Lien vers l’épisode également : ICI
Transcription automatique par Ausha :
Aujourd’hui, je vais évoquer un thème qui me semble très important, notamment dans nos relations, mais aussi bien sûr dans notre quête de sens, à savoir la différence entre responsabilité et culpabilité. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez une étincelle du podcast « Où est le sens ? » Ici, une flamme s’allume, une pensée, un repère. Je suis Stéphanie Morand, conférencière et formatrice. Dans cet épisode, je vous invite à écouter ce qui se réveille en vous et à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens. En logothérapie, on parle bien souvent beaucoup de responsabilités, notamment par la question star, finalement, de la pratique thérapeutique qui est « qu’est-ce que la vie attend de moi dans cette situation ? » Et cette question, elle nous renvoie donc à notre responsabilité, et c’est pour ça que j’ai trouvé très important de faire cette différence entre responsabilité et culpabilité. Parce que bien souvent, nous confondons les deux. Or, ce qu’il faut comprendre, c’est que l’une nous enferme et nous fige, alors que l’autre, en réalité, elle nous offre une lumière pour avancer. Allez, on va largement détailler tout ça. Déjà, pourquoi on confond les deux ? Bien évidemment, vous allez peut-être vous en douter, ce qui crée finalement le fait de confondre ces deux notions entre responsabilité et culpabilité, eh bien, c’est bien sûr la culture dans laquelle on a grandi. Et je dirais même la culture de la faute dans laquelle on a grandi. Ça, ça vient bien évidemment de la religion. Il faut comprendre que l’on parle quand même… dans les religions, de péché mortel. Donc c’est quelque chose que, que l’on soit croyant ou non, eh bien forcément a façonné nos inconscients collectifs. C’est complètement illusoire de penser que cette notion-là de péché n’a pas eu du tout d’impact sur nous, encore une fois, que l’on soit croyant ou non. Tout simplement parce que ça a façonné nos inconscients collectifs et donc notre propre inconscient. Et ça, forcément, ça laisse une trace. Ensuite, c’est notre société, notamment à l’école, qui crée finalement une notion de culpabilité assez forte dans nos inconscients, encore une fois. Au sein de l’école, on traque quand même la faute. Et rapidement, ce qui peut se passer, c’est qu’on va se sentir coupable de ne pas être assez. Donc cette culpabilité, comme je l’ai dit, elle fige ni plus ni moins. Or la responsabilité, elle, elle offre un pouvoir. Le pouvoir de redevenir acteur ou actrice de sa vie, ni plus ni moins. Je vais prendre tout de suite un exemple et un exemple relationnel. On entend souvent… que nous sommes responsables de la façon dont on transmet les choses dans nos relations, mais pas coupables de la façon dont l’autre les reçoit. Je vais m’expliquer par rapport à ça. L’autre, il reçoit forcément ce qu’on va lui dire, lui indiquer, selon ses propres filtres, selon sa vision du monde. Alors, je souris, je suis sûre que vous l’entendez en le disant, parce que j’ai fait un épisode sur la vision du monde. Et ce thème-là, c’est fou comme autant en formation qu’ici sur ce podcast, il vous interpelle et vraiment il vous questionne. Donc oui, encore une fois, on parle de vision du monde même dans ce thème-là. Je vous mettrai bien sûr le lien vers l’épisode de la vision du monde dans la description de celui-ci. Donc je disais, l’autre, il interprète tout ce qu’on va lui transmettre à travers sa propre vision du monde. Donc parfois, eh bien oui, il sera blessé par nos propos, par exemple, alors que ce n’était absolument pas notre intention. Donc, nous ne sommes en réalité pas coupables de la façon dont il va le recevoir. Alors dans ce cas, est-ce qu’on s’en lave les mains, quelque part, de son ressenti ? Eh bien, absolument pas. C’est là, au contraire, justement, qu’on va regarder notre responsabilité. Notre responsabilité, c’est par exemple… Comment je communique ? Comment j’ai transmis justement mes propos à la personne ? Est-ce que j’ai pris en compte aussi son état émotionnel du moment ? Est-ce que j’ai fait attention à sa sensibilité ? Elle est là, finalement, notre responsabilité. On a une responsabilité sur la situation, comme je l’ai indiqué, mais nous ne sommes pas coupables de la réaction de l’autre. Ce qui est intéressant quand même, c’est qu’avoir cela à l’esprit, ça aide aussi à réparer, si besoin, notamment la relation. Pourquoi ? Parce que… En effet, donc la culpabilité, elle fige et elle enferme. Or, la responsabilité, elle va aider. Si on est dans la culpabilité, ce qui peut se créer comme équation finalement de notre esprit, c’est l’autre est blessé, je suis donc une mauvaise personne. A l’opposé, la responsabilité, elle va aider à regarder et nous aider à reconnaître notre part, puis à changer la situation si cela est possible. Maintenant, venons-en à un thème déjà un petit peu plus sensible, les épreuves que nous sommes amenés à traverser. Bien évidemment, nous ne sommes absolument pas coupables des épreuves que nous traversons, ni coupables, bien sûr, de ressentir des émotions. Par contre, oui, nous avons un pouvoir. Pouvoir de choisir notre réaction. Je vais prendre des exemples pour illustrer. Encore une fois, l’humain quand même, il est assez tordu, soyons honnêtes. Par exemple, nous n’allons pas bien, on vit un moment difficile, et pourtant, on va refuser les moments, les sorties sympas avec les amis qui pourraient nous faire du bien. Ou alors, on va écouter de la musique bien bien pourrie qui va encore plus nous mettre le moral à zéro, comme on dit. On a donc réellement un… pouvoir finalement sur la façon dont on se sent dans ces situations-là. Alors attention, encore une fois, responsabilité n’est pas culpabilité. Si on va mal, on ne va pas en plus se sentir coupable d’aller mal. Non, ce n’est absolument pas l’objectif de comprendre cette notion-là. L’idée, c’est au contraire d’avoir une petite lumière au bout du tunnel. L’idée, c’est de se dire, ok, pour l’instant, je ne suis pas capable. capable de choisir d’aller mieux dans cette situation. Et c’est ok. Par contre, je me rappelle que j’ai quand même ce pouvoir-là de choisir de faire des choses qui m’aideront à m’en sortir. Donc pour résumer, la culpabilité, c’est une énergie de fermeture. Elle est axée sur le passé. Elle est souvent composée de rumination, d’autocondamnation, de besoin de se punir aussi, malheureusement parfois. Alors que la responsabilité, elle, c’est une observation de la situation avec lucidité. Une reconnaissance aussi de notre part dans la situation. Et une orientation surtout vers l’avenir qui nous permet de redevenir acteur et actrice. Et cette notion-là, eh bien oui, elle est aussi importante dans la quête de sens. Pourquoi ? Bien tout simplement parce que quand nous allons mal, nous cherchons naturellement une cause ou un coupable. Et ça, trouver justement une cause ou un coupable, ça peut donner sur le moment un semblant de sens à la situation. Il est important de comprendre que notre cerveau, il a un besoin absolu de sens. Et face à une épreuve, il est absolument naturel de se dire, c’est de ma faute. Ou bien j’aurais dû faire ceci ou cela. Paradoxalement, en réalité, c’est plus facile de se dire que c’est de notre faute que d’admettre que nous ne maîtrisons pas tout. Pourquoi ? Parce que ne pas tout maîtriser, ça peut être profondément anxiogène. Et oui, la culpabilité, elle donne finalement une illusion de contrôle qui rassure, mais qui ne va rassurer qu’un temps. Si c’est de notre faute, on a l’impression que le monde est lisible et compréhensible. Cette culpabilité, elle permet un temps de réduire nos angoisses et nos incertitudes. Et de ce fait, de penser que nous avons trouvé du sens, alors qu’il s’agit simplement d’une volonté de toute puissance. La quête de sens, elle, via la responsabilité bien sûr, elle ne se demande plus pourquoi c’est arrivé, mais qu’est-ce que je vais faire ? de cette expérience. Et ça, eh bien oui, ça change tout. Car le sens, il n’est plus trouvé, il est créé. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt ! Vous venez d’écouter une étincelle du podcast « Où est le sens ? » . Si cela vous parle, les épisodes longs du podcast prolongent la réflexion. Venez m’y retrouver pour continuer à avancer, ensemble, vers ce qui fait sens.