Transcription automatique de l’épisode par Ausha :

Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode, au cours duquel j’ai envie de vous parler d’un film qui illustre, selon moi, parfaitement les principes de la logothérapie. J’ai toujours trouvé que raconter des histoires est un merveilleux outil de compréhension, et c’est vrai que pour moi, ce film le fait vraiment à merveille. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez « Où est le sens ? » ici. Une flamme s’allume, celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, logothérapeute. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. J’ai donc envie de vous parler aujourd’hui du film… La vie est belle de Roberto Benigni, sorti en 1998. Alors, si vous n’avez pas vu ce chef-d’oeuvre, selon moi, je vais être très claire. Je vais raconter en détail ce film, y compris la fin. Et cela pour servir mon propos. Donc, en gros, si vous ne voulez pas être spoilé, comme on dit, allez le voir et puis revenez en parler, pourquoi pas dans les commentaires, après avoir écouté cet épisode. Alors, ce film. L’histoire, elle évoque l’enfer des camps de concentration lors de la Seconde Guerre mondiale, ce qui est d’ailleurs aussi l’expérience vécue par le créateur de la logothérapie, qui est Viktor Frankl. Donc ce film, il débute en 1938, et on fait la rencontre de Guido, qui est un jeune serveur qui est plein de malice. Et ce jeune serveur, il rencontre Dora, une jeune institutrice, et il met tout en oeuvre pour tenter de la séduire. Et donc on a affaire au début du film à plein de scènes qui sont remplies selon moi de tendresse et de fantaisie douce. Le film avance et cinq ans plus tard leur petit garçon nommé Josué qui est aussi pas mal facétieux fait désormais partie de leur vie. Sauf que malheureusement Guido et bien il est juif. et il est donc déporté avec son fils. Ce qui va se passer à ce moment-là, c’est que par amour pour eux, Dora, donc la mère, choisit de monter volontairement dans le train qui l’emmène aussi au camp de la mort. Et donc là, bien évidemment, l’enfer commence, ni plus ni moins. Mais aussi l’histoire que va raconter Guido à son fils pour le protéger tout simplement de l’horreur. Et ce qui se passe, c’est que Guido, il fait croire finalement à cet enfant que la situation est en réalité un jeu, dans lequel, eh bien, il se sent engagé volontairement pour gagner un char d’assaut. Oui, il a quand même pas mal d’imagination. Et ce qui se passe, et ce qui rend ce film absolument unique, je trouve, c’est qu’il y a ensuite de très nombreuses scènes qui arrivent à nous faire rire. malgré l’horreur. Je pense par exemple à une scène en particulier au début de la situation à l’intérieur des camps où Guido accepte de traduire le discours des gardiens nazis devant tous, mais surtout devant son fils. Et il fait donc croire que les gardiens délivrent à ce moment-là les règles du jeu. Et il y a un moment particulièrement drôle. où Guido traduit le fait que les gardiens sont en train de dire ou diraient qu’il y a une règle qui est de ne pas demander de sucette. Sinon, ils auront des pénalités. Et en plus de ça, il n’y a plus de sucette. Ils les ont tous mangés. Et ils ont surtout très mal au ventre. Et donc, à ce moment-là, on voit l’enfant Josué qui pouffe de rire dans son coin. Et c’est absolument magique, finalement, cette scène. Pourquoi je trouve que je dis des choses assez fortes, comme quoi je trouve ce film assez magique, et que pour moi c’est un chef-d’oeuvre ? Tout simplement parce que dans cette simple scène, on rit, on tremble de peur pour Guido, lorsque il y a un gardien qui semble douter finalement de la traduction, et bien sûr on se rappelle de l’ampleur de l’horreur. Et finalement ce film, il ose tout simplement l’impossible. Il réussit à nous faire rire au cœur de l’horreur, mais surtout sans jamais la nier. Bon, vous l’avez compris, j’adore ce film. Et donc, en plus, selon moi, pas que selon moi d’ailleurs, selon les professionnels de la logothérapie, ce film, il illustre aussi parfaitement les concepts clés de la logothérapie. Et on va donc voir ça ensemble. Alors, tout d’abord, il est montré que le sens se découvre notamment dans notre réaction face à la souffrance. Ça, c’est vraiment… un des principes clés de la logothérapie, à savoir que nous pouvons vraiment découvrir le sens de nos vies dans l’attitude que nous allons choisir face à une situation difficile. Il y a notamment deux questions clés pour nous aider à comprendre cela, que sont « que ferez-vous de votre souffrance ? » et surtout « comment lui donner un sens ? » Guido, il choisit sa façon de réagir à l’horreur avec ce qu’il est. C’est-à-dire un homme malicieux qui aime jouer avec la poésie de la vie. En disant ça, je pense notamment aux nombreuses scènes en début de film où il cherche à séduire Dora en s’appuyant justement sur la poésie et la magie que peut être la vie. Et donc Frankel, lui, le père de la logothérapie, il nous explique que, et je vais le citer, la liberté ultime de l’homme et la capacité de choisir son attitude même face à une souffrance inévitable. Et ce film, il nous le rappelle parfaitement selon moi, parce qu’il nous montre que même face à l’horreur absolue, ni plus ni moins, cet homme, il fait le choix d’en faire un jeu par amour pour son fils. Alors attention, l’objectif de la logothérapie n’est certainement pas de nous faire la morale du type « Sois fort ! » Bien au contraire. L’objectif, c’est plutôt de nous offrir une petite lumière au bout du tunnel. Cette lumière, on a tendance à l’oublier parfois. Et la logothérapie, elle nous aide à nous rappeler qui nous sommes et notre potentiel. Bien évidemment, potentiel très intime et très personnel. Votre potentiel n’est pas celui du voisin, bien évidemment. Et ce potentiel, il va nous aider à faire face à la souffrance. Votre réponse ne sera pas ma réponse face à la souffrance, et c’est bien évidemment parfait comme ça. Également, ce qu’on doit comprendre, c’est que donner du sens ne supprime absolument pas la souffrance. Dans le film, Guido, bien évidemment, il ne nie pas la réalité du camp. Il crée avec le jeu pour Josué, et sans doute peut-être aussi pour lui, une stratégie de survie psychique. Attention, maintenant, si vous n’avez pas vu le film, mais que vous avez continué à écouter par curiosité, mais que j’ai réussi, j’espère, à vous donner envie de le voir, je vais désormais raconter la fin. Donc soit avancez un petit peu dans cet épisode, soit on se retrouve la semaine prochaine pour un autre thème, c’est vous qui décidez. Donc donner du sens, ça n’aura bien évidemment pas empêché la fin tragique, et à nouveau, c’est… parfaitement montré dans ce film, puisque Guido est tué. Et pourtant, le film se termine sur des « On a gagné ! » de Josué, qui retrouve sa maman Dora, puisqu’il pense ou veut bien penser, on est bien d’accord, qu’il a gagné le jeu, car il est rentré en char d’assaut américain. Ce jeu, qui avait été créé par son papa, peut être rapproché de l’acte créatif, donc si on revient à la logothérapie, donc l’acte créatif qui est l’un des trois piliers nommés par Frankl pour donner du sens. En réalité, ce jeu, c’est ni plus ni moins qu’une œuvre, et une œuvre qu’il offre à son fils. C’est bien sûr une œuvre éphémère, mais on peut être persuadé qu’elle nourrira forcément les valeurs de cet enfant. La créativité qui nous offre du sens, c’est celle qui nous permet à nous aussi d’interpréter le monde, et pourquoi pas y mettre une forme nouvelle. notre forme nouvelle. Et ça, c’est magnifiquement fait par ce père dans le film. Et enfin, ce film, il nous parle aussi du troisième pilier de la création du sens, à savoir l’expérience. Alors, je l’ai déjà dit, mais pour mémoire, les trois piliers qui nous permettent de vivre du sens sont donc l’attitude face à la souffrance, la création comme on vient de le voir, et l’expérience, comme je vais l’expliquer. Et selon Frankel, que je cite à nouveau, Le salut de l’homme passe par l’amour et dans l’amour. Et c’est notamment cela qu’on appelle l’expérience, c’est-à-dire l’amour, non pas comme un sentiment, mais comme une expérience du sens. Toujours pareil, je l’explique avec le film. Dora, l’épouse donc et mère, elle monte dans un train vers les camps alors qu’elle n’est pas, elle, arrêtée. Elle fait ce choix volontairement. pour ne pas être séparée intérieurement de son mari et de son fils. Ce qu’on peut dire, c’est que Guido, il crée du sens, mais Dora, elle, incarne le sens. Il se vit le sens en elle, car on se doute qu’elle le sait, mais elle ne peut pas les protéger. Et elle le savait finalement, sûrement, parfaitement en montant dans le train. Elle est… dans l’expérience de l’amour, celui que l’on vit en soi, même dans l’horreur, l’absence ou le deuil en réalité. Dora, dans ce film, nous rappelle donc que le sens ne vient pas seulement de ce que nous créons, mais aussi, et peut-être presque surtout, de la présence que nous choisissons d’offrir aux autres et au monde. Et ça, c’est précisément cela. que nous propose la logothérapie grâce à la pensée de Frankl. Cette recherche de sens, très personnelle bien évidemment, elle nous rend notre liberté intérieure. Et surtout, elle nous offre la possibilité de déployer nos valeurs et qui nous sommes même dans l’épreuve et la souffrance. Revenons à ce superbe film. Guido, il met sa facétie naturelle au service de l’œuvre qu’il lègue à son fils. qui, devenu adulte, dira, en voix off, à la fin du film, qu’il s’agit d’un cadeau, je le cite, que son père lui a fait. Absolument magnifique, parce que, eh bien oui, c’est réellement un cadeau dans l’horreur. C’est la preuve que le sang sain peut nous aider à transcender même les épreuves les plus tragiques. Un autre point, également, qui me semble quand même très important. La logothérapie, elle ne parle pas de résilience. Alors, la résilience est un terme dont on parle beaucoup et c’est tant mieux, d’accord ? Je vais la définir. On dit que la résilience, eh bien, c’est la capacité à récupérer après un traumatisme dans un processus de reconstruction. Donc, c’est un processus. Ce mot-là, il est extrêmement important. Et ce qu’il faut comprendre, c’est que la logothérapie peut aider à la résilience Mais ce n’est pas son objectif premier. Pourquoi ce n’est pas l’objectif premier et surtout quelle différence ? Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on peut en réalité être résilient sans avoir trouvé de sens à l’épreuve vécue. Et ça, c’est des choses que vous avez sans aucun doute déjà traversées ou que vous avez déjà entendues. Il n’y a pas forcément cette notion-là de « il y a eu un sens à l’épreuve » . Je vais mieux, je me suis reconstruit, je suis plus paisible par rapport à ça, mais pourtant je ne trouve pas de sens à ce que j’ai traversé. Donc, résilience ne veut pas dire sens, alors que, bien sûr, la logothérapie, c’est une thérapie basée sur la recherche de sens. D’ailleurs, toujours dans le film, Guido, il ne cherche pas à s’adapter ou à guérir de la situation. Déjà, bien sûr, il est dans l’événement traumatique, donc ça serait trop tôt pour chercher à en guérir, mais… C’est pour illustrer mon propos. Il cherche, lui, à orienter la réalité par le sens qu’il souhaite lui donner, à savoir protéger l’humanité de son fils face à l’horreur. Donc la résilience, elle, elle aidera sans aucun doute son fils à vivre après l’épreuve. Alors que lui, le sens donné à la situation par son père l’a aidé à vivre pendant l’épreuve. Donc voilà pourquoi il y a une différence entre résilience et logothérapie, même si forcément dans un accompagnement thérapeutique, ce sont des termes, même en logothérapie, qu’on pourra utiliser. Donc quelques mots finalement pour un peu mieux comprendre ce qu’est cette notion de résilience. Déjà, à la base, ça désigne un phénomène physique, ce terme-là. C’est la capacité d’un matériau à absorber un choc, et à retrouver sa forme initiale. En psychologie, ça ne désigne absolument pas une capacité de retour à l’état initial, mais bel et bien une capacité d’adaptation. C’est Boris Cyrulnik qui fait vraiment connaître au grand public ce terme de résilience. Et il nous explique très bien que la résilience, elle n’efface absolument pas la blessure. Elle n’annule pas non plus le choc, ni la douleur, ni le souvenir. Par contre, elle permet de vivre avec. sans nier le souvenir et la douleur. La personne, elle ne revient donc absolument pas à son état antérieur, mais elle va se réorganiser autour de ce qui a été fracturé en elle. Si cette notion de résilience vous intéresse, je ferai avec grand plaisir, bien évidemment, un épisode spécifiquement dédié à cette notion-là. Et donc, pour revenir à la logothérapie et à ce film, eh bien, il nous fait vivre ce que sont Justement, les concepts clés de la logothérapie, notamment la capacité humaine à se relier à un sens, même lorsque tout semble l’abolir. Alors, on arrive à la fin de cet épisode, et aujourd’hui, je n’ai pas envie de vous proposer d’exercice. Parce que finalement, il n’y a rien à faire après ce film. Rien à appliquer, rien à transformer volontairement. Parce que la vie est belle, elle ne nous met pas devant une tâche, mais bien devant une position intérieure. Et c’est exactement là que la logothérapie commence. Dans ce film, Guido, il ne veut certainement pas modifier la réalité. Il ne peut pas éviter la violence, il ne peut pas protéger son fils en changeant le monde. La situation, elle est fermée, complètement, radicalement fermée. Et pourtant, quelque chose ne l’est pas. Viktor Frankl, il appelait ça la dernière des libertés humaines. La liberté de choisir son attitude lorsque toutes les autres libertés ont disparu. Non pas pour embellir la réalité, non pas pour la nier, bien évidemment, mais pour décider comment on peut s’y tenir dans cette réalité. Et ça, ce point-là, il est quand même essentiel. Parce que malheureusement, bien souvent, il est mal compris. Surtout dans notre société, comme on en a déjà parlé dans un autre épisode, assez axé sur le résultat et la performance. Donc, choisir son attitude selon la logothérapie, ça ne veut certainement pas dire être positif. Ça ne veut pas dire sourire. Ça ne veut pas dire non plus transformer la souffrance en leçon, ni même… Être résilient, comme on en a parlé. Cela veut dire, par contre, ne pas abandonner entièrement son humanité à ce que, malheureusement, parfois, une situation nous impose. Guido, on l’a dit, il ne nie certainement pas l’horreur. Il ne la minimise pas, il ne la rend pas non plus acceptable. Non, il fait autre chose. Eh bien, il protège un espace intérieur. Peut-être un peu le sien, mais surtout un espace intérieur dans lequel son fils peut encore rester un enfant. Et ce geste-là, ce choix de posture face à la souffrance, c’est réellement un acte de sens. Je vous propose maintenant de rester quelques instants avec cette idée. Peut-être que malheureusement, il existe dans votre vie actuellement une situation que vous n’avez pas choisie. Quelque chose, quelque part, qui s’est imposée à vous. Un cadre, une contrainte, une limite. Alors, je ne parle pas forcément de quelque chose de spectaculaire, juste quelque chose qui est là, et qui, malheureusement, pour l’instant, ne peut pas être changé. Allez, prenez cette situation, sans chercher à la commenter intérieurement, sans chercher à l’améliorer, sans même lui donner un sens. Laissez-la simplement exister. Parce qu’en logothérapie, la question n’est pas pas, pourquoi est-ce que ça, ça m’arrive encore ? Cette question, elle enferme. Souvent, malheureusement, elle tourne en boucle dans nos pensées. Elle cherche à nous amener vers une explication où malheureusement, eh bien parfois, il n’y en a tout simplement pas. Non, la question en logothérapie, elle est quand même différente, mais aussi beaucoup plus exigeante quelque part. La question c’est, quelle attitude cette situation attend de moi ? Non pas une attitude idéale. Même pas une attitude la plus noble, ni même celle qu’on raconterait finalement assez fièrement. Mais au contraire, celle qui serait juste aujourd’hui, dans ce contexte précis, avec vos ressources réelles et très personnelles. Et ça, il est vraiment important de le dire. Cette attitude, elle peut être discrète, silencieuse, et même… complètement invisibles de l’extérieur. Parce que parfois, c’est une manière de penser, une manière de parler, et même une manière de se taire. Parfois, c’est une manière de rester digne ou simplement de rester humain. Le sens, c’est pas un grand récit, c’est un ajustement intérieur. Et ça, j’espère que vous l’avez compris dans mon propos, et bien c’est exactement. ce que montre ce film. Guido, il ne transforme pas la situation, il transforme la relation à la situation. Il ne sauve pas le monde. Il protège un lien, un regard, une manière d’habiter ce moment si terrible et exigeant. Et en faisant cela, il répond à ce que la vie, on pourrait imaginer, lui demande. Et c’est cela. en réalité, pour Frankel, le sens. Alors, il n’y a rien à décider, ensemble, à la fin de cet épisode. Rien à résoudre, rien à corriger, pour une fois. Peut-être, quand même, simplement reconnaître ceci. Même lorsque tout semble figé à l’extérieur, quelque chose en nous reste bel et bien libre. Et que parfois, le sens, il ne se trouve pas dans ce que nous faisons, mais dans la manière. dont nous restons humains exactement là où nous sommes. Voilà, maintenant on arrive vraiment à la fin de cet épisode et j’espère quand même avoir réussi à vous donner envie de voir ou de revoir ce merveilleux film qu’est La vie est belle à la lumière de la logothérapie. Et puis, si le cœur vous en dit, comme d’habitude, je vous invite à venir échanger sur cette thématique dans les commentaires, pourquoi pas sur les réseaux sociaux. Et puis également, bien sûr, je vous invite aussi à partager cet épisode à des personnes à qui vous pensez, tout simplement, qui traverseraient peut-être une période de vie d’existentiel ou de quête de sens, et à qui, je l’espère, ces épisodes pourraient amener un message de… Meilleure compréhension et pourquoi pas d’espoir. Allez, maintenant, je vous laisse reprendre votre chemin. A bientôt. Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.