principale source de conflits relationnels, car nous passons notre temps à essayer de prouver à l’autre que nous avons raison dans notre vision du monde. On me demande donc, et c’est la question à laquelle je vais répondre aujourd’hui, S’il est réellement possible de se comprendre quand on a des visions du monde différentes ? Alors, je vais être un petit peu provocatrice, mais la réponse, c’est non. Mais c’est également non avec des personnes avec qui nous pensons même avoir une vision du monde commun. Allez, je m’explique. Pourquoi je dis cela ? Eh bien, tout simplement, car en réalité, il est impossible d’avoir la même vision du monde qu’une autre personne. Il y a actuellement 8 milliards d’individus sur Terre, il y a 8 milliards de cerveaux différents et donc 8 milliards de visions du monde différentes. Oui, chaque interaction, chaque expérience, chaque apprentissage, découverte, etc. façonnent notre cerveau de manière unique et donc notre vision du monde de manière unique. La difficulté, c’est que nous ne pouvons pas nous départir de notre vision du monde. C’est notamment ce qui nous permet d’être au monde sans avoir besoin de requestionner en permanence tout ce qui nous entoure et tout ce que nous vivons. Ainsi, le cerveau évite de consommer trop d’énergie et nous nous évitons aussi tout simplement de devenir fou. Imaginez un peu, vous posez systématiquement la question de qu’est-ce que c’est que cet objet à chaque fois que vous croisez un stylo par exemple. Alors, c’est bien sûr un exemple basique de ce qu’est la vision du monde, mais cela en fait en réalité pourtant partie. Dans les relations, le biais de confirmation sera à l’œuvre à chaque fois que nous voudrons maintenir notre vision du monde, lorsque nous nous dirons par exemple que cette personne est vraiment super sympa. Ou d’ailleurs son exact inverse, si vous voyez ce que je veux dire. Alors, le biais de confirmation, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un biais cognitif, donc une tendance du cerveau à se simplifier la tâche en prenant des raccourcis qui consomment peu d’énergie. Et cela tombe bien, car ça permet aussi de confirmer en permanence notre vision du monde. Allez, revenons aux relations. Est-ce que l’on peut vraiment se comprendre quand on n’a pas la même vision du monde ? Je le disais, la réponse est non. Mais même… quand on pense avoir la même vision du monde en réalité. Car là est finalement la grande erreur. Pensez que nous savons ce que vit et pense l’autre. Alors, bien sûr, c’est une déformation très humaine. Nous cherchons d’ailleurs par ce biais-là à nous rassurer de manière inconsciente. Mais ainsi, malheureusement, nous figeons l’autre. Nous refusons par ce biais tout simplement l’altérité. C’est-à-dire le droit à l’autre d’être différent de nous. Alors oui, quand nous avons des visions du monde qui se rejoignent sur certains aspects, mais pas les mêmes visions du monde, j’insiste. Dans ce cas, la relation semble plus aisée, c’est évident. Pourtant, elle n’en est pas moins en danger quand justement des conflits liés à la vision du monde éclatent. Donc je crois que la question n’est pas est-ce que nous avons ou non La même vision du monde. La question est plutôt, que faisons-nous de notre relation quand nos visions se confrontent ? Malheureusement, et bien sûr, quelle que soit la relation, nous n’avons pas appris à traverser les tempêtes. Souvent, nous voyons nos échanges comme une soustraction. Pour que notre point de vue existe, l’autre doit disparaître. Or, nous devrions le voir, justement, cet échange, non pas comme une soustraction, comme je viens de le dire, mais comme une addition, voire une multiplication. La citation apocryphe d’Antoine de Saint-Exupéry dit « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis » . Et cette citation, elle illustre parfaitement à mon sens cette idée. En réalité, si nous sommes conscients que tout n’est que vision du monde, comment tenir pour vrai ce que nous défendons souvent comme si notre vie en dépendait ? Et de ce fait… Comment ne pas considérer que la vision du monde de l’autre, en plus d’avoir autant de valeur que la nôtre, a surtout la vertu de nous faire évoluer et progresser ? Alors ça, clairement, quand on est dans la situation conflictuelle, avoir cela à l’esprit, ça reste quand même compliqué, soyons très honnêtes. Penser que ce que l’autre nous oppose comme vision du monde est en réalité un enrichissement, demande de prendre beaucoup de hauteur justement ce qu’on est en train de vivre. Donc oui, c’est difficile dans ce monde où nous avons appris à avoir raison ou avoir tort. Et bien sûr, surtout raison, tant qu’à faire, notamment pour avoir des bonnes notes à l’école. Oui, ça vient de là en réalité, ce besoin absolu que nous avons tous et toutes d’avoir raison. C’est finalement la peur très ancienne de se tromper et d’avoir des conséquences négatives, principalement à l’école. Alors, comment réussir finalement à basculer dans l’addition relationnelle ? Eh bien peut-être déjà en passant de toi contre moi à toi et moi contre notre difficulté. Si nous ne nous comprenons pas, peut-être pouvons-nous nous lier contre cette incompréhension. Et oui, c’est ça l’objectif, se rendre compte que la situation que nous sommes en train de traverser, nous pouvons en sortir gagnant-gagnant et non pas gagnant-perdant, comme malheureusement, encore une fois, on nous a incité à le vivre, ces situations-là. Être dans le gagnant-gagnant, c’est considérer, comme je le disais, notre difficulté au centre, finalement. Elle n’est pas portée par l’un ou par l’autre, cette difficulté. Elle est entre nous, sur la relation. Et quelque part, se lier pour résoudre cette difficulté-là, c’est ce qui nous permet de basculer finalement dans l’addition relationnelle. L’idée, par rapport à cette incompréhension, c’est de chercher à la comprendre. Lui donner une place, mais plus toute la place. Ainsi, nous nous souviendrons que le lien est bien plus précieux que le fait d’avoir raison. Alors, je vous entends presque me dire « Oui, oui, tout cela, c’est très bien, c’est très joli, c’est très beau, mais cela fonctionne pour des relations avec des personnes qui nous sont chères. » Mais pour ceux avec qui c’est déjà plus difficile, ou des inconnus de passage, par exemple, est-ce que c’est aussi facile d’avoir cet état d’esprit ? Car là, bien évidemment, le lien est fugace, désagréable, voire pourquoi pas toxiques malheureusement pour certaines relations, par exemple professionnelles. Et bien dans ce cas, pour nous aider à avoir cette philosophie de vie, parce qu’on est sur une philosophie de vie à mon sens, ce qui peut nous aider, c’est de décider de choisir nos combats. Ainsi, parfois, et je dis bien parfois, le fait d’être en paix aura finalement bien plus de valeur que le fait d’avoir raison. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt !