Transcription automatique de l’épisode par Ausha :


Je vous souhaite la bienvenue dans cet épisode au cours duquel nous allons comprendre comment se construit notre vision du monde, comment elle construit notre réalité et le sens que nous lui donnons. Et à la fin, je vous proposerai un petit exercice pour travailler cette thématique. Allez, je vous emmène avec moi. Vous écoutez Où est le sens ? Ici. Une flamme s’allume, celle qui éclaire le chemin, celle qui réchauffe, celle qui guide. Je suis Stéphanie Morand, logothérapeute. Dans ce podcast, on explore ce qui donne direction, profondeur et vitalité à nos vies. Écoutez ce qui se réveille en vous et avançons ensemble vers ce qui fait sens. J’ai donc envie aujourd’hui de vous parler d’un thème qui anime l’humanité depuis très très très très longtemps. J’ai déjà expliqué que le sens de la vie, il est évolutif. Donc personnellement, le sens de ma vie a longtemps été d’essayer de comprendre cette notion que l’on appelle la vision du monde. Donc d’essayer de comprendre la vision du monde des autres, mais également de transmettre cette notion-là. Donc ce thème que l’on va voir aujourd’hui, il me tient énormément à cœur. Et je suis persuadée qu’il peut aider beaucoup d’entre nous à cheminer dans la quête de sens. D’ailleurs, cela m’est très souvent dit lorsque je retrouve d’anciens participants de formation. Allez, j’arrête de vous faire languir et on va parler de cette thématique qui nous explique que notre réalité n’est pas la réalité. Ok, mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Eh bien que notre réalité n’est pas la réalité, ça signifie tout simplement que nous pouvons tous assister à un même événement. et en avoir une représentation absolument unique. C’est ça, la question de la vision du monde. Alors, comme je vous le disais, cette notion-là, elle anime l’humanité depuis peut-être la nuit des temps même. Pourquoi ? Parce que les philosophes en ont parlé, les psychologues en parlent, et maintenant, les neuroscientifiques en parlent également. Et je vais largement vous expliquer tout ça. On va… partir du côté de ce que nous expliquent les psychologues avant d’aller voir du côté des neurosciences. Ce que nous expliquent donc les psychologues, c’est que nous interprétons le monde qui nous entoure à travers trois niveaux de filtres et ce sont ces filtres-là qui donnent donc la fameuse vision du monde. Ces trois filtres, ce sont des filtres neurologiques, culturels et personnels. Allez ! Rentrons dans le détail. Tout d’abord le filtre neurologique. Si tout va bien, nous interprétons le monde qui nous entoure avec nos cinq sens. De ce fait, une personne qui nourrit par exemple à la vue, est-ce que son monde est moins réel que le nôtre ? Bien évidemment que non, c’est l’interprétation qui en est différente. Le monde, lui, ne change absolument pas. Donc ça, c’est le premier filtre. Deuxième niveau de filtre, c’est le filtre culturel. À savoir que nous avons tous des valeurs culturelles, des valeurs professionnelles par exemple. Si on part du principe que ça, ce n’est qu’une construction, est-ce que nos valeurs culturelles, professionnelles, sont plus justes que les valeurs d’une autre communauté ou d’un autre métier ? Bien évidemment que non. Pourtant, on sait malheureusement à quel point la question des valeurs culturelles culturelles peuvent être extrêmement sensibles, notamment dans notre société. Troisième niveau de filtre, c’est le filtre personnel. À savoir qu’en fonction de notre âge, de nos expériences, de nos préjugés, parce qu’on en a tous, on va avoir un rapport au monde absolument unique. Et ça, comme je vous le disais, les psychologues en parlent depuis très très très longtemps. D’ailleurs, vous pouvez trouver différentes terminologies pour évoquer cette notion-là. On peut entendre parler de la vision du monde, c’est donc le terme que moi je retiens, mais on parle aussi de constructivisme ou de cadre de référence. Donc je suis persuadée que vous en avez peut-être déjà entendu parler. Allez, maintenant partons du côté des neuroscientifiques pour expliquer cette fameuse vision du monde. Eh bien, les neuroscientifiques, eux, ils vont même bien. N’au-delà de ce que nous expliquaient les philosophes ou les psychologues. Du côté des neurosciences, On nous explique que tout ce que l’on croit voir ou vivre est intégralement construit dans notre cerveau. Oui, bienvenue dans Matrix ! Alors, pourquoi ils nous expliquent ça, nos neuroscientifiques ? Eh bien parce qu’ils ont pu observer que le flux d’informations qui circule du cortex visuel vers les yeux est six fois plus dense que dans l’autre sens. Je prends un exemple pour l’illustrer immédiatement. Imaginons que vous avez un livre sous les yeux dont vous lisez le titre. Mais si vous lisez ce titre, c’est parce que vous avez appris à lire. C’est donc votre cerveau qui vous informe de ce que vos yeux perçoivent eux actuellement, à savoir de la lumière quelque part, ou de l’information visuelle. C’est en ça donc que les neurosciences nous expliquent que tout ce qu’on croit voir ou vivre est intégralement construit dans notre cerveau. Allez, un autre exemple pour illustrer. On peut voir à l’extérieur des arbres dont les feuilles sont vertes. Mais c’est la même chose. Si je vois ça, entre guillemets, c’est parce qu’on nous a appris que ça c’était un arbre et que cette couleur-là, c’était du vert. Les animaux, eux, entre guillemets, ne voient pas la même chose ou, pour le dire plus justement, n’interprètent pas de la même façon ce qu’ils sont en train de percevoir. Donc quand je parle d’arbre aux feuilles vertes, en réalité ce dont on parle, ce sont de codes communs permettant de fonctionner ensemble. A priori, ça va jusque là. C’est peut-être un petit peu étrange ce que je suis en train de dire, mais quelque part c’est à peu près logique. Pourtant, souvenons-nous que nos expériences personnelles, elles forgent notre vision du monde. À nouveau un exemple. Si je vous dis par exemple tout simplement le mot tomate, et bien dans ma propre représentation, sans même que j’en ai forcément conscience, mais ce mot-là, il est associé au goût des tomates du jardin de mon arrière-grand-mère, par exemple. Alors que pour vous, ça va être tout d’abord un jeu de cours d’école. Donc nous avons tous une vision absolument unique du monde qui nous entoure. Oui, absolument unique. Même si nous avons des codes communs, comme avec l’exemple de la tomate, chaque représentation de notre environnement est très personnelle. Il y a donc actuellement 8 milliards d’individus sur Terre. Il y a 8 milliards de visions du monde, ni plus ni moins. Et ça, on va en reparler, mais c’est quand même une grande source de tensions relationnelles. parce que bien souvent, Ce qui se passe, c’est que nous cherchons à prouver à l’autre qu’il a tort dans sa vision du monde. Mais je vais y revenir. Car avant cela, c’est important aussi de comprendre cette notion-là de la vision du monde dans notre quête de sens. Pourquoi ? Parce que notre cerveau, en plus de créer notre présentation du monde, comme on vient de le voir à travers les trois niveaux de filtre, en plus de ça, il passe son temps à maintenir notre vision du monde. Donc il la crée et il fait tout pour la maintenir. Ouais, sacré cerveau quand même. Pourquoi il fait ça ? Tout simplement parce que nous avons besoin de certitude. D’un point de vue absolument évident d’ailleurs, parce que heureusement que de manière consciente, nous ne sommes pas en permanence, à chaque fois que nous croisons un objet par exemple, en train de nous dire ça c’est quoi ? Ah oui, ça c’est une table. On deviendrait fou, bien évidemment. Donc notre cerveau, il le fait de manière inconsciente. Alors, en neurosciences, on ne parle pas de conscient et d’inconscient, mais c’est pour simplifier. Et ce que j’étais en train d’expliquer, c’est que donc notre cerveau fait en permanence ce travail de maintien de la vision du monde de manière inconsciente. Et ça, si ça nous permet bien sûr de vivre de manière efficace, je vais le dire comme ça, ça amène quand même ce qu’on appelle un biais cognitif de confirmation. J’ai déjà expliqué ce qu’était un biais cognitif, mais pour être sûr qu’on soit très clair par rapport à ça, c’est notre cerveau qui prend des raccourcis pour consommer le moins d’énergie possible. Et donc un biais cognitif, encore une fois, c’est super efficace dans notre quotidien, mais ça amène quand même des déviances, dont le biais de confirmation. Alors, un biais de confirmation, c’est le fait de ne prendre en compte que ce qui vient. Confirmez nos croyances et notre vision du monde tout en excluant le reste. Ah, ça pique un petit peu, hein. On va se dire, ah non non, mais pas à moi, moi je fais pas ça. Sauf que, malheureusement, si, en réalité. Pourquoi ? Parce que nous sommes tout simplement, tous et toutes, soumis aux biais cognitifs. Notamment, donc, aux fameux biais de confirmation. Et ça, ça donne, par exemple, je savais bien, hein, qu’on pouvait pas lui faire confiance. Ça vous parle ? On a essayé de remettre en question nos croyances, mais finalement, à la moindre occasion, eh bien, on va revenir sur notre vision du monde initial. Alors ça, c’est pareil, comme je le disais, biais cognitif, c’est un fonctionnement très humain, c’est super efficace pour fonctionner dans notre quotidien, donc ce fameux biais de confirmation, ça évite, comme je le disais, de se poser à chaque fois la question de « et ça c’est quoi ? » Mais par contre, forcément, ça amène beaucoup de difficultés dans notre quotidien. Notamment, ce qu’il faut comprendre, C’est que ce biais de confirmation, c’est un obstacle à la réévaluation de nos croyances, notamment sur nos valeurs. Et ça, très clairement, c’est encore une fois un obstacle à la recherche de sens. Pourquoi ? Eh bien parce que pour retrouver du sens, nous devons notamment pouvoir prendre de la hauteur sur ce que l’on croit être nos valeurs, notamment. Il y aura très bientôt un épisode entier dédié aux valeurs. parce que les valeurs, c’est central dans la recherche de sens. Et c’est vrai que bien comprendre cette notion-là, elle va être essentielle pour cheminer sur cette question-là. Mais déjà, ce que j’explique, c’est qu’on doit apprendre à prendre de la hauteur sur ce que l’on croit être nos valeurs. Et quand je dis ça, je pense notamment à ce que l’on nomme, en logothérapie et ailleurs, les contre-valeurs. J’expliquerai très en détail dans ce fameux épisode sur les valeurs ce qu’est une contre-valeur, mais ce que je peux d’ores et déjà vous expliquer, c’est qu’on considère que ce sont des notions qui peuvent être imposées par la société ou par des proches que l’on croit être les nôtres, alors que ce n’est pas forcément le cas. Un exemple, la réussite sociale. La réussite sociale va être très valorisée dans notre société et peut-être aussi dans certaines familles. Ce qui fait qu’elle devient notre valeur. Parce qu’on nous a beaucoup répété que c’était très important la réussite sociale. Et on va donc se lancer dans des études très importantes, mais qui nous conviennent pas forcément. Débuter dans une carrière professionnelle qui est un symbole ou un modèle de réussite sociale, alors que de la même manière, ça nous convient pas forcément. Et bien plus tard, malheureusement, on risque de s’écrouler. Pourquoi ? Parce que ce qu’on a cru… être notre valeur, à savoir la réussite sociale, en réalité, ce n’était qu’une contre-valeur. Et alors, pour sortir de cette situation de détresse existentielle qui risque de se produire à ce moment-là, il va falloir pouvoir prendre de la hauteur, comme je le disais, sur ce que l’on croyait être nos valeurs pour retrouver nos vraies valeurs. Promis, je vous fais très prochainement un épisode entier sur cette question des valeurs. Déjà, voilà ce que je voulais vous expliquer par rapport à ça. Et pourquoi cette question de la vision du monde, elle est quelque part centrale aussi dans la quête de sens. Ce qu’il faut comprendre, c’est que déjouer nos biais cognitifs, dont le fameux biais de confirmation, c’est extrêmement difficile. Pourquoi c’est très difficile ? Tout simplement parce que le cerveau, il passe son temps à chercher à économiser son énergie. C’est normal, c’est l’un de ses objectifs. Et forcément… le biais de confirmation demande moins d’énergie que de remettre en question à chaque fois ses croyances. Donc c’est compliqué quand même de déjouer nos biais cognitifs. Par contre, pour aider à cela, se souvenir que absolument tout ce que l’on croit voir ou vivre est créé dans notre tête, notamment par nos expériences, peut beaucoup nous aider justement à déjouer un petit peu ce mécanisme-là. Parce que oui, Le filtre des expériences, donc le fameux filtre personnel dont je parlais au tout début, conditionne énormément notre vie car crée des croyances sur absolument tout dans notre quotidien. Un exemple, si nous sommes persuadés depuis toujours que la vie est difficile, nous aurons forcément du mal à voir les choses qui nous la facilitent et on aura aussi peut-être du mal à oser et donc à se créer une vie qui aura du sens pour nous. Alors attention, mon propos n’est pas de nier que la vie peut être difficile, bien évidemment que non. Mais ce n’est pas aussi manichéen quelque part, ce n’est pas soit blanc, soit noir. Or, le cerveau adore justement ce côté blanc ou noir quelque part pour à nouveau se faciliter la tâche. Et notre biais de confirmation fera en sorte qu’au moment où on voudra oser et se créer une vie qui a du sens, Notre cerveau nous dira non, ça c’est pas pour toi. Parce que malheureusement, on s’est créé une vision du monde dans laquelle on a observé et validé uniquement ce qui allait dans le sens que moi j’ai jamais de chance par exemple dans la vie. Voilà, donc il est important d’apprendre à déjouer ce phénomène. Ça demande du travail, mais c’est tout à fait possible. Comment ? Notamment en questionnant autour de soi pour avoir d’autres avis que le sien. Et puis se rappeler bien évidemment que tout se crée dans notre tête et que bien souvent nos croyances sur la vie, sur nos possibilités ne sont qu’une vision du monde conditionnée par des expériences passées. Deuxième thématique importante en lien avec cette vision du monde, c’est la thématique relationnelle. Parce que, je l’ai un petit peu évoqué au tout début, cette notion de vision du monde est une grande source de conflits relationnels. Pourquoi ? Parce que nous avons tendance à passer notre temps à essayer de prouver à l’autre qu’il a tort dans sa vision du monde. Or, mauvaise nouvelle, l’autre, il change de vision du monde s’il le veut et s’il le peut. Quelque part, vouloir… Faire changer l’autre dans sa vision du monde, c’est stérile. C’est forcément source de tension parce que l’autre se sent jugé, ni plus ni moins, dans sa vision du monde. Et en plus de ça, ce que l’on sait désormais, c’est que plus on va essayer comme ça de prouver à l’autre qu’il a tort, plus on va le renforcer dans sa vision du monde. Ça nous demande donc du travail pour arrêter justement ce mécanisme relationnel. Il y a une question. qu’on peut se poser, qui peut aider justement à ça. C’est se demander, si j’étais à la place de cette personne, est-ce que je serais capable de faire mieux ? Parfois, on me dit en formation, bien sûr que oui, je serais capable de faire mieux. Sauf que dans ce cas-là, on ne répond absolument pas à la question, on n’est pas à la place de cette personne. Parce qu’être à la place de cette personne, ça serait avoir traversé absolument toute sa vie. Tous ces grands drames, tous ces chagrins, tous ces immenses joies, ces succès, ça serait ça, être à la place de cette personne. Donc, on ne peut absolument pas, justement, répondre oui à cette question-là. Ce que j’ai l’habitude aussi de dire, c’est que si vraiment on avait conscience de tout ce que traversent les êtres humains, je parlais de grands drames, de petits chagrins et de grandes joies, il y a de fortes chances qu’on serait beaucoup plus. Beaucoup, beaucoup plus doux les uns avec les autres. Car chaque être humain traverse des choses difficiles à imaginer en réalité. Se poser cette question permet alors d’accueillir l’autre dans sa vision du monde. Accueillir l’autre, ce n’est pas forcément laisser faire. Quand il y a bien évidemment des comportements qui nous sont insupportables, l’objectif, ça ne va absolument pas être de laisser faire et d’accepter les comportements. Par contre, ce qui est sûr, c’est que de prendre ce recul émotionnel nous permettra d’être beaucoup plus efficaces avec les outils de la communication. Ce qui est sûr également, c’est d’accueillir l’autre dans sa vision du monde permet souvent immédiatement de faire baisser la tension relationnelle. Comment on peut faire baisser cette tension relationnelle ? Il y a une phrase clé d’accueil de la vision du monde qui est « c’est vrai qu’on pourrait le penser » . Un exemple, vous êtes en réunion, au travail, et on vous dit que votre projet n’a aucun intérêt. Allez, je prends un exemple un peu basique et à la fois, je suis sûre, qui parle à beaucoup d’entre nous. Donc, on vous dit en réunion que votre projet n’a aucun intérêt. Ce que dit l’autre en réalité, avec cette phrase-là, eh bien c’est sa vision du monde, uniquement. Sauf que sa vision du monde, elle ne parle absolument pas de la réalité de votre… projet ? Bien sûr que non puisque tout est créé dans la tête de la personne qui vous dit cette phrase là. D’accord ? Donc, en effet, elle vous dit que votre projet n’a aucun intérêt. Ok, c’est sa vision du monde. L’idée, c’est immédiatement d’essayer de faire baisser la tension relationnelle. Comment ? Avec un « c’est vrai qu’on pourrait le penser » . Cette phrase-là, elle utilise volontairement le conditionnel. Je ne dis pas que l’autre a raison. Je ne mets juste que dans sa vision du monde, bah oui, c’est vrai qu’on pourrait penser, en effet, que… ce projet-là n’a aucun intérêt. Et une fois que vous avez accueilli comme ça la vision du monde de l’autre, enchaînez avec vos arguments à vous. Testez-le et venez me dire ensuite ce que vous en pensez. Garantie extrêmement efficace cette technique-là. Allez, je vais aller même un petit peu plus loin dans cette question de la vision du monde. Admettons que quelqu’un vous traite de casse-pieds. Ouais, déjà, ça risque de piquer un petit peu plus. Eh bien… Encore une fois, se rappeler qu’il ne s’agit que d’une vision du monde. Ça ne parle absolument pas de vous. Le flux d’informations qui circulent du cortex vers les yeux est six fois plus dense que dans l’autre sens. Donc c’est une construction de la personne. Alors, encore une fois, quand j’explique ça, ça n’excuse certainement pas le comportement. Mais je le disais, Plus on va le travailler, cette notion-là, plus ça nous permet de prendre de la distance émotionnelle. Et donc, pas à pas, d’être de moins en moins touché, finalement, par ce que nous renvoient les autres. Et je dis bien pas à pas, d’accord ? Parce que, très clairement, cette notion de vision du monde, c’est l’histoire de toute une vie. J’en suis persuadée. C’est-à-dire que, toute notre vie, il y a des personnes qui viendront à nouveau nous chambouler, nous bousculer. dans notre vision du monde. Donc c’est un long chemin, c’est sûr. Par contre, ce dont je suis persuadée, c’est que c’est un chemin qui est extrêmement apaisant. Et ça, on vient souvent me le dire, longtemps après avoir rencontré des professionnels en formation, ils reviennent vers moi pour me dire que cette notion-là leur a apporté un vrai apaisement dans leur relation, notamment, par exemple, avec des clients. qui ont parfois justement des comportements comme ça, peut-être un peu jugeants ou agressifs, et cette prise de recul émotionnel de se rappeler que ce comportement-là ne dit rien d’eux, leur amène un vrai apaisement quelque part dans leur quotidien. Mais j’insiste, encore une fois, ça c’est le temps 1, d’accord ? Le temps 2, c’est les outils de communication, avec lesquels on peut éventuellement même recadrer, bien sûr. Une personne qui aurait des propos qui ne sont absolument pas acceptables. Mais je le redis parce que c’est important, plus on va être apaisé émotionnellement, plus on va être efficace avec les outils. C’est vrai que ce thème-là, je vous l’ai dit en introduction, il me touche énormément. Pourquoi ? Parce que quand on parle de vision du monde, on parle aussi quelque part de non-jugement. Et voilà pourquoi, à mon sens, ce thème, il est si… fondamentale et pourquoi il anime autant l’humanité depuis, bah oui, la nuit des temps. Parce que, quelque part, on se plaint souvent que le monde est difficile. Mais, quelle pièce du puzzle sommes-nous dans ce monde-là ? Est-ce qu’on est de ceux qui jugeons les autres ou au contraire de ceux qui essaient d’avoir ce recul sur la vision du monde ? Alors, encore une fois, l’idée n’est pas de se juger Quand on se rend compte que nous avons cette propension-là à juger les autres. Ben non, si on veut progresser sur le non-jugement, il faut d’abord qu’on se l’applique à soi-même, le non-jugement. On est humain, c’est comme ça. Notre cerveau, il a cette vision du monde et il a tendance en permanence à estimer que celle des autres vaut mieux que la nôtre. Oui, c’est un comportement profondément humain. Par contre, rien ne nous empêche de progresser. Justement là-dessus, de prendre… du recul pour, pourquoi pas, essayer collectivement de faire bouger ces thématiques-là. Et avant de vous proposer un exercice sur cette thématique-là, j’ai envie de vous raconter une petite histoire. C’est l’histoire d’un maître qui se promène avec trois de ses disciples dans les jardins d’Anachra. Et voyant une limace qui est en train de dévorer une salade, il y a le premier disciple qui l’écrase du pied. Le second dit alors, maître, n’est-ce pas un péché ? que d’écraser cette créature ? Le maître lui répond, oui, tu as raison mon fils. Alors, le premier intervient, et il dit, Mais elle était en train de dévorer toute notre nourriture. N’ai-je pas bien fait ? Le maître lui répond, oui, tu as raison mon fils. Le troisième intervient alors et dit, mais maître, ils disent tous les deux des choses contradictoires. Ils ne peuvent donc pas avoir raison tous les deux. Ce à quoi le maître lui répond, oui, tu as raison mon fils. Voilà donc la clé de cette notion de vision du monde. Comprendre et accepter que finalement, Nous avons tous raison dans notre vision du monde. Ou en tout cas, nous croyons avoir tous raison dans notre vision du monde. Nous arrivons maintenant au terme de cet épisode sur la vision du monde. Et j’ai envie de vous proposer un exercice pour travailler cette question-là. A savoir, lorsque vous vous surprendrez à dire ce que l’on croit être une vérité, par exemple, telle personne est ceci, la vie est comme cela. Bien, posez-vous ! La question de logothérapie suivante, à savoir, quelle preuve change ma vision sur cette pensée ou sur cette croyance ? Elle n’est pas évidente comme ça à saisir, cette question-là, mais pour vous aider, essayez de vous mettre à la place d’une autre personne. Et en étant à la place de cette personne, demandez-vous ce qu’elle dirait à la place de, par exemple, la vie est difficile. Peut-être que… Cette autre personne, elle pourrait trouver des preuves que la vie aussi peut être belle, ne serait-ce qu’un seul instant. Et avec ce petit exercice-là, eh bien, on peut prendre un tout petit peu de hauteur sur nos croyances, ce qui nous permettra de pouvoir les réévaluer comme on l’a vu et donc se remettre sur le chemin de la recherche de sens. Allez, maintenant, je vous laisse poursuivre votre chemin. À bientôt ! Merci beaucoup d’avoir écouté cet épisode de Où est le sens ? J’espère vraiment qu’il vous aura apporté un éclairage sur votre chemin. Pour continuer à avancer ensemble, pensez à me suivre sur votre plateforme d’écoute préférée. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode.